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Poésie
Joie rouge
de Gilbert Bourson

la joie c’est tout le pavé du corps lancé dans la vitrine de la vie qui retombe en laissant la cassure affirmée d’une étoile en forme d’étreinte qui dit je vois rouge et revient se poser sur le licol du souffle frappé de paroles au galop de ton ombre.

« Joie rouge » est le livre des oppositions entre joie et bonheur. Il est le plus « philosophique » de mes autres ouvrages.

Dossier de presse

J’ai voulu marquer le passage de ces instants fugaces où l’existence arrive à son exultation, à des instants pléniers de la vie, renvoyant cette idée du bonheur dans les fonds opiacés des sacristies. Des colères parfois devant des incuries menant aux barbaries, des attendrissements aussi qui sont armés parce que l’on voit rouge quand on voit le sang, le soleil et la mort. Ce livre est composé de soixante sonnets dialoguant entre eux. La joie est un sentiment lié à un moment et à une situation donnée, il ne peut durer mais il peut se répéter selon le change de son objet. Les moines Bouddhistes ignorent le bonheur mais exaltent la joie. L’écriture est une opération matérielle en ce sens qu’elle consiste à bâtir avec des sons, des formes, du cerveau, des constructions où circule le sens dans toutes les directions y compris jusqu’au crash. J’aime les compressions que Valérie Constantin a faites de ces blocs de mots, en en accusant du coup la matérialité. On peut, lire les compressions, comme les poèmes, « en cours de lecture ».

Préface :

« CRUELLES FOUGÈRES »
Divagation sur un livre de Gilbert Bourson et Valérie Constantin

Ce livre est le lieu d’un trafic sans intermédiaire et aux multiples flux. Nous entrons dans l’espace alvéolaire de la réalité, espace que décrit merveilleusement Valérie Constantin dans sa réponse à Gilbert Bourson, à partir du poème lui-même, qu’elle détourne à son compte. La lettre devenue matière du dessin, l’artiste explore les densités à l’intérieur d’un espace doublement articulé par le poème, rend des bribes, des commencements du texte qu’elle enveloppe, décrit la partition d’un orchestre inouï. C’est un dialogue venimeux qu’avec Gilbert Bourson elle livre. Il prolonge et développe une démarche dont le lecteur du Chasseur abstrait a pu apprécier d’autres brûlants points d’impact – des collaborations avec Robert Vitton et Marta Cywinska au Paillasson de vie, œuvre multimédia réalisée avec Jean-Claude Cintas et Patrick Cintas ( texte et musique ). C’est dans l’acception pleine du mot qu’il faut voir ce livre comme un livre d’artiste.

Le geste initial qui donne son univers formel à la série entière part d’un principe qui pourrait bien avoir des conséquences désastreuses : la poésie, en effet, n’a guère besoin d’illustration. L’arbre, la plaine du poème ne sont pas les éléments de la nature dont l’image se forme en nous quand nous les prononçons. Le dessin qu’on voudrait en déduire serait bien carcéral. Toute la modernité s’est attelée ( depuis Wagner, peut-être ) à tenter une synesthésie non sur la base de la ressemblance – Ut pictura poesis – mais sur le principe que l’on retrouve dans le jeu des couleurs : la complémentarité. Et s’il faut donner de cette approche une image musicale, c’est bien évidemment le contrepoint qui nous paraît la métaphore la plus évidente. Voici un livre contrapunctique. On le lira dans la vitesse de ses enchaînements paginaux. Il se prolongera dans sa lenteur alvéolaire. La poésie et l’art sont des royaumes d’abeilles.

Ainsi l’artiste s’est-elle posée non sur un seul pétale mais sur toute une poésie aussi attirante que rétive à l’image visuelle. « Joie rouge » de Gilbert Bourson nous entraîne certes au seuil du visible. Le rouge y est si constant. Pas seulement lui, d’ailleurs. Mais cette couleur, qui est assurément l’un des fils métaphoriques les plus noueux de ce recueil, n’est pas le rouge incendiaire de la dernière toile de Nicolas de Staël, ce n’est pas – même si l’on me contestera peut-être sur ce point – le rouge du sang qui coule et peut-être pas non plus le rouge de l’aube qui répond au crépuscule, heure propice s’il en est. Ce rouge est arc-en-ciel, il comporte en lui toutes les nuances et les constrastes que le monde ne connaît pas encore ( la « couleur bovary », par exemple ). « Quand c’est vert, c’est pas rouge », explique une voix dans un poème urbain, « ville de la banlieue ». Le poème traverse hors des clous, de toutes façons ; il jette ses propres feux. Le rouge qui conduit l’ouvrage est un rouge multiple ; il a d’abord la couleur de la voix.

