Je dis je
dis j‘en ai ma claque
De pagayer
sur un étang
De me noyer
dans une flaque
De croire
prendre du bon temps
Je dis je dis La nuit conseille
Je dis je
dis n’importe quoi
Je vide le
port de Marseille
Mes poches
mon sac mon carquois
Je dis je dis La vie est belle
Surtout quand je suis amoureux
En poussant
ma plume rebelle
Le
dirais-je le ventre creux
J’en dis
des mûres et des vertes
J’en dis de
toutes les couleurs
J’enfonce
des portes ouvertes
J’entends
le langage des fleurs
Je dis je
dis Combien ça coûte
Mon oeil je
dis Comment ça va
Je dis
Dis-moi Je dis Ecoute
Et je brode
le canevas
Je dis je
dis Quelle importance
On vit on
passe et puis après
Je vis je
gagne ma pitance
Aurai-je
l’ombre d’un cyprès
Je dis je
dis Quelle aventure
Sur les
routes sur les chemins
Mais où
vont toutes ces voitures
D’où
sortent des pieds et des mains
A la longue
le corps s’affaisse
Je le dis à
qui veut l’ouïr
Voilez-vous
la face et la fesse
Dames qui
voulez m’éblouir
Je dis je
dis à ma nourrice
Un sein triste
et un triste sein
Je ne
radote pas je trisse
Vois je me
donne un mal de saint
Les tétins
deviennent tétasses
Les beaux
culs affreux pétassons
Les sirènes
grosses pétasses
Et les
princes charmants Passons
Je dis Où
sont tous mes dimanches
Mes semaines
des trois jeudis
Quand ma
guitare branle au manche
Je ne sais
plus ce que je dis
Je dis
Morgué Je dis Macache
Bono Je dis
Merde Et ta sœur
Si je
t’attrappe je t’écache
Entre mes
bras avec douceur
Je dis Je
le jure Je crache
Je dis
Parole de voyou
Si je
t’attrappe je l’arrache
Le dernier
poil de ton caillou
Je dis je
dis et je répète
Sur tous
les tons sur tous les toits
Dans une
meute de trompettes
De cors
d’accordéons pantois
Peuple
asservi peuple de somme
Sous les
hymnes sous les drapeaux
Sous les prières
tous te somment
De te faire
trouer la peau
Je dis les
deux poings sur la table
Que la Mer
entre si je mens
Mes masques
ne sont plus mettables
Comment
jouer le fou l’amant
Je dis je
dis Tout est possible
L’impossible
n’est pas d’ici
Quand le
Bonheur me prend pour cible
Je me dis
Ça sent le roussi
Je dis
Interdit d’interdire
Je dis
Qu’en dis-tu Quoi de neuf
La Vérité
est bonne à dire
Soixante-huit
Quatre vingt-neuf
Je dis
Capri je dis Cythère
Je rame
comme un galérien
A quoi
sers-je sur cette terre
Je dis je
dis Je n’en sais rien
Je dis je
dis je dis C’est l’heure
Et C’est le
moment ou jamais
Je meurs
seules les vitres pleurent
Où sont les
anges que j’aimais
Je dis je
dis mais que dirai-je
Que dire
sur mon lit de mort
Quand
l’entourage dit Abrège
Plus de
regrets plus de remords
Quelle
heure est-il Onze heures sonnent
Qu’on me
l’apporte ce bouillon
Je suis
imbu de ma personne
Je ne veux
point de prêtraillon
Je dis je
dis Avec les femmes
On en
apprend toutes les nuits
Avec mes
muses mes neuf âmes
Goûterai-je
au songe à l’ennui
Je
dis je dis Quelle misère
C’est une honte de voir ça
Les uns dévident des
rosaires
Les autres vont à Canossa
En rond les
beaux parleurs s’asseyent
Je cause
ils restent clos et cois
Ils pensaient la faire à
l’oseille
A un blagueur à un narquois
Je dis Je
n’ai plus rien à faire
Les maçons
sont dans ma chanson
Je dis Je
range mes affaires
La Mer
entre dans ma maison