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La sixième fête (nouvelle)
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 Article publié le 5 mars 2017.

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Ma haine n’a jamais provoqué de drame. Enfin… pas que je sache. Et pour couronner ce règne absolu, j’aime sans excès. Cependant, je ne suis pas indifférent à ce qui m’est étranger. Ni haine, ni amour pour ces détails venus d’ailleurs. J’en suis le spectateur attentif et discret en attendant de pencher d’un côté ou de l’autre de mon système affectif. Clamonte me reprochait d’intellectualiser mes impressions. Il me conseillait l’esthétique, pensant que je donnais trop à la morale. Mais il était bien le seul à qui je confiais mes hésitations. Peut-être parce que je l’aimais. Les autres, Sossey et Gromel, je les haïssais. Et pourtant, nous nous réunissions le plus souvent possible pour échanger nos résultats et nos perspectives. Sossey était un voyageur. Gromel un sédentaire. Cela se passait chez Clamonte. Sa maison jouxte la mienne. J’ouvrais le portail dans la haie qui sépare nos jardins. Je crois que ce portail m’appartient, mais je n’en suis pas sûr. Clamonte le sait, je n’en doute pas. Il sort à la fenêtre quand le portail grince. Il se penche au-dessus d’une triste jardinière dont je n’ai jamais identifié les fleurs. Par paresse. Je ne monte jamais à cet étage. Il y entretient un bureau. Sossey ne manque pas d’y séjourner pour consulter des livres. Gromel et moi en profitons pour boire un verre, tournant le dos à une exposition de tableaux de peintures qui tapissent un mur. En face de nous, une très lumineuse baie vitrée ouvre ses battants sur le jardin qui descend. On aperçoit quelquefois le jet d’eau intermittent d’une fontaine qui a les pieds dans l’eau d’un bassin peuplé de poissons. Plus loin, les crêtes d’un bois se laissent caresser par une brise constante. Je ne connais rien de plus morose que ce paysage. Pourtant, Gromel en vante ce qu’il appelle sa tranquillité. Il vit dans un appartement. Une seule fenêtre s’ouvre sur l’extérieur. C’est un patio, sorte de puits venu du ciel. Il s’y jetterait s’il ne tenait pas tant à la vie à cause d’un enfant qu’il nourrit de loin. Il a peut-être d’autres enfants. Cette simple évocation le plonge dans une tristesse d’ivrogne. Il possède le visage le plus meurtri que je connaisse. Pourquoi le hais-je ? Pour ce qu’il est. Il ne m’ennuie pas, certes, mais je l’accuse de malheur. Un malheur qui n’affecte pas que sa personne, si j’ai bien compris ce qu’il me raconte depuis des années. Encore faut-il que Sossey interrompe notre conversation. Il descend l’escalier avec un livre à la main, le doigt entre les pages. Il a trouvé une réponse. Il ne cherche rien d’autre. Et il se promet d’aller vérifier. Ce sera un voyage plein de nouveautés inattendues. Il se jette dans un fauteuil pour commencer à en préparer les étapes. Nous l’écoutons, nous le haïssons et nous buvons, Gromel et moi.

Vous avez sans doute remarqué, si je puis dire, l’absence de femmes dans ces lieux. Ne cherchez pas dans l’ombre, il n’y en a pas. Ni ombre (Calmonte déteste ça), ni femmes. Elles existent, je ne le nie pas, mais à l’extérieur de ce havre. Elles n’entrent pas. Nous les aimons, mais uniquement pour les haïr, dit Calmonte qui est le maître des lieux et qu’à ce titre nous ne contredisons pas. Si une cinquième personne est invitée, c’est un homme. Jeune de préférence. Bien fait. Naïf si possible. Nous conservons ces os comme des pièces de musée. Nous avons d’ailleurs procédé à plusieurs agrandissements depuis vingt et quelques ans. Il est maintenant question de communiquer avec ma propre maison. Deux murs suffiraient à protéger nos activités de la curiosité du voisinage. Un couloir que nous pourrions couvrir d’une toiture. Ce n’est qu’un projet, mais le spécimen que nous attendons cette après-midi sera le dernier si nous ne commençons pas ces travaux dès son exécution.

Le corps humain est composé de viandes dignes d’êtres cuisinées, de déchets bons pour nourrir les animaux ou la terre et d’os destinés à compléter notre musée.

Les rôles sont répartis ainsi : l’invité est la victime ; Gromel le cuisinier ; Sossey le boucher ; Clamonte le jardinier ; et moi, Edgar, le tueur.

