Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Antipodes poétiques (4) - poètes brésiliens traduits par François Olègue
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 17 avril 2016.

oOo

Suzana Vargas

 

QUASI-DÉCALOGUE DE L’AMOUR

 

 

L’amour est vermeil ; il a peur de la perte

et se préoccupe des lettres qui n’ont aucune réponse,

du silence du téléphone

et des mots « mon amour » rarement prononcés.

 

Il est fait d’absences et de dépendances,

de rendez-vous reportés et d’accords

entre notre mémoire et nos corps.

 

L’amour veut être près,

s’il est loin.

S’il est près,

il ne sait où cacher ses mains

ni quoi faire de ses paroles.

 

En un mot,

l’amour perd son temps à tout répéter,

du verbe à l’attouchement.

 

Et, sachant qu’il est fait de fins,

l’amour ne commence jamais

ou bien disparaît au moment où il naît.

 

Il vicie, abondant.


 

Patricia Tenorio

 

JE RÊVE...

 

 

Je rêve

d’un monde

à venir,

d’un monde

où le Noir donnera la main

au Blanc,

où les sexes seront seulement

des sexes,

où l’homme ne sera pas

l’œil inversé

de la femme.

Je regarde en arrière

et je ne vois

que des épines ;

en faisant un pas

après l’autre,

je cueille des fleurs fanées,

ces pensées sauvages

de ce que j’ai été un jour :

une enfant enfantée,

une femme enfantant

ou bien cette vieille

aux cheveux tout blancs

qui tend la main

au Noir,

sans s’inquiéter de nos sexes

qui ne sont que des sexes

ni s’irriter de me voir amoureuse

de toi.


 

Renata Bomfim

 

VÉNUS D’ÉBÈNE

 

Regarde-moi à nouveau.

Avec moins de hauteur. Et plus d’attention...

Hilda Hilst

 

 

C’est si douloureux

de ne pas te donner d’Amour

à mon âge d’or,

à cet âge de raison insensée

où tout est singulier,

sacrilège

et saint.

 

J’ai couvé tous les vices,

j’ai inspiré des poèmes,

j’ai chanté (dans ma chambre obscure) tant de rengaines 

sur le mal, sur le bien,

sur les misères du monde.

 

La palette épuisée

(de mes rêves)

manquait d’écarlate et d’ocre ;

les couleurs et les sons du printemps lui faisaient défaut.

J’ai donc engendré des vers,

j’ai élevé des serpents et des léopards,

j’ai peint des paroles et des secrets.

 

Mes enfants ont brillé

comme les rejetons d’Apollon,

mais ce dont j’ai eu tant besoin, moi,

c’est surtout de tes yeux (ceux d’un aigle).

Je suis la Colombe de paix,

toute seule,

dessinée par Picasso.

 

Dans mon jardinet

il y a des fleurs desséchées.

Je recours au jaune et au bleu

de la nuit étoilée

et des champs de blé

de Van Gogh,

et je nourris ses corbeaux

d’un amour profond.

 

Où sont-ils, les admirateurs

de mes tableaux,

de mes jouissances,

de mes tragédies,

de mes gloires ?

Où sont-ils, les cigales

et les colibris ?

 

Car plus rien n’est à moi :

ce que j’ai maintenant,

ce sont des ruines.

 

Ta bouche d’un blanc glacial

ne laisse plus rien sortir ni entrer,

et ma langue erre en aveugle

à travers le silence...

Je recherche encore

des mots neufs...

 

Le Temps n’est qu’un simple décor.

N’est-ce pas ainsi

qu’est l’AMOUR ?

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2020 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -