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Astor Pastor (nouvelle)
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 Article publié le 8 janvier 2017.

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Agacé, Unwin l’arrêta. « Ne multiplie pas les mystères, dit-il. Ils doivent être simples. Rappelle-toi la carte volée de Poe et la chambre close de Zangwill.

— Ou complexes, répliqua Dunraven ; rappelle-toi l’univers. »

 

« À l’heure où je vous parle, plus rien n’existe des lieux, ni des personnages ni même du temps qui contint cette nouvelle avant que je l’écrive. Nous sommes aujourd’hui, je suis Nero, auteur de ces lignes. Il est possible que ce qui suit (aujourd’hui, nouvelle, suite) n’ait qu’un lointain rapport avec ce qui s’est passé. Il est possible que j’invente. Il est possible que je sois en train de vous tromper. Et pourtant, je ne vous connais pas. Car si j’écrivais à l’attention de ceux qui m’enferment ici (là-bas pour vous), j’userais de ruses éprouvées afin de les convaincre de ma raison. Mais je ne recherche pas la liberté. Je l’ai perdue. Et je ne veux pas perdre le temps qui me reste à vivre en lente élaboration d’une défense. Je ne leur offrirai pas sur un plateau le procès de mon moi. Ils ont déjà œuvré au diagnostic qui me condamne à mourir ici.

Si j’écris pour vous, c’est parce que vous pouvez me comprendre. En tout cas vous me lirez. Vous existez parce que vous êtes à l’extérieur du cercle. Je vous propose d’en être la tangente. Vous n’entrerez jamais, pas plus que je ne sortirai. Ainsi, nous ne nous rencontrerons jamais ! »

Tel était le contenu de la lettre que Canovas reçut le 13 avril 19… Il venait de me proposer de la lire. C’était le genre de lettre qu’il recevait au moins une fois par semaine depuis qu’il publiait des nouvelles et des poèmes dans la célèbre revue littéraire Astor Pastor. Il faut dire que cette collaboration inespérée marquait pour lui le début de la fin d’une longue misère. Il avait dû son état de mendicité permanente à un seul entêtement : écrire. Et il écrivait tous les jours depuis quarante et quelques ans. Désormais, il pouvait compter sur un revenu et ainsi ménager la compassion de ses amis. En vérité, il y avait plus de deux ans que sa vie avait changé. Et comme son nom apparaissait chaque semaine au sommaire d’Astor Pastor, il inspirait l’envie plus que l’admiration. Et il était l’objet de canulars, de critiques violentes, de menaces même. Il ne s’en formalisait pas, car il écrivait sous un pseudonyme.

Mais le temps de cet anonymat était compté. Les lecteurs avaient hâte de le voir, de l’entendre et de le toucher. Depuis six mois, il vivait dans l’angoisse. Le directeur de la publication d’Astor Pastor le pressait presque tous les jours de se soumettre aux feux de la rampe. Et Canovas, qui était un homme à la santé plus que délicate, s’était remis à boire. Plus d’une fois j’ai dû le coucher. Notre conversation au coin du feu avait pris fin avec son sommeil… ou sa perte de connaissance. Il se laissait glisser dans son fauteuil, le verre valsait sur l’épais tapis qui réchauffait nos pieds et j’attendais d’être sûr que le sommeil l’eût vaincu pour le soulever d’un seul bras, l’emporter dans sa chambre et me servir de mon autre bras pour actionner la multitude d’interrupteurs qui bornaient cet étrange parcours. Ensuite, je le laissais seul, car notre homme était célibataire et il n’avait pas encore les moyens d’un domestique.

Les choses ne se passèrent pas autrement au soir du 13 avril. Dix minutes après m’avoir confié la lecture de cette lettre, il s’était endormi alors que j’étais loin d’avoir conclu mes propres explications. Qui était Nero ? Et s’il était enfermé comme il le prétendait, comment avait-il trouvé le moyen d’expédier cette lettre ? Ces questions primaient le contenu que je n’avais pas relu. J’en étais à spéculer sur sa personnalité, son état de santé et la qualité du dispositif d’enfermement. Canovas m’interrompit plusieurs fois pour affirmer que le contenu de la lettre était autrement important. Il fallait, selon lui, sauver cet homme. Et il comptait sur moi pour mener l’enquête, car l’enveloppe ne témoignait d’aucune expédition par voie postale. Elle avait été déposée dans la boîte aux lettres de mon ami par une main complice impossible à identifier. Canovas s’enfonça alors dans un état d’ébriété tel que je dus le coucher. Mais je ne refermai pas sa porte sans avoir empoché la lettre de Nero. J’hésitais encore, je dois le dire, entre le goût de Canovas pour l’enquête et mon penchant pour d’autres énigmes relevant cette fois de la narration considérée comme un pur divertissement.

Je rentrais chez moi. Il était minuit. Je dois dire que j’avais moi aussi abusé de cet armagnac au goût de Pyrénées. La tête me tournait. Je ne suis pas un grand buveur, mais depuis que Canovas offre la bouteille, et que par conséquent je ne suis plus contraint d’amener la mienne au coin de son feu, je me laisse aller à ce qu’il faut bien considérer comme un abus. J’ai même l’impression d’abuser de mon ami, comme il l’eut de profiter de ma prodigalité au temps de son paupérisme têtu. Mais nous avions vidé sa bouteille et j’en ramenais une autre, vite débouchée. Je passai donc le reste de la nuit à imaginer les conditions dans lesquelles notre Nero consumait ses jours. Et à force d’y penser, je m’éloignai du personnage tel qu’il se présentait dans sa lettre, sombrant alors dans le plus regrettable mélodrame. J’en étais donc à l’invention des personnages secondaires ou environnants quand Céline frappa à la porte. Il était six heures du matin.

J’ouvris. La belle ne s’était pas coiffée. Son visage était froissé par le coussin. Elle avait jeté sur ses épaules l’épais manteau de laine mérinos et de peaux de chiens que je lui avais offert en témoignage de mon chagrin. Nous étions séparés depuis près d’un an. Notre enfant était-il mort ? Je tombai à genoux sur le paillasson. Et j’avais les doigts sur mon épaule droite quand je compris enfin ce qui l’amenait à une heure aussi inappropriée. Canovas s’était suicidé en se jetant dans la rue. Il va sans dire que son appartement était situé au septième étage d’un immeuble des quartiers mal fréquentés de notre bonne ville. En effet, il n’était pas encore assez riche pour se permettre un déménagement dans un endroit conforme à son nouvel état social. Il avait certes fait tapisser les murs et les planchers, rénové la salle de bain et posé des rideaux fins aux fenêtres. Il n’en restait pas moins que l’une d’elles, comme les autres, s’ouvrait sur sept étages de hauteur et que le trottoir était pavé à l’ancienne. Il n’avait pas manqué le panneau d’interdiction de stationner, lequel l’avait coupé en deux parties inégales. J’en fis immédiatement un personnage de la nouvelle que j’étais en train de comploter sur la base de la lettre de Nero. Céline, qui n’avait pas changé au point d’espérer me retrouver dans un état différent de celui dans lequel je me désespérais au moment de notre séparation, renifla négligemment le goulot de la bouteille et la reposa sur le guéridon où je pensais l’avoir oubliée. J’étais effondré. Et mon fauteuil me contenait tout entier.

Nous prîmes sa voiture. Elle conduisit sans respect, violant même le droit d’un piéton qui faillit bien en rester là pour toujours. Mais je ne disais rien. Céline a toujours eu ce caractère emporté qui est à l’origine de toutes nos disputes. Le moment était mal choisi pour tenter de moraliser ses mœurs pressées. Nous arrivâmes au pied de l’immeuble où Canovas avait vécu de bons moments et où sa gloire était finalement née. Une forte secousse indiqua que nous étions en partie sur le trottoir. Je descendis donc d’une voiture oblique. Cet effet de la conduite de Céline changea mon apparence aux yeux d’un policier qui entreprit de venir vers nous, mais la jambe de Céline l’invita à plus de compréhension. Oui, nous étions des proches de la victime.

« Ah mais c’est que ce n’est pas une victime, monsieur ! Vous avez mal compris. Monsieur Canovas s’est jeté délibérément par la fenêtre. Voilà le résultat… »

Canovas gisait sous une couverture dorée. Une main s’accrochait encore à la réalité, mais la flaque de sang dans laquelle elle baignait chassa toute spéculation narrative de mon esprit, d’autant que Céline me demandait de la porter dans mes bras pour gravir les sept étages menant à l’appartement de Canovas. Je l’ai déjà dit : je suis fort, bâti comme un Maciste. Et elle était nue dans le manteau. Elle avait un fort désir de se donner en spectacle. Je la soulevai et, la serrant comme un bien précieux, j’entrai dans le vestibule. Glascar ne fut pas étonné de nous voir. Enfin… il s’attendait à nous voir, car c’était lui qui avait téléphoné à Céline, mais la voir dans mes bras conféra à son visage un air d’incrédulité que je pris pour une offense. Je haïssais Glascar. Peu importe pour quelles raisons. Je n’écris pas un roman, n’est-ce pas ?

« Il n’y a pas d’ascenseur, dit-il derrière nous, car je gravissais rapidement et apparemment sans effort un escalier capable de couper le souffle au meilleur des poètes de la nation.

— Pipi n’en a pas besoin ! » gloussa Céline en caressant mes joues.

Pipi, vous l’avez compris, c’est moi, ou plutôt c’est mon diminutif le plus commode, car je me nomme Pierre. J’ai participé aux Jeux olympiques sans remporter aucune victoire, ce qui ne diminue en rien mes compétences en matière de force pure. Le cerveau suit.

« Ça devait arriver, haletait Glascar. Le succès. Il lui est tombé dessus sans crier gare. Et il s’est mis à boire…

— Ah pardon ! Il buvait déjà ! » m’exclamai-je.

J’entrais ainsi en délation. On allait me poser beaucoup de questions, car c’était moi qu’on voyait sur les plateaux où la promotion de Canovas avait pris des proportions invraisemblables. Je ne pouvais pas voir la tête de Glascar. Il soufflait derrière moi au niveau de mes mollets. Un rapide calcul vous permettra de savoir à quelle distance exacte. C’est une question pythagoricienne. [Ici, le lecteur prend un morceau de papier et, d’une main malhabile, trace une coupe transversale de l’escalier, me place sur les marches du haut, le mollet alerte et, imprimant à la pointe de son crayon un mouvement descendant, trouve la bouche de Glascar au niveau de mes mollets, donc à une distance respectable. Cela dans le cas où un autre lecteur, moins informé de la chose littéraire, s’imaginerait que j’avais la bouche haletante de Glascar collée à l’un de mes mollets.]

Au septième étage, on se bousculait. Un homme en uniforme nous parla dans la langue de Shakespeare. Depuis qu’on leur donne des cours, il ne savent plus à quels saints se vouer. Je répondis dans la langue de Rabelais, marquant ainsi péremptoirement mon mépris pour celle du cloporte propagandiste Molière. Il en fut étonné. J’étais donc français, mais un de ceux qui s’y connaissent. Cela s’entendait. Il me félicita et me prit par la main que je n’occupais pas à tenir mon ancienne compagne. Nous atteignîmes ainsi le paillasson de Canovas sur lequel, quelques heures plus tôt, je m’étais essuyé les pieds pour ne pas emporter la suie de sa cheminée dans un monde qu’il ne connaissait plus depuis longtemps, mais qui était le mien. Ça se compliquait.

« Au poil, me dit le policier et je déposais Céline sur le paillasson.

