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La vie rapproche, la vie éloigne, donne et reprend…
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 Article publié le 22 avril 2018.

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  La vie rapproche, la vie éloigne, donne et reprend…

 Sur cette base, nous savons comment nous comporter et donner le meilleur et le plus louable de nos existences au service de l’humanité, afin de ne pas donner cours à cette civilisation parfaite mais artificielle, les élus, mais rester nous-mêmes, préserver notre belle Terre, éradiquer de concours entre tous les pays les guerres, la violence, et favoriser l’amour, l’amitié, le partage, la diversité, les comportements responsables, sans rivalité, tous unis pour avancer dans un monde sans cesse perfectible, où règnera le bonheur issu des dogmes autoproclamés par la nature, à des fins altruistes et grâce au génie génétique induit par cette dernière, dans un monde ou souffrance, tristesse, violence et destruction ne seront plus que des sujets d’études historiques sur l’atavisme, tandis que toute possibilité de domination par des entités favorisées ne sera plus possible, tout comme l’esclavage fut aboli au dix-huit et dix-neuvièmes siècles par des décrets et, même, que tous soient égaux dans la limite du possible, dans le respect de la biologie humaine, sur laquelle les expériences n’auront pour but que de favoriser le bien-être, le confort, le respect de la planète par les humains ainsi sensibilisés, et vivre enfin dans la paix et le bonheur…

 Le bonheur… Il est omniprésent dans nos vies, mais nous n’y prêtons pas assez d’attention, ne le cherchons pas là où il nous crève les yeux, nous plaignons de ne pas avoir de grosses possessions matérielles alors que nous avons les amis, la famille, mangeons à notre faim, sommes libres de nos faits et gestes dans une république certes contrôlée mais permissive, avons peu de possessions mais peu de soucis inhérents à ces dernières, la santé pour certains, l’amour aussi, alors que demandons-nous de plus ? Combien sont seuls, à la rue ou en situation précaire alors que nous avons nourriture et toit, sécurité ? Certes, on peut y opposer l’ambition d’acquérir plus de biens ostentatoires, comme des villas splendides, des voitures de sport prestigieuses, des vêtements coûteux, mais ils ne font pas partie de l’essentiel pour être heureux, et je ne jalouse nullement ces biens, mais je rêve en revanche d’être comblé par l’écriture en termes de renommée, de reconnaissance si l’on préfère, voire d’encouragement car je ne sais ce que je vaux dans l’absolu, et si possible d’en vivre, certes non pas comme un millionnaire, mais comme un passionné fou de cette discipline où la critique est aisée mais l’art est difficile, même si je sais que j’ai du talent –démontrez-moi le contraire- et que la difficulté se trouve plus dans le travail constant que dans la chance… La vie m’a donné le moyen d’exprimer mon art, mais aussi le courage, la ténacité à m’y tenir, car l’un ne va pas sans l’autre : « peu d’œuvres donne beaucoup d’amour-propre, beaucoup de travail donne infiniment de modestie » (Balzac).

 Je suis en partenariat avec mon éditeur qui abat une montagne de travail passionné, et j’en remercie infiniment les membres, car nous n’en sommes pas arrivés là où nous en sommes par hasard, mais bel et bien par acharnement, ténacité, avec du talent certes, mais avec beaucoup de travail, et nous savons rester modestes dans cette représentation artistique sans pour autant céder à la facilité des poncifs manichéens. Je suis fier que mon éditeur ait cru en moi, et ils m’ont beaucoup donné et me donnent beaucoup encore et pour longtemps j’espère, à travers ce partenariat qui tend à nous rapprocher de l’excellence, à tendre vers la perfection artistique, qui n’est qu’illusoire car tout est toujours perfectible, et beaucoup excellent en mon domaine, ont un talent exceptionnel, un style formidable, une faconde décapante, et je me garde bien de m’y comparer : disons que je fais de mon mieux dans mon genre, que je suis le seul à manier la langue comme je le fais, que j’ai un style singulier qui plaît ou ne plaît pas, sans ambivalence possible, et que je m’attire la sympathie des uns quand j’essuie les foudres des autres – mais tout de même, quel chemin parcouru, tant d’années passées à écrire avec ferveur, inlassablement, avec un doute perpétuel, une dizaine de lettres types de refus de la part d’éditeurs, et j’aurais cent fois pu abandonner, mais j’ai la constance en moi dans mon art, et je me suis juré de ne jamais arrêter de l’exercer qu’à ma mort…

 Oui, la vie rapproche, donc. Mais elle sépare aussi. Combien de fois ai-je négligé mes partenaires en sacrifiant la douceur d’un couple à l’acharnement littéraire sur l’autel de la littérature… Et puis la vie m’a repris l’amour dont j’étais l’objet, mais m’a donné en retour plein temps pour exercer mon talent avec force travail, et permis d’accéder à mon niveau actuel, de quelque façon qu’on le perçoive, car il va falloir désormais compter avec moi amis écrivains, même si votre condescendance est supérieure à votre talent…

 Oui, je suis corrosif, et ce en tout domaine, au quotidien, dans mon humour, ma tendresse, ma fierté, dans mon rapport aux autres, dans mon désespoir, et je ne me prends pas au sérieux, ce qui ne signifie pas que je me laisse aller, bien au contraire, car s’il est aisé d’avoir l’air suffisant, il l’est bien moins de prouver son talent…

 Le talent… Quel nom chimérique pour caractériser la facilité d’exercer une discipline, d’y être doué et d’en renforcer l’ampleur par un solide travail, également désigné comme un don, une force mystique dévolue à l’artiste par le divin ainsi réifié, supérieure à la moyenne, voire excellente, avec une telle grâce que l’artiste n’a jamais l’air de travailler : il exerce ce qu’il y a de meilleur en lui, et toute la magie qui en résulte repose sur une discipline de fer, mais le revers de la médaille est la vision des profanes quant aux artistes, qu’ils croient en vacances à longueur d’année, bohèmes, avec un exercice de ce postulat artistique extrêmement facile, quand il s’agit de tout le contraire. Pour arriver à l’excellence en son art, il lui faut sans cesse penser à son œuvre, nuit