Je ne me souviens plus comment fut décidée la répartition des rôles. Nous nous y tenons depuis le début. Sossey ramène un invité trouvé dans un lointain pays ; je le tue ; personne ne me demande comment ni n’assiste à l’exécution ; Sossey sépare le bon grain de l’ivraie ; Clamonte s’occupe de cette dernière selon des processus inconnus de nous ; et Gromel ouvre ses livres de cuisine pour y trouver l’inspiration. Nous buvons beaucoup.

L’invité ne peut en aucun cas appartenir à la gent féminine. Cette particularité procédurale relève de ma seule exigence. Est-ce que je refuse de tuer une femme ? Ou bien est-ce que je me limite à ne tuer que des hommes ? La raison et la méthode sont de mon ressort. Je ne demande pas à Clamonte de m’expliquer comment les tripes sont transformées en engrais. Les astuces culinaires ne m’intéressent pas, pas plus que l’anatomie qui passionne Sossey. Ainsi, chacun construit son ouvrage à l’abri des influences.

Je ne peux pas parler pour les autres. Je n’entre jamais dans la cuisine où Gromel et Sossey se livrent à leurs exploits. Je me demande tout de même ce qui peut bien se passer entre eux, d’autant que Clamonte n’attend pas en dehors de la cuisine. À un moment donné, ils s’y trouvent tous les trois. Le corps, c’est Sossey qui vient le chercher dans la chambre d’exécution. Sossey est un athlète. Les voyages l’ont construit tout en muscles. Il met le corps sur son épaule, sort de la chambre où je savoure encore mon acte, entre dans la cuisine. Il découpe, partage, Clamonte emporte les déchets et Gromel range les morceaux selon leur destination culinaire.

La cuisine connaît trois personnages : Gromel, Sossey et Clamonte.

La chambre d’exécution, trois : encore Sossey, l’invité et moi-même.

Enfin, la salle à manger nous réunit, mais après les faits. Ce qui s’y passe n’a aucun intérêt.

Voilà les trois points sur lesquels je bâtis, deux ou trois fois l’an (cette fréquence dépend de Sossey), la même histoire. Je n’en change pas. Et, le soir, au coin de la cheminée ou sur la terrasse à la lumière d’un lampion, mes amis (que je hais) apprécient mes progrès en matière de narration. Nous en sommes, à l’heure où je vous parle, à soixante versions exactement. Nous avions prévu de fêter ça. C’était donc la sixième fête.

*

La nuit tomba enfin. Chaque fois, je crains que mes amis ne me jouent un mauvais tour. Je les ai entendus en parler il y a de cela dix-huit ans. Je ne sais plus lequel des trois proposa aux deux autres d’imaginer ma tête si Sossey ramenait une femme au lieu d’un homme. Ils avaient joyeusement ri de cette plaisanterie sans lendemain. Mais elle ne m’avait pas amusé. Je savais que je courais un risque. Et depuis, avant chaque festin, l’angoisse se saisit de mon esprit tourmenté et fait de moi une victime de mes propres fantasmes. J’en rêve souvent. Clamonte est le témoin de mes cris. À peine vingt mètres séparent nos murs. Il doit nourrir les autres de ces nuits blanches. Ils se téléphonent, je le sais. Moi, entre les festins, je ne vois que Clamonte. Et encore, je l’approche rarement. S’il frappe à ma porte, je prétexte une quelconque indisposition. Car entre les festins, je travaille mon texte, je compare les versions, je les superpose pour n’en faire qu’un, ce seul texte dont je sais qu’il existe, mais que je n’ai pas encore trouvé. Et quelquefois, quand j’ai trop bu pour me raisonner, une femme entre dans la chambre où j’attends un homme. Voilà mon autre texte. Et toutes ses versions parasites. J’entre en conversation avec elle, ou je fuis. J’entre dans la cuisine où mes amis (que je hais) rient comme des fous heureux de m’avoir enfin joué le tour qui change la procédure dont je suis le seul auteur. Ils ne connaissent pas ce texte. Mais n’en ont-ils pas établi un autre ? Cet autre texte que je ne connais pas et qui est le troisième.

Il ne manquerait plus que je ne tue pas la femme. Elle serait alors l’auteure d’un quatrième texte, lequel ne connaîtrait que les variantes produites par la procédure judiciaire qu’elle aurait initiée. Ou bien elle garderait le secret, multiplierait les textes, s’en servirait comme moyen de chantage… Je serais mort avant. Suicide.

Mais depuis le premier invité, aucune femme n’est entrée dans la chambre. Elle est ou elles sont entrées dans mon esprit, parasitant ma perfection formelle. Et elles menacent de le faire dans la réalité s’il est vrai que mes amis se moquent de moi sans oser aller plus loin que cette sinistre malice.

Comme il eût été plus simple d’agir seul ! Plus net. Plus clair. Parfait même ! Mais je ne voyage pas. J’ai peur de l’eau et des airs, peur de la vitesse, des séries qui menacent les procédures. Je ne connais rien à l’anatomie des bouchers. Ce découpage me fait horreur. J’en perdrais la raison. J’aime le supplice, pas les pompes funèbres ! Quant à cuisiner, je n’y songe même pas. Ce travail de composition, d’attente, de mesure, de présentation n’est pas fait pour plaire à mon impatience. Clamonte a tout de suite compris ma déroute. À l’époque, je consultais sa sagesse. Sa famille occupait cette grande maison depuis des générations. Mon père acheta la maison voisine, beaucoup plus modeste de dimension et d’allure, pour abriter nos vacances de petits bourgeois parisiens. Je connus Clamonte à l’âge de dix ans. J’étais déjà un mordu de narration. Il était adulte, étudiait l’esprit au fil de je ne sais plus quelle discipline universitaire. Il m’a pris sous son aile.

Ma souffrance, à cette époque, était visible. Mon père en avait honte. Il préférait l’exposer aux discrétions de la campagne plutôt qu’aux exubérances de la mer, laquelle était suiveuse, pour ne pas dire soumise. Oh… pardon… je parlais de ma mère, bien sûr. J’étais fils unique. Mes parents n’avaient que moi à montrer pour participer aux exploits de la nation. Cette campagne allait me détruire avant l’adolescence. Suicide. J’y songeais déjà. Un plongeon dans la rivière. On racontait des histoires de noyés. Je ne me souviens plus des détails. La rivière formait un étang sous les ormes. Et là-dessous, les courants étaient de parfaits tueurs. Il suffisait de plonger. J’y jetais des branches, des cadavres d’animaux, mes vêtements quelquefois. Cela tournoyait pendant une minute, minute d’angoisse et de plaisir, puis cela était englouti comme dans un trou. C’était toujours possible. À tout moment. L’été, quand nous revenions pour me voir grandir et que Clamonte écoutait mes histoires. Plus tard, il fit venir Sossey et Gromel. Je ne sais plus dans quelles circonstances. Aujourd’hui, ces deux personnages font irruption dans ma mémoire. J’avais leur âge. Et tout a commencé.

Oui, mes parents n’étaient plus de ce monde quand j’ai exposé les détails de la procédure à mes amis de circonstance. La précision, la répétition et le danger de l’inattendu alimentaient notre angoisse. À chacun la sienne. Je ne peux pas parler pour les autres. À mon avis, Clamonte se contentait de nous observer. Après tout, il se limitait à récupérer les déchets pour les mettre à fermenter dans sa petite usine à compost. Il n’y a là rien de pervers. Il ne courait le risque que de la réprimande de la part d’éventuels procureurs. Par contre, les rôles de Sossey et de Gromel appartenaient de plus près à mon invention. L’un cuisinait ce que l’autre avait découpé. Il y a loin entre un grossier compost et un plat digne de la meilleure gastronomie. Mais Sossey, encore lui, entretenait des liens avec ces deux destinations : le composteur et le fourneau. Comme il était le lien entre la cuisine et la chambre d’exécution où j’étais le bourreau. Curieuse géométrie, tout de même… Ce Sossey m’intriguait plus que les deux autres. Il était partout.

Et à la fin (si je puis dire), nous nous retrouvions à table. Gromel cuisinait tellement bien qu’il était impossible de ressentir du dégoût pour ces chairs rôties, bouillies, frites, braisées et que sais-je encore. Ainsi s’achevait notre réunion… Que non !

Il s’agissait maintenant d’alimenter notre musée. L’estomac était bien garni, certes, et bien arrosé, mais les os attendaient qu’on en fît quelque chose. Ils constituaient la trace visible de notre œuvre commune. Les conserver, c’était perpétuer notre génie. Or, un génie sans témoin n’en est pas un.

Gromel proposa qu’on fît visiter le musée déjà bien fourni à l’invité dont les os y trouveraient leur place. L’idée ne me plaisait pas autant qu’à Sossey. Je dus m’expliquer, car Clamonte ne disait rien. En effet, dis-je, ce qui caractérise un témoin, c’est son témoignage. Or, si vous le tuez avant qu’il témoigne, qu’est-ce qu’il est ? Mon objection ravit Clamonte qui applaudit. Pour l’instant, conclut-il, le musée demeurerait un secret entre nous, ses seuls témoins donc. Et gare à ne pas se saouler en dehors de ces murs. Plus tard, le dernier d’entre nous ouvrirait enfin ces portes pour révéler la portée de l’ouvrage. Il attendrait la mort des trois autres avant d’être emporté par la justice des hommes. Et, continua Clamonte, le musée serait détruit, les squelettes enterrés et nos âmes maudites. Resterait la légende. Qu’exigions-nous de plus de nos imaginations ?

