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Laissons un instant de côté les contingences du métier pour parler de la vie en marge de l'écriture
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 Article publié le 25 février 2018.

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Laissons un instant de côté les contingences du métier pour parler de la vie en marge de l’écriture car oui, il y en a une, mais elle est pour moi le thuriféraire de ma passion, qui s’avère être l’écriture… Interaction inévitable entre les deux états, ce pour quoi je décide parfois d’éteindre l’ordinateur pour faire tout autre chose – mais devinez à quoi je pense ? Allers et retours entre réalité et fiction, fiction et réalité, de quoi perdre le sens de l’orientation en société, et celui de la société en solo face à l’écran. J’ai une vie très simple. Pas de femme, enfin pour le moment, ou pour toujours qui sait ? Je ne cherche plus à m’adapter aux codes, lois et dogmes qui régissent l’humanité, sans toutefois y contrevenir – telle est la nuance : faire semblant pour rester soi-même, et rester soi-même pour faire semblant, voilà l’astuce. Il y en a des tas. Attention, je ne me pose pas en exemple, et n’encourage personne à imiter ma vie car elle comporte des zones d’ombre, des moments de découragement à ne pas la vivre normalement – je n’ai jamais dit que c’était facile. Si vous bossez toute la journée et rentrez le soir pour vous occuper de vos femmes et enfants, vous ne pourrez sans doute pas suffisamment vous consacrer à votre hobby ou passion, mais vous aurez la satisfaction intense de vivre, vivre une existence dite normale – à moins que vous ne vous consacriez à votre art le soir ou la nuit, mais ce serait aux dépens de votre vie de famille. Laisseriez-vous votre tendre femme seule entre les draps délicieux de votre amour ? Grande est la satisfaction de faire l’amour, et par là-même, normalement, créer, ou plutôt procréer : quel statut divin que le votre… Ma vie est dénuée de cette sensualité, encore que je pourrais mener écriture et vie privée – ne me reste qu’à… la créer ! Comment ? En me faisant caméléon, suivre les codes endémiques du Darwinisme social en m’habillant à la mode, me coiffer, me parfumer, fréquenter des endroits propices à la chose – et lorsque je m’y trouve je ne trouve rien de mieux que de me faire spectateur, d’observer le microcosme des boîtes de nuit et des bars et le jeu de séduction qui y opère pour pouvoir le décrire ultérieurement – quand je vous dis que je suis complètement accro-, véritable rituel animal plutôt qu’humain, avec des codes de couleur pour les vêtements des hommes qui font la roue, en la matière leur manière de danser face à une femme pour la séduire, et vice-versa. Je ne peux plus exercer d’activité qui ne me laisse à l’affût du moindre détail du quotidien, en famille ou avec des amis, en soirée, au supermarché, dans la rue, je suis une vraie éponge à sensations et cela m’épuise, car je ressens aussi la nervosité, la bêtise, la joie, l’ambiance quelle qu’elle soit, comme si j’étais le centre de ce kaléidoscope ébouriffant qu’est le quotidien tel que la majorité de l’humanité le vit, et je me demande souvent, empesé par le manque d’amour, d’intimité avec une femme, de la douceur de sa peau, la volupté de ses seins, de ses hanches, ce que deviendrait ma vie si une femme y faisait son entrée… Changerais-je mes habitudes ? Probablement pas : j’ai vécu de nombreuses années en couple, et délaissé chaque jour pour quelques heures mes amours afin de satisfaire mon penchant impétueux pour l’écriture – avec plus ou moins de bonheur…

Car non, il ne faut pas se couper de la société, même si elle est loin d’être adéquate à mes attentes irréalistes, telle que je rêve de la vivre, en substance vivre un peu la vie de tout un chacun et de chacun faire un tout, me comporter comme il faudrait que je le fasse – c’est quoi, au juste, la normalité ? Etre adapté à une société malade n’est pas un signe de bonne santé mentale, mais les gens ont-ils vraiment le choix dans le tourbillon de leur vie, quand ils ne sont pas pris dans la spirale infernale métro usine dodo, et ce dans leur honorable et laborieuse quête du bonheur.

Aujourd’hui, neuf décembre 2017, la France est en deuil. Les funérailles publiques de Johnny ont attiré un million de fans en pleurs sur les Champs Elysées, désemparés, orphelins, le cœur chargé de souvenirs, avec parmi eux les plus grandes stars venus saluer une dernière fois le cercueil blanc immaculé de cet homme devenu légende – et Jean-Philippe Smet peut, où qu’il se trouve, partir sans se regrets, hormis pour veiller femme et enfants, et rejoindre sa dernière demeure à Saint Barth’, les Caraïbes pour le repos éternel : Johnny, tu restera gravé à vie dans le cœur de ceux qui t’aimaient pour ton talent immense, ton caractère, ta révolte contre les injustices, comme dans « Diego », une chanson que j’adore, écrite par Michel Berger qu’il est parti rejoindre, et parions que là-haut ils vont s’en donner à cœur joie et fêter en musique leur éternité en mettant de l’ambiance au paradis où se trouvent déjà des fans qui l’attendaient depuis toujours, près du Saint-Père attendri, j’en suis sûr, par la venue précoce de ce monument de la chanson française, qui a fait partie du panorama musical français depuis la moitié du vingtième siècle et a su y rester jusqu’à son dernier souffle, dans son combat contre la maladie comme tant d’autres dans le monde entier, ce qui le rapproche des populations venues dire un dernier « Ah que Coucou ! » à la star incontestable, qu’on l’aime ou non, de ces dernières décennies…

Voilà. Je suis seul face à l’écran, mes doigts ne veulent plus s’arrêter de voleter sur le clavier pour décrire l’humanité et ses rêves, qui quand on le veut vraiment peuvent se réaliser, et puis même si on ne fait que les approcher, il est bon de les caresser pour savoir que quelque part un endroit fait pour nous nous attend, avec les bonnes personnes, celles qu’on n’a jamais cessé d’aimer et qui ne le savent pas, et tous ces étrangers qui sont des amis que l’on n’a pas encore rencontrés, liés par l’inextricable fil de l’existence qui nous fait croiser des visages nouveaux, ressentir des sensations amicales ou amoureuses, et j’ai des souvenirs très heureux de mon flirt d’alors, C.D. qui se reconnaîtra, que j’aimerais beaucoup revoir – dédicace à ma courte scolarité au lycée de Clamecy en 1992-1993, qui m’a fait rencontrer un groupe d’amis, et dont le climax est le voyage en Italie avec mon cousin et ces même amis, la bride sur le cou, entre rires, farces, flirts- , sorties clandestines le soir en sautant par le balcon, bière, glaces, insouciance générale magique propre à l’amitié entre adolescents désireux de tracer leur route en groupe, avec ses codes, ses private jokes, son univers clos aux profanes,  que l’on peut résumer par de très beaux mots, amour et amitié, grâce auxquels tout arrive et s’inscrit en la mémoire de chacun comme un des plus grands trésors que l’on puisse posséder : des souvenirs de cette époque qui ne perdent en rien de leur fraicheur si on les cultive dans nos cœurs, et c’est ainsi que je les conserve toujours intacts, euphorisants, en ma mémoire qui me permet, en me concentrant, de revivre des jours et nuits épiques, tout en me demandant à quel point, maintenant que la vie nous a géographiquement – mais pas affectivement- éloignés, si tous les membres honoraires de notre club se remémorent les meilleurs moments, et en conçoivent de la nostalgie, apanage de ceux qui ont vécu d’inoubliables moments, animés par la fougue de l’adolescence, l’insouciance. J’ai gardé le contact avec mes amis bourguignons, et se dessine le projet, après une discussion sur FB, de faire revivre en un roman nos frasques inénarrables en Italie, qui étaient consignées dans un carnet tenu par moi-même en temps réel – carnet mythique, ou chacun a écrit, et que je ne retrouve plus, inconsolable… Mais la mémoire commune, tradition orale, remplacera l’écriture de ce carnet si précieux, que je pourrais qualifier de bible de notre adolescence…

Voilà pour mes projets. J’écris ces lignes par un lundi pluvieux, bien au chaud, et je réfléchis à mon avenir, à ce qu’il me réserve, à moins que ce ne soit la moindre action qui conditionne ce futur, ou comme certains le pensent, que c’est écrit… Mas amis éloignés par les années émergent des profondeurs de nos seize ans, vingt-cinq ans en arrière, et me frappent de nostalgie lorsque des centaines d’instantanés me reviennent comme des flashs, des moments de grâce où le rire, l’amitié et l’amour n’avaient pas encore la même saveur que pour les adultes, plus éthérés et purs, sans arrière-pensée même si tout n’était pas toujours rose, mais la vie est ainsi faite – et fête. Je me demanderai toujours ce que je serais devenu si j’avais poursuivi ma scolarité jusqu’au bac dans ce lycée : aurais-je rencontré quelqu’un, me serais-je marié, aurais-je eu des enfants ? Je ne peux en avoir aucune certitude, mais je suppose que le cours de ma vie ne aurait été changé, et même si bon an mal an je suis heureux mais sensible je regrette de n’avoir pas tenu bon, et je me répète mais j’ai des regrets de ne pas savoir ce que devient Christelle D., ma tendre confidente d’alors, qui m’a fait ressentir les plus agréables émotions de mon adolescence, en classe comme ailleurs, sans compter d’autres adolescentes de l’époque avec qui je suis « sorti » comme on le disait, et cette fresque Clamecycoise dépeint toute une époque, un pan court en temps mais immense en sensations, rêveries, amitiés et frasques buissonnières, qui forment des souvenirs dont chacun se souvient avec émoi. Ceci fait partie de ma vie, à une époque charnière qui a pris fin et débouché sur mon retour dans le sud, où j’ai revu des « amis » toxiques et manipulateurs pendant des années où je fréquentais les bancs de l’Université de Toulon-La Garde – dédicace à Caro et à celle qui me faisais rêver, Camille- que j’ai peu à peu déserté pour sombrer dans la noirceur d’une vie où alcool et spliffs occupaient nos journées, cloîtrés comme des idiots avec des gens inintéressants, et j’ai ainsi gâché des années de mon existence, tout un pan de la vingtaine, en vapeurs diverses et en psychoses à force de tirer sur la corde. Je pense que ces personnes se reconnaîtront aussi, et tenteront de se justifier en disant que personne ne m’a forcé – alors qu’ils m’ont lourdement entraîné dans la décadence, manipulé, méprisé- et que dans la vie on n’a que ce qu’on mérite, de vraies phrases toutes faites à vocation philosophiques mais terriblement iniques et méprisables. On m’a souvent reproché de fréquenter ces personnes, mais parfois on est aveugle, entraîné par la vie comme elle se présente, et c’est aujourd’hui que j’arrive à distinguer l’influence néfaste qui me guidait dans des univers interlopes avec cette bande de soi-disant amis toxiques…

J’ai par la suite rencontré une jeune femme avec qui j’ai vécu une huitaine d’années, qui habite aujourd’hui Los Angeles, qui m’a fait sortir de ce cercle vicieux et donné du bonheur, et nous avons vécu sur les hauteurs de la Seyne dans un havre de paix avec chats, poules, lapins, canards de barbarie, poissons, amoureux et heureux de vivre, même si comme toujours tout n’était pas blanc ou noir, et je regrette également cette parenthèse de ma vie qui a beaucoup compté, dont je remercie cette jeune femme et sa famille pour le bonheur qu’ils nous ont apporté, très appréciable après la période sombre de mon existence, enfumée par le shit et embrumée par l’alcool, les rires déments, les trahisons de rigueur, que je considère aujourd’hui avec mépris, celui d’avoir été pris pour une marionnette et manipulé, je le répète et persiste car c’est la pure vérité.

 

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