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 Article publié le 14 mai 2017.

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Devant un caillou Il se demande si Il le ramassera et devant une tasse si Il la boira. Se demande et peut-être ne se répondra pas car Il ne se demandera peut-être pas. Devant sa table Il est assis et voit qu’Il est assis devant sa table donc Il voit le monde autrement dit. Et c’est la tasse et le caillou de l’incipit qu’Il est à ce moment de voir la tasse et le caillou débarquer là. Il se dit commençons comme si commencer était comme un début et le début était comme un commencement. Il se dit ou ne se dit pas c’est moi ce Il. Devant la porte qui n’est pas la porte Il se demande si Il devra ou non ouvrir la porte. Donc Il l’a ouverte et la question aussi. Le caillou et la tasse ne sont pas présents sur la table où Il est mais possibles pour Il qui les a vus venir. Il qui est assis devant sa table et donc est assis à l’endroit où Il est et qu’Il est. Et donc à table Il est assis devant le monde. Il se demande ou pas si Il doit y ajouter les mots : ‘par conséquent’. Ne serait-ce que pour le rythme du caillou ou celui de la tasse. Il pense que ce Il pense immanquablement qu’Il ne pense à rien mais que ce rien se pense et porte sa pensée comme le doigt dans l’anse de la tasse absente et comme la douceur sous les doigts du caillou. Sous les doigts du caillou la formule est comique Il imagine ou pas un caillou plein de doigts. Il tape le caillou ainsi que cette tasse qu’Il avait déjà vidée ou bien remplie en cet instant présent Il jette le caillou. La porte aussi le monde un lieu se dit ce Il. Qui soudain sent l’odeur d’un faisan qui demande qu’Il ouvre la porte. Il ouvre le faisan qui est le mot faisan dont Il se fait le lieu qui est un lieu du monde. Un bruissement du monde devant la tangible table où Il se fait et tasse aussi caillou et maintenant le mot faisan qui est la porte. Il regarde le mur où badine une mouche qu’est le bruit réel de la pensée du monde qui elle est réelle tout comme le char ce lingot d’or coffré au claveau d’Apollon dont ce Il tient les rênes. Ou les bœufs dérobés à son troupeau et qui lui viennent sur la langue pour y labourer. Quand soudain le parfum corsé lui vient de la cuisine d’un café promis bouillu et donc foutu. Le caillou est lancé sur le faisan à temps pour se précipiter sur ce café foutu comme fait la misère sur le pauvre monde et sur la poésie.

 

assis, il bleuit de paisibles possibilités odorantes.

César Vallejo

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