Numéro RAL,M
Revue d’art et de littérature, musique
Numéros 64-65 - juillet-août 2010
Revue mensuelle en ligne - prochain numéro: 15 septembre 2010

 

Newsletter

Pour recevoir notre lettre d'information à l'occasion du sommaire mensuel (le 15 du mois).

Recommander

Recommander la RAL,M à vos amis.

Contact

Pour nous écrire.

RSS

Flux RSS.

    Les auteurs

Toutes les rubriques de la RAL,M et tous les auteurs classés par genres.

Articles les + lus

Classement des 100 articles les plus lus sur le site.

Articles les + récents

Mise en ligne des articles reçus et du choix publié dans nos revues (T & P - RALMag - Cahiers de la RAL,M).

Blog de news

Mise en ligne de toutes vos informations concernant vos parutions, évènements, etc. C'est gratuit.

    Retour au sommaire    

:Feuilletez la RAL,M à partir de son plan:
------------ En projet
-------------------- Cahier Nº 17 - Mallarmé

« Sait-on ce que c’est qu’écrire ? »

Hormis le fait que l’on attend généralement d’un conférencier qu’il nous fournisse des réponses bien plus qu’il ne nous adresse de questions, Mallarmé pose d’emblée le rapport à l’écriture en termes d’ébranlement des positions consacrées par l’habitude. De nouveau, le poète ouvre la voie au doute. Pour lui, le questionnement (qui a ici les allures d’une posture rhétorique) précède le sens. Moi, poète, je viens vers vous, non point pour vous dévoiler les mystères insondables de l’écriture mais pour poser mon incertitude comme substrat essentiel à ma quête de la vérité poétique. Alors, cette phrase « Sait-on ce que c’est qu’écrire ? » serait somme toute banale si elle ne puisait sa force (son forçage tout aussi bien) de la structure générale de l’œuvre. Autrement dit, c’est à partir d’une telle question que l’on peut objectivement amener le constat à venir d’autant plus sûrement qu’elle (cette interrogation) aide à maintenir le rapport à l’interpellation de l’auditeur. En effet, c’est le propre d’une interrogation de tracer la ligne de l’audible aussi longtemps qu’elle permet de suspendre le jugement. Mieux, elle exige du poète qu’il décide de ne pas décider l’indécidable, si l’on peut dire la chose ainsi. Son jugement à lui (qui n’en est donc pas un) est d’une certaine façon antéposé à l’interrogation elle-même. Il y a déjà réfléchi et d’aucune manière ce constat de l’indécidabilité quant à la définition de l’écriture, ne saurait être le fruit - ou pour être plus clair- consécutif à la disparition de l’ami. L’écriture était déjà là « ancienne et vague » et elle le demeurera sans nul doute après cette oraison et après tous les hommes présents et futurs, l’orateur inclus. Ce que la phrase « Sait-on ce que c’est qu’écrire ? » sous-entend - adressée aux autres et à soi - c’est cette expression du doute « Sait-on [vraiment]ce que c’est qu’écrire ? » introduit par l’adverbe demeuré en l’état de latence et que nous nous permettons de restituer au corps de l’interrogation. D’où l’on peut tirer la remarque suivante : celui qui vient nous éclairer sur l’écriture dont il n’a de cesse d’en faire le lieu (de sa naissance et de sa mort) n’en sait pas plus - ou peut-être moins tant de ce non savoir, il tire sa raison d’écrire - que ceux qui sont venus réclamer de lui du sens.

« (...)une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du cœur. »

Nacer Khelouz - Stéphane Mallarmé : fragments

Cahier Nº 17 - Mallarmé


 Cahier "Mallarmé"

2004/2010 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

sarl unipersonnelle au capital de 2000 euros - 494926371 RCS FOIX

Direction: Patrick CINTAS

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS. - Textes, images, musiques: © Les auteurs ou © Le chasseur abstrait (eurl). - Logiciel: © SPIP.

Téléphone: 06 88 13 62 43

[Email]

Dépôt légal: ISSN 1697-7017