« Car la beauté est un tourment qui donne vie » ( 20 / 05 / 07 – La saison des saisons) : cette joie rouge, sinon « écarlate », dit la puissance déchirante de la vie dans sa beauté et sa violence. Nous sommes au seuil d’apocalypses intimes, comme en témoigne l’ouverture du livre. Nous traversons une existence de perdrix, où le soleil, ce vieillard, « déboule » et nous « écorche », où « la lumière s’englue », où le vent bégaie les « phrases d’un discours sur l’envolée », où « la joie urine pour marquer / son territoire ». Le poème emprunte « le visage d’Achab », celui de Jonas : il esquisse un récit d’expérience, « le roman feuilleton de sa vie » ( le vieillard aux pieds en dehors ou chacun son triangle des bermudes), l’histoire intime d’un regard qui n’ignore pas que « les murs sont aussi des forêts, des vallées / Où circule le monde, où la pensée respire » ( 19 / 11 / 07 – De l’utilisation des fleurs). Il fait du monde le tremplin vers un tu qui se révèle dans sa perte, même. Il est certainement quelque chose comme ce

Soc-diapason qui fait germer les petits temps
De joie sur le vert-vif où court la perte sous
Les doigts de ta voix, prophétie et douceur
Dans la crinière hirsute du temps sans douceur ;
(Les bartavelles)

mais ce tu, de perte en perte et en proie lui aussi aux « simagrées du réel », aux « fenêtres bidon »), est bien seul ce qui peut « rabat( tre) son caquet au ciel ». Eh bien, monsieur Gilbert Bourson, il n’y a pas que vos merveilleuses passagères qui ont les « jambes orageuses » ! Nous ne sommes pas ici dans le laboratoire aux murs immaculés et aux fioles nombreuses d’une poésie qui se serait rendue programmatique. Elle dit le jour. L’espace d’une vie. Un tremblement de monde où le temps magicien s’étire et se contracte imprévisiblement,

Où grince le fauteuil de la mer assoiffée,
Cependant que se plient les genoux du langage
Sur l’herbe du corps dont la seule utopie
Est le pré et cet in extremis de l’ondée.
( 24 - 25 / 11 / 07 – La pluie )

À ce point, me vient une idée saugrenue. Il m’apparaît en effet évident que Gilbert Bourson réalise, à travers cette ponctuation du jour par le poème, une assimilation esquissée par un poète éloigné de telles vues et en cessation de poésie, Denis Roche. Gilbert Bourson n’a pas troqué, et nous l’en remercions, sa plume pour un appareil photographique. Avec lui, le rapport entre les deux disciplines s’inverse. La poésie – si elle connaît l’intenable, l’insoutenable, l’in… – est tout sauf « inadmissible ». Elle est vitale. Gilbert Bourson nous apparaît plutôt comme un de ces photographes tels qu’ils existaient au XIXe siècle. Non pas un technicien du voir sur argentique mais le porteur d’une transmission exceptionnelle, sans équivalent. Des tribus indiennes de l’Amérique du Nord au patrimoine de la photographie ouvrière dans la première moitié du XXe siècle, des témoins nous ont offert un trésor pictural unique dans l’histoire de la représentation, à mi-chemin des « beaux-arts » et de la prolifération contemporaine de l’image. Tel, le poème est peut-être ce point où « l’on a disparu regardant le tableau » que l’on est devenu. Gilbert Bourson est le garant de nos instants d’éternité. Le livre reposé, son ouvrage commence.

Dans l’inflexion vocale, se joue une expérience du présent. Ce qui le rend déchirant, c’est son inadéquation continuelle. Mais cette dimension accidentelle est sa soif aussi bien. On passe son temps à ouvrir les yeux,à déchiffrer et à tenter de lire, de traverser, les multiples rouges du jour. Notre White Whale ?

Pascal Leray
in Joie rouge de Gilbert Bourson - Le chasseur abstrait éditeur.

Gilbert Bourson
Catalogue : Page de l'auteur

Gilbert Bourson a longtemps dirigé une compagnie théâtrale. Il a publié de nombreux textes sur la dramaturgie dans Travail-théâtral, Théâtre-public, ainsi que dans le Journal du Groupe Signes, revue qu’il a lui-même créée. Parallèlement il a participé à plusieurs émissions sur France culture : atelier de création radiophonique avec Jean Ricardou, Poésie sur parole, etc...

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