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 Article publié le 8 mars 2015.

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Amazone, mercenaire, walkyrie, prêtresse ... des noms, dénominations qui conviennent parfaitement à ce type de femme qui souhaite maintenant s’arroger l’espace, occuper le plan, et d’abord en pleine forêt, à la tête d’une harde de soldats, une masse informe et robuste toujours en mouvement, des corps assignés à des tâches de bardage, de reboisement et d’élagage. Tels des automates depuis longtemps réglés, leurs gestes sont précis, ils répondent avec satisfaction aux nécessités du labeur en cours, un labeur rendu crucial par l’urgence. Pendant ce temps, la jeune femme qui surveille est là, debout, au milieu de cette effervescence besogneuse, une effervescence dont les mouvements sont à la fois guidés par les compétences propres de chacun et les ordres, directives ou injonctions de la responsable. Elle reste dans la même position, les bras croisés, les jambes à peine écartées, le regard alternant entre le relief, les gestes des travailleurs et l’évolution des opérations. Tout de beige vêtue, sur le mode équestre, cette femme aux longs cheveux châtains et blonds, aux cheveux soyeux, cette femme aux yeux brillants et verts, aux traits du visage sobres officie avec rigueur et détermination, sa voix se posant par intermittence dans l’espace, délivrant quelques mots précis destinés à conduire la coordination du chantier. Sa voix est claire, chaude, déployée dans une parfaite diction, sa voix résonne quelque peu parfois dans cette clairière soignée par une main d’oeuvre organisée, une main d’oeuvre qui progresse. Vestale ... comme cette femme qui est aussi, au bout du compte, celle précédemment évoquée, une femme de haute stature également, une femme aux longs cheveux bruns qui traverse un pont, un pont très long suspendu entre deux rives, deux zones urbaines qui appartiennent à la même mégalopole. Ses bottes noires, à chaque foulée, claquent sur le bitume réservé aux piétons, à ceux qui s’embarquent pour une longue marche, à ceux qui souhaitent effectuer la jonction à pied, jouissant d’un point de vue idéal sur la baie qui se trouve en dessous, sur la baie dans laquelle sont enfoncés, à intervalles réguliers, de larges piliers en pierre. Ses longues jambes interminables sont à l’entrée du pont, elles avancent rapidement, d’un pas ample et cadencé sur le sol légèrement convexe de cet édifice qui semble interminable lui aussi, un édifice constitué de nombreuses poutres en acier, au sommet d’abord descendant avant, progressivement et suivant la longueur totale du pont, de devenir ascendant, des supports reliés par des câbles continus qui lui contèrent, de loin, l’apparence d’un arc. Ses jambes recouvertes d’un pantalon noir qui épouse des formes évidentes, ses jambes font rapidement progresser sa silhouette droite, une silhouette dont les épaules et les hanches sont vêtues d’un pull-over blanc torsadé, une silhouette qui paraît avancer avec une parfaite rectitude, comme si elle suivait une ligne imaginaire marquée au sol. Sa nuque et son cou sont ornés d’un foulard rouge bordeaux, un foulard qui ne cache en rien la quintessence ou magnificence d’une chevelure droite, une chevelure brune et abondante. Ses yeux, eux, sont bleus comme l’azur du ciel, des yeux qui regardent droit devant eux. Ses bras suivent le mouvement de ses jambes, se coordonnent naturellement à la précision de leur foulée ainsi qu’à l’indicible déhanchement du bassin. Une femme magnifique, superbe, donc, une vestale qui avance rapidement sur ce pont sans fin, tandis que l’architecture ne cesse de perdre de sa hauteur, une vestale qui sera bientôt à mi-chemin, là où le niveau de la structure est le plus bas, une vestale qui entamera la seconde moitié caractérisée par l’ascension des câbles. Une vestale qui parade, sans le savoir...

 

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