— Je n’entre pas, dit-elle. À quoi bon ? Il n’y est plus. »

Le policier ne savait plus s’il devait en rire ou en profiter pour se poser des questions sur les qualités qui l’avaient amené à endosser un uniforme alors que la plupart des êtres sensés pensent plutôt à multiplier les détails de leur apparence. Il n’en parla pas. J’avais saisi un mouvement à la surface de ses lèvres, sans doute animée par quelque chose de plus profond que cette peau couperosée, mais il se tut et nous poussa à l’intérieur malgré les objections de Céline. Il me tendit un verre propre. J’allais trouver l’attention obligeante quand il m’a dit, répétant deux fois encore le propos car j’hésitais devant l’absence de bouteille :

« Nous avons trouvé vos empreintes sur ces verres là. »

Il désigna les deux verres dans lesquels Canovas et moi avions bu dans la soirée. Céline s’étonna et recula en refermant son manteau.

« Tes empreintes ? dit-elle d’une voix éteinte. Mais qu’est-ce que tu as donc fait pour que tes empreintes figurent au sommier… ?

— Je t’expliquerai ! »

Je n’avais rien d’autre à dire. Et surtout, il était trop tôt pour établir le rapport existant entre le suicide de Canovas et la lettre de Nero. Mais pour l’heure, je passais pour un instrument, voire pour l’utilisateur de cet instrument. Le visage de Céline s’était éclairé.

« Tu ne m’as pas tout dit, fit-elle en arrondissant ses grands yeux bleus.

— Il va avoir le temps d’en parler, dit le policier qui avait l’air de s’amuser. Je l’embarque. Mais avant, comment expliquez-vous la présence de cet individu dans la chambre du mort ?

— Nero ! » m’écriai-je.

Et je tombai à genoux sur la mollesse du tapis Ikea. C’était un aveu. Enfin, chacun en interpréta le contenu à la mesure de ses soupçons. Je voulais dire que je connaissais Nero, d’une certaine façon. Céline m’avait toujours soupçonné de manigances visant à m’ouvrir les portes d’une carrière littéraire. Et le policier en savait encore plus. Nous entrâmes dans la chambre.

« Connaissez-vous cet homme ? demanda le policier.

— Non, répondis-je, pensant que c’était à moi qu’il adressait cette question.

— Oui, » dit fermement Nero.

Ce ne pouvait être que lui. Le policier se gratta les cheveux. Perplexe, Céline s’était assise au bord du lit. Celui-ci n’avait pas été défait. Nero se tenait debout, le dos au miroir de l’armoire.

« Voyons, voyons… dit le policier. Vous, Pierre Astor… C’est votre nom, n’est-ce pas… ? Dit…

— Pipi !

— Vous ne connaissez pas cet homme, mais lui vous connaît. Est-ce que c’est la preuve de ma capacité à comprendre les choses les plus simples si j’affirme que l’un de vous ment ?

— Et quelle preuve ! » s’écria Céline.

Nero me regardait en souriant. C’était un homme d’apparence distinguée, un de ces hommes qui a appris à se tenir devant les autres et qui se laisse sans doute aller aux pires comportements quand plus personne n’est là pour témoigner de sa perversité. Il avait le visage glabre, l’œil volontaire, la bouche légèrement entrouverte. Il était à peu près de ma taille. S’il n’y avait pas eu un miroir derrière lui, je l’aurais facilement pris pour mon reflet. Cette ressemblance turlupinait Céline qui nous observait alternativement en se mordant les lèvres. Par contre, le policier ne paraissait pas frappé par cette possibilité. Il était trop engagé à découvrir la vérité, c’est-à-dire le mensonge de l’un et la confiance qu’il avait déjà en l’autre. Il avait sans doute entretenu une conversation avec Nero et celui-ci l’avait nourri de son talent à faire passer des vessies pour des lanternes.

« Mais, fit Céline presque câline, qu’est-ce qui vous fait penser que Canovas a été poussé dans le vide ? En d’autres termes, que nous avons affaire à un assassinat… ?

 — Ceci, madame ! »

Il exhiba alors une enveloppe qui, je le craignis, contenait une lettre. Une autre lettre. Nero en était-il aussi l’auteur ? Ou bien Canovas avait-il écrit à Nero pour se plaindre de moi ? Et maintenant Nero apportait à la Justice la preuve de ma perversité supposée. Car nous n’en sommes qu’aux hypothèses. Il y avait deux lettres et j’en possédais une. J’en parlais à l’oreille du policier qui, aussitôt que j’en eus terminé, envoya une estafette à mon domicile. Il ne lui fallut pas un quart d’heure pour revenir avec la lettre de Nero. Je vous prive du contenu de ce quart d’heure car, n’est-ce pas, je n’écris pas un roman. Le policier lut la lettre. Et quand il eut achevé sa lecture, il regarda Nero. Celui-ci n’avait pas bougé. Il ne frémissait pas. Le policier était visiblement impressionné par cette fermeté digne d’un autre policier.

« Vous reconnaissez votre écriture, monsieur Pastor ? »

Je me dressai alors sur la pointe des pieds pour protester vivement :

« Mais ce n’est pas Pastor ! Je connais très bien Pastor. Nous éditons une revue. Depuis des années ! Celui-ci s’appelle Nero. Il est l’auteur de cette lettre. Et cette lettre l’accuse !

— Elle ne t’accuse pas non plus, Astor… dit Nero.

— Elle n’accuse personne, déclara le policier dans une langue digne de Molière en personne. C’est du charabia. Quant à vous, monsieur Astor, je m’étonne que vous prétendiez que ce monsieur Pastor, votre associé, est en réalité ce Nero qui signe cette lettre de sa main. Nous avons analysé ladite écriture. Elle n’est pas la vôtre, monsieur Astor, ni celle de monsieur Pastor et pas du tout celle de monsieur Canovas. Alors à qui appartient-elle ?

— À moi, peut-être… » fit Céline.

Elle s’amusait. Le policier lui conseilla d’exercer ses talents ailleurs. Pourtant, à y bien réfléchir, l’écriture de Nero pouvait bien être celle de Céline. Fallait-il la trahir ? Elle descendit les escaliers sans mon aide. Nous étions quatre dans la chambre : Nero, moi-même, le policier sceptique et l’estafette essoufflée. Si cette navrante histoire devait se conclure, l’endroit était idéal : tranquille, modeste, avec un lit moderne et une armoire assortie exhibant un miroir sur l’une de ses deux portes. Je ris et m’exclamai entre deux éclats :

« Il ne manquerait plus que quelqu’un — mais je ne sais pas qui — se cachât dans cette armoire !

— Ou sous le lit… fit Nero. Mais notre ami Canovas n’a pas utilisé cette fenêtre. Le lit n’étant pas défait, on peut supposer qu’il n’est pas entré dans cette chambre. Il est resté dans le salon. Or, Astor prétend qu’il l’a couché et bordé. Et c’est la fenêtre du salon qui a servi à expédier notre talentueux ami sur le trottoir où il s’est écrasé comme un fruit… tombé de l’arbre ou… cueilli et jeté avec le ver qu’il contenait… »

Cette déclaration jeta un froid glacial dans cette pièce à demi éclairée où ronflait un radiateur de chauffage central. Canovas avait enfin eu les moyens de s’y connecter. Pendant longtemps, il avait supporté l’hiver sans trouver les moyens de se chauffer. Il lui arrivait de jeter un peu de bois dans la cheminée du salon. Et devinez qui montait ce bois après l’avoir payé ? Pastor n’avait-il pas critiqué ma générosité à l’égard de celui qu’il considérait comme un écrivain de troisième rang ? Il l’aurait laissé crever si je ne m’étais pas interposé entre sa haine du pauvre et ses prétentions à publier une littérature de haut vol. Et voyez ce qui est arrivé. La « petite littérature » de Canovas avait enfin trouvé un public. L’argent entrait à flots. Céline avait même trouvé le futur appartement qui abriterait le nouveau couple que Canovas formait avec elle depuis six mois. L’estafette, qui ne retrouvait toujours pas son souffle, poussa un soupir de soulagement. Le policier frappa dans ses mains.

 

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