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Kinoro : « Ça fait mal à la poésie... »
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 Article publié le 12 novembre 2017.

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« Et voilà comme on dénature l’épopée de nos créatures. On allait dans le sens du vrai et dans le faux on est sevré. Laissez entrer pisse-copies dans l’âme de la poésie, le verbe bas sur les écrans, trousse-élections, gratte-pan-pans, et on est plein qu’on se tripote la patte en l’air et bien manchote. Il va finir par nous manquer de la scansion la belle clé et dans le journal numérique se la faire mettre et bernique ! Pourtant on avait prévenu : les ronds-de-cuir c’est des vendus. Servir l’État et notre terre, c’est du barbouze au forfaitaire. S’il faut choisir entre bordel, histoire de monter au ciel et alcazar de la justice où le poème est un supplice, amis le choix est vite fait : on suit Virgile pour l’effet à produire sur la jeunesse et Bébère on lui met aux fesses les clous de la planche à presser. Mais à l’époque du PC, chacun est libre de sa chance. L’aléatoire et la séquence sont au service du patient. Virgile ou Bébère à l’encan ! Voir le menu qui se déroule comme un tapis fait pour la foule, avec de la simplicité et surtout rien à calculer. Le désir est philosophie. Ça fait mal à la poésie, et pour finir ça rend amer, tellement qu’on veut voir la mer des fois qu’après un beau voyage, le monde ait changé de visage et que pour rien on ait beaucoup, ce qu’on mérite et même tout. C’est l’armada des fonctionnaires qui fait passer tous les clystères et pas question de dire non alors que selon l’élection on a dit oui dans un ensemble qui fait que tous on se ressemble. Ami lecteur, voici venu le moment crucial du menu : Virgile a franchi la limite. Bébère caresse sa bite. Depuis Chrétien pas de roman sans antagonisme navrant. Mais avec un pc à l’œuvre on est fin prêt pour la manœuvre ! Alors qui choisit, toi ou moi ? Je sais que le client est roi mais s’il est souverain qui suis-je ? Finissons avant que je pige les corollaires du discours. On ne voit pas ça tous les jours, sur la scène la parabase et sur la chaise un bout de phrase qui veut tout dire avec un mot. Les temps changent mais pas en beau, en bien dirait le moraliste. C’est le copain du vers-libriste. Le rapsode l’a dans le dos et pour le théâtre rideau ! Ça fait des chansons à la mode qu’avec du fil on raccommode pour que ça ait l’air d’un tricot fait à la main avec des os. Mais si tu vas au cimetière, le dimanche après la galère, il faut la coller au plus près sur les ex-voto des crevés ton irascible portugaise pour ne pas ouïr leurs foutaises et la gamme qui va avec. Heureusement on a bon bec et pour Paris on assassine à la fourchette qui bouquine des choses rimées dans le sud. Pour les dents on a le scorbut. Alors on ménage sa langue, des fois c’est mou, des fois exsangue, ça dépend comme on est levé. Ah ! Mais vous avez deviné ! Celui qui parle, c’est Virgile ! Un mec sympa mais pas tranquille qui écrit dessus du papier comme à l’école l’écolier. C’est la loi du menu nature qui construit la littérature : vous avez cliqué Virgilio à droite et en haut du folio qui sert d’écran aux épisodes. Résultat de cette méthode : on s’est remis à voyager, et dans le pasquin ouvrager. On dit qu’il a cassé la porte et qu’il est parti sans escorte. Tout le monde peut se tromper, mais cette fois c’est pour de vrai. Il n’a pas attendu qu’on pèse le pour qui n’est qu’une hypothèse et le contre qui fait la loi. Car aujourd’hui comme autrefois le credo de la contredanse peut toujours fausser la balance. Pour le juge on ne sait jamais s’il veut sentir bon ou mauvais. Les processus de la carrière sentent quelquefois le derrière, même souvent si l’on en croit, et mieux vaut croire qu’avoir foi, celui que le nez de Virgile, qui est son meilleur ustensile en matière de jugement, a senti reculer le temps de mieux sauter dans l’arbitraire. Quand le sujet est un derrière et que le verbe est magistrat la poésie et cetera mieux vaut la porter en visière, les yeux au ras en visionnaire, (la poésie depuis Rimbaud ne fait rien si ce n’est pas beau) et ne pas lâcher la casquette. Comme il l’a toujours sur la tête, et qu’il a pris en marche un train, on ne sait pas ce que demain réserve au manuscrit en route. Point de quartier ! En avant toute ! S’il y a un fou dans cette nef, les lois de la SNCF seront violées comme gamines en âge de goûter la pine ! Le poète porte sur lui, comme s’il cherche des ennuis, alors qu’il erre sans viatique, un caoutchouc très élastique qui sent la lessive à maman moins le mousseux épanchement.

« Ça fait longtemps que la romance ne m’inspire là où je pense. Dans les WC on est au mieux quand il s’agit de faire un vœu. Mais dans les endroits qu’on occupe on n’est jamais seul pour la dupe. Je vais plutôt me rincer l’œil puisque je suis dans un fauteuil et même près de la fenêtre. La discrétion et le bien-être font bon ménage quand on veut. »

Féal il avise sur ce un bonnet qui coiffe une tête. Sous le bonnet, fière et coquette, elle fait pour tromper l’ennui la même chose qu’il fait lui. Tournant adroitement les pages, elle est plongée dans un ouvrage. Lui ne tourne pas très longtemps. Il est vrai qu’il a l’air savant.

Extrait de La trilogie française

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