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 Article publié le 25 septembre 2016.

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Après Proudhon, l’emploi de l’adjectif "sériel" s’effondre. C’est d’autant plus spectaculaire que nous sommes au moment (vers 1900) où triomphe "l’idée de série". Une idée à laquelle Henri Daudin consacre deux volumes complets, tout de même. Une notion très en vogue en sociologie, en anthropologie, en philosophie... Mais l’adjectif "sériel" connaît une véritable solution de continuité entre la fin du XIXe siècle et 1946.

Bien des zones d’ombre demeurent. On ne sait pas bien, par exemple, à quelle généalogie de la notion renvoie l’anthropologue Edward Sapir quand il pointe les limites de la "méthode sérielle". Mais dans la littérature francophone, telle que nous pouvons la percevoir aujourd’hui, l’adjectif "sériel" semble sombrer dans un sommeil profond que n’interrompent que de rares sursauts, tel cet essai de Joséphin Péladon qui s’intitule "Réfutation de l’esthétique de Taine" qui distingue trois types de formes, où le sériel paraît s’identifier à l’"idée pure"..

"La forme pure (celle des métopes du Parthénon et celle de Raphaël), typique ou synthétique, ou sérielle, correspond au raisonnement. La forme pathétique (de Michel-Ange) subordonne le type organique à l’extériorisation sentimentale. La forme subtile ou individualisée (Léonard) abandonne tout à fait le plan sériel et la forme passionnelle, pour créer un type mental, c’est-à-dire abstrait."

Il peut avoir des accents kantiens :

"L’oeuvre d’art est produite par un état d’esprit permanent et universel qui défie les modalités de race et de zone.

La petite Kaldéenne du Louvre en plissé soleil, la plus ancienne Isis, comme la Lorette de Garvani expriment un sentiment sériel."

Il préfigure étonnamment la vision malrussienne de l’art :

"Nous ne croyons plus qu’à l’autorité individuelle prouvée par les oeuvres et l’impériosité positiviste nous fait rire, quand elle se déguise en corporation intransigeante. "Pour que l’homme puisse goûter et produire la grande peinture, il faut qu’il soit cultivé." Autant dire que, pour éprouver l’amour, il faut de la lecture. Le phénomène esthétique appartient à la série des attractions."

Et, en même temps, on voit bien que ce "sériel" doit beaucoup moins à Proudhon qu’à Fourier avec cette "séries des attractions".

Or, l’auteur était un esthète décadent, comme il en était beaucoup à l’époque, et surtout quelque peu occultiste. Il faut supposer, à travers ce témoignage, un brassage probable des théories de Fourier et de la pensée rose-croix.

Si cette combinaison est avérée, nous pouvons être certains que la série y joue un rôle clé.

Nous verrions ainsi le mot "série" esquisser une histoire en pointillé dans les domaines de la métaphysique et de l’occultisme. Il n’est pas impossible, dans ce contexte, que le "sériel" quasi inexistant en ce début de XXe siècle ait poursuivi son chemin dans l’ombre des Rose-Croix ou d’autres officines secrètes.

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