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 Article publié le 10 mai 2015.

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Nul ne peut prévoir le renouvellement des formes narratives. Et avec elle, la transformation du fond et de la forme, les deux se rejoignant pour un dépassement de la littérature, autrement dit la continuité de son histoire, de sa trajectoire dans l’espace-temps.

La caractéristique des formes narratives, c’est qu’elles tiennent toutes seules. Leur architecture est unique, reflet, pur reflet du style ou de la plume de l’auteur. Ces mêmes architectures, comme créées à partir de rien, intègrent immédiatement l’espace-temps. Elles glissent à l’intérieur de cette matière, se figent ou demeurent mobiles, autant de socles qui serviront à l’érection d’autres formes, d’autres œuvres. Il s’agit donc, ni plus ni moins, du mouvement permanent de la littérature, un mouvement qui va au-delà de l’auteur.

Le surgissement cyclique des grands auteurs ou prototypes, justement, c’est lui qui amène du sang neuf ou une nouvelle bouffée d’oxygène. L’écrivain novateur est une conscience nouvelle qui apporte sa pierre à un édifice déjà important. Et cette conscience se heurte à celles de son temps, les fameuses habitudes, dont il est bien difficile, comme le disait pertinemment Marcel Proust, de se départir. Mais le plus important, c’est-à-dire, l’oeuvre, est en cours.

Se pliant à des lois qui le dépassent, l’écrivain novateur respecte une discipline qui rapidement engendre un volume littéraire, une matière fictionnelle sans cesse grandissante. Jusqu’à ce que l’étranger ou plutôt l’illusion de l’étranger prenne la place de sa propre personne. Etranger à lui-même, étranger aux autres, étranger au monde, il se familiarise, dans un subtil paradoxe, au personnage qu’il devient. D’où la formule rimbaldienne : « « Je » est un autre » .

Détenteur d’un matériau unique, l’auteur renvoie le lecteur à sa propre liberté : celle de s’approprier la narration en question et de l’interpréter comme bon lui semble.

Le narrateur, la première personne du singulier, transforme alors le lecteur, le critique … tout le monde. Personne, ainsi, ne pourra revenir en arrière. Le premier à connaître cette métamorphose, l’auteur la diffusera, malgré lui, par le biais d’une contamination qui montre toute la puissance, tout le mystère, toute la séduction, toute l’éternité de la littérature.

 

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