Mais, comme je le signalais plus haut, il ne fallait pas chercher le défaut de cette construction ailleurs qu’en moi-même. Une femme suffisait à en détruire la structure. Et non pas pour réduire à néant le projet, ses personnages et ses traces, mais pour en changer le sens. Nous vivions sous cette menace. Mes amis avaient beau s’amuser de mon angoisse, il n’en restait pas moins que leurs rires n’apportaient aucune solution au problème. Au bout de cinquante-neuf squelettes, nous angoissions tous les quatre avec la même intensité. Les uns étaient fiévreux, les autres presque morts, chacun voyait son aspect et son être profond modifiés par le risque. Le soir du soixantième, étais-je le seul à songer au suicide ?

J’y pensais tellement que j’entendais la rivière. Elle semblait m’appeler. Nous étions assis dans le salon, buvant avec la retenue que nous nous imposions avant le début de la procédure. Nous attendions le coup de sonnette de l’invité. Il arrivait par le train de neuf heures douze. Pour tromper l’adversaire, il serait habillé en femme.

*

Clamonte ouvrit la porte. Il était près de neuf heures trente. On entendit le taxi s’éloigner. Nous nous levâmes pour accueillir notre invité. En principe, celui-ci demandait à se débarrasser de sa robe, de sa perruque, de ses faux cils et du maquillage qui avait féminisé son visage. Vous vous demandez ici qui était l’auteur de cette transformation. Évidemment, nous ne comptions pas sur l’invité lui-même pour procéder à cet ouvrage qui exige du talent. C’est le talent du professionnel ou celui de la femme qui a acquis ces nécessaires connaissances du tracé et du cosmétique. Confiez-moi le maquillage de votre visage et vous verrez à quel point je n’y connais rien. Gromel, gros patapouf, est bien trop maladroit pour vous transformer en femme digne de ce nom. On ne travaille pas le visage d’un homme comme un plat de nouilles. Sossey a beau se vanter d’avoir des dispositions pour le dessin, il ne dessine, j’en suis témoin, que des animaux. Et encore, des fauves de la jungle. Nous ne tenions certainement pas à effrayer les voyageurs du train transportant notre victime. Clamonte sait manier la bêche et même le ciseau d’ébéniste, mais de là à appliquer ces techniques à un visage… Il fallait donc que nous fissions appel à un cinquième acolyte.

Et comme il nous avait semblé plus facile de trouver une femme pour jouer ce rôle, Célesta entra dans notre existence par cette porte étroite. Je ne sais plus lequel d’entre nous la nomma ainsi. Et l’équation s’imposa : un invité, une Célesta. Mais n’allez pas croire que nous doublions ainsi le nombre des squelettes, car les Célesta disparaissaient dans la foule l’une après l’autre. D’ailleurs l’idée de les faire assassiner par un sixième rôle effleura nos esprits, mais uniquement pour les amuser. Alors, me demanderez-vous, qui tuait les Célesta ?

Vous surprendrais-je si je vous avouais que je n’en savais rien. Et je ne le sais toujours pas. J’avais beau être l’inventeur du rituel, j’en ignorais toutefois tous les tenants et aboutissants. D’ailleurs l’angoisse liée à la femme m’interdisait de dépasser les limites de mon imagination. J’étais terrorisé à l’idée de voir entrer une femme dans la chambre d’exécution, mais la question des Célesta ne me procurait aucune inquiétude. Allez donc expliquer ça à votre reflet dans le miroir !

Revenons à notre soixantième soirée… Ai-je dit que l’on sonna ? C’était elle. Enfin… lui. Clamonte ouvrit, comme c’était l’usage. Il voyait une femme, sachant que c’était un homme. Et celui-ci, toujours troublé par son déguisement, demandait le cabinet de toilette. Il avait une valise à la main. Elle contenait ses habits d’homme.

Moi, j’étais assis à un endroit précis du salon. J’en avais même vérifié plusieurs fois le point de vue. Il donnait sur le hall d’entrée qu’il réduisait, à cause des murs, à un étroit passage dans lequel la femme apparaissait, toujours très belle, sa valise au bout du bras, montrant ses dents d’homme passablement honteux. Clamonte avait pour mission de s’écarter afin de ne pas me priver de cette vue, sinon je piquais une crise (ce qui n’est jamais arrivé). Mais ce soir-là, contre toute attente, l’invité ne demanda rien, il ne portait pas de valise, mais un sac à main, et il entra dans le salon. Je m’écriai, fou d’angoisse :

« Célesta ! »

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