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Métaphysique - histoires peu drôles
A la mémoire de Charlie Schlingo
Métaphysique des mœurs

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 Article publié le 15 novembre 2015.

oOo

Une femme regardait le lavabo de sa salle de bain. Elle était proche de pleurer.

- Il devrait être mauve, ce lavabo ? Pourquoi l’ont-ils installé vert ?

Elle se remémorait la salle d’eau du pavillon auburn de la rue de Montreuil où des oeuvres néo-rétiniennes d’une valeur inestimable étaient exposées.

Dans la salle d’eau, le lavabo était d’un vert ironique. Un amateur d’art en avait conçu une rage volcanique qui l’avait amené à scier les canalisations du pavillon auburn.

Plusieurs personnes avaient pris l’eau. Et aujourd’hui cette femme éprise d’art se rendait compte du chaos de sa vie.

Elle sortit brusquement, sans savoir où aller. Or, dans la rue désertique, un chien s’approchait d’elle.

Lui aussi semblait perdu, comme revenu d’une expérience esthétique insurmontable.

- Qu’il est mignon, ce toutou ! Je crois que je vais l’adopter et reconstruire ma vie avec comme compagnie ce merveilleux chien aux yeux si expressifs, aux attitudes si émouvantes. Viens, mon bichon ! Viens ici !

Le diabolique clébard s’approcha sournoisement. Mais au moment même où il s’apprêtait à déféquer sur l’escarpin droit de sa bienfaitrice, des éclats de plomb lui criblèrent le dos.

- Foutre ! Foutre ! Foutre !

Le commissaire aux assurances était ruiné. Les dédommagements dûs aux victimes de cet animal maléfiques impliquaient déjà le remboursement de millions de paires de chaussures.

Il fallait arrêter ça. L’homme tirait autant que le fusil le permettait. Mais rien n’y fit.

Le toutou, imperturbable, commit un bel étron sur le pied (malencontreusement criblé de plomb) de l’amatrice d’art qui n’en pouvait mais.

Puis, le chien repartit en empruntant une ruelle étroite.

/.../

Or je dis : l’homme, et en général tout être raisonnable, existe comme fin en soi, et non pas simplement comme moyen dont telle ou telle volonté puisse user à son gré ; dans toutes ses actions, aussi bien dans celles qui le concernent lui-même que dans celles qui concernent dautres êtres raisonnables, il doit toujours être considéré en même temps comme fin. Tous les objets des inclinations nont qu’une valeur conditionnelle ; car, si les inclinations et les besoins qui en dérivent n’existaient pas, leur objet serait sans valeur. Mais les inclinations mêmes, comme sources du besoin, ont si peu une valeur absolue qui leur donne le droit d’êtres désirées pour elles-mêmes, que, bien plutôt, en être pleinement affranchi doit être le souhait universel de tout être raisonnable. Ainsi la valeur de tous les objet à acquérir par notre action est toujours conditionnelle. Les êtres dont l’existence dépend, à vrai dire, non pas de notre volonté, mais de la nature, n’ont cependant, quand ce sont des êtres dépourvus de raison, qu’une valeur relative, celle de moyens, et voilà pourquoi on les nomme des choses ; au contraire, les êtres raisonnables sont appelés des personnes, parce que leur nature les désigne déjà comme des fins en soi, c’est-à-dire comme quelque chose qui ne peut pas être employé simplement comme moyen, quelque chose qui par suite limite d’autant toute faculté dagir comme bon nous semble (et qui est un objet de respect). Ce ne sont donc pas là des fins simplement subjectives, dont l’existence, comme effet de notre action, à une valeur pour nous : ce sont des fins objectives, cest-à-dire des choses dont l’existence est une fin soi-même, et même une fin telle qu’elle ne peut être remplacée par aucune autre, au service de laquelle les fins objectives devraient se mettre, simplement comme moyens. Sans cela, en effet, on ne pourrait trouver jamais rien qui eût une valeur absolue. Mais si toute valeur était conditionnelle, et par suite contingente, il serait complètement impossible de trouver pour la raison un principe pratique suprême.

Si donc il doit y avoir un principe pratique suprême, et au regard de la volonté humaine un impératif catégorique, il faut qu’il soit tel que, par la représentation de ce qui, étant une fin en soi, est nécessairement une fin pour tout homme, il constitue un principe objectif de la volonté, que par conséquent il puisse servir de loi pratique universelle. Voici le fondement de ce principe : la nature raisonnable existe comme fin en soi.

Emmaunel Kant. Fondements de la métaphysique des moeurs.. Traduction – Victor Delbos.

/.../

Le commerçant s’inquiétait pour sa grand-mère.

- Fichtre ! A 99 ans, elle ne connaît pas la recette du canard aux cornichons ! Et moi, je vends du canard et des cornichons à la pelle. Ma mère m’aurait-elle adopté ?

Non loin de là, un train arrivait en gare. Des dizaines de passagers descendaient, amers à cause de leur journée de travail et aigris à cause de leur situation domestique.

- Diable ! Nous avons tous du canard et des cornichons dans le frigo et nous n’avons pas de recette pour combiner ces ingrédients !

Une jeune femme entra dans la boutique et s’exclama :

- Votre grand-mère n’est autre que mon grand-père ! Comment voulez-vous qu’il vous livre une recette pareille ? C’est un boucher, pas un traiteur !

Et le commerçant sceptique de rétorquer :


- Certes ! Mais le réfrigérateur... C’est votre ami ou votre amant ?

 

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