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Séries spectrales et autres accidents
Le sériel et le spectral

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 Article publié le 27 mars 2016.

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Les relations entre sérialisme et spectralisme sont d’une infinie complexité.

Aucune discussion n’est plus risquée à entamer que ce sujet pour le moins délicat.

Il serait simple d’opposer le spectralisme au sérialisme.

Il serait tout aussi commode (en apparence) d’assimiler le spectralisme au sérialisme, comme si c’en était une branchule.

La réalité est que les espaces sériel et spectral ne sont pas compossibles.

Je veux dire qu’il n’y a pas de compossibilité du sérialisme et du spectralisme. Cela me paraît assez clair.

C’est du même ordre que la séparation immatérielle mais infranchissable entre le texte et l’image.

On pourrait se rassurer à ce constat et dire que réellement, il y a là deux univers séparés. Un jour j’écris une série et hop, je m’arrête sur une note et à force de grossir indéfiniment le gros point noir sur la partition, il faut le répartir à nouveau, en partiels que le temps déformera ou détruira. Hop, me voilà passé au spectralisme.

Le passage d’un ordre à l’autre est assez aisé, assez subit, et pourtant il garde toute son immatérialité qui donne à penser que sérialisme et spectralisme sont les deux faces d’une seule et même réalité, comme le signifiant et le signifié en linguistique.

L’image est approximative, d’autant que les oppositions duelles en linguistique sont innombrables ! On pourrait aussi bien assimiler l’ordre spectral à l’axe paradigmatique, l’ordre sériel à la syntagmatique. Ce serait parfait, vraiment.

Mais quand on sait la complexité et la brutalité des débats qui se nouent autour de l’épineuse question que pose la notion d’axe paradigmatique-syntagmatique, on se dit qu’il convient d’être prudent. L’image du signe, qui se répartit entre un signifiant et un signifié, est plus apaisée.

Même s’il y a le référent. Le prédicat de réalité. Dont l’existence est un peu kantienne : impossible à énoncer autant que nécessaire à penser.

Ce que la musique spectrale engage dans le monde, son prédicat de réalité en somme, est sans doute plus ambitieux que ce que proposait le sérialisme, dont la nature est pourtant expansionniste et conquérante. Mais le sérialisme, on en convient, était marquée du sceau de l’adage de Schoenberg : " Pour le reste, on compose comme avant ".

Si l’organum sériel a rendu possible l’espace spectral, il ne pouvait à lui seul déployer la radicale proposition suggérée par Webern et quelques autres, en leur temps. Sans doute parce que l’ordre sériel, qu’il soit permutatif ou générativiste, qu’il confine au chaos ou à une harmonie la plus abstraite et la plus pure, induit une logique séquentielle qui n’admet pas la profondeur. Le sérialisme est une pensée, c’est-à-dire une surface. La recherche spectrale, telle que la défend si merveilleusement l’ensemble Court-circuit, vise la densité, l’épaisseur et la temporalité dans le phénomène sonore. Il y a fort à parier qu’on n’ait pas encore perçu toutes les incidences de cette approche de la chose musicale, notamment en termes d’espace.

 

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