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GÉNÉALOGIE
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 Article publié le 9 octobre 2016.

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Dans l’histoire de la série, la généalogie est un thème ou un infrathème constant, actif dès l’origine dans la mesure où l’étymon latin – series – désignait la lignée, déjà. Cette valeur est restée en latence tout au long du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, c’est tout d’abord la notion de « progrès » qui semble raviver le lien entre série et généalogie. Le progrès, en effet, est une mécanique mue par la succession des générations et c’est ce mouvement qui est décrit comme une « série ».

André Lalande fait même de cette valeur la démonstration du caractère linéaire de la série, au début du XXe siècle, dans son Vocabulaire technique et critique de la philosophie.

 

On n’appellerait pas proprement de ce nom une suite à double entrée, ni un arbre généalogique ramifié. Quand on parle de la série des ancètres d’un homme, on l’entend en général des ascendants en ligne paternelle, comme dans la généalogie de Jésus Christ selon saint Mathieu ou saint Luc Et de même l’expression "série animale" n’a-t-elle pas pour origine et pour sens l’idée d’une suite unique entre toutes les formes vivantes ?

 

Le modèle paternaliste de la lignée est ici particulièrement marqué et il appelle immédiatement un autre modèle, issu celui-là des sciences naturelles. On se rappelle que Lamarck, déjà, entendait décrire le tableau complet des espèces comme une « véritable série ». Mais le motif généalogique suit un cheminement qui lui est propre, à travers toutes sortes de littérature. Dans une énigmatique note d’Aurélia, Gérard de Nerval évoque à son tour le principe de filiation pour le relier à une harmonie universelle, secrète, qui dirige les destinées. Tandis qu’à l’autre bout de l’échelle, nous trouvons chez l’historien Pierre Chaunu une vision exaltée de l’histoire sérielle, portée par des données statistiques parmi lesquelles figure en bonne place la démographie.

 

Voyez, en France le rétrécissement jusqu’à l’absurde du temps des fiançailles et leur remplacement par l’approche tacite traditionnelle de ce que nous proposons d’appeler les accordailles. Voyez, surtout, l’étude sérielle des motivations, telles que les immenses séries de dispenses commencent à les dévoiler. Bien sûr, il faut décoder. Retrouver, à travers l’arrangement du prêtre qui rédige la dispense, des motivations vraies de ceux qui appartiennent à la tradition orale, oui-dire et voir-faire. Mais nous mesurons, dès maintenant, la distance de la France des XVIIe et XVIIIe siècles entre la conception théologique canonique du mariage et l’expérience affective des masses. D’abord l’empire des mots, les dits et les sous-entendus. Toujours la complémentarité fonctionnelle, plus encore qu’économique, et jamais le désir de descendance. Entre les deux paroles à la Genèse, ‘il n’est pas bon que l’homme soit seul’ de la version jahviste et le ‘Croissez et multipliez’ de la version éloïste, le premier axe, toujours, émerge ; le second, jamais. 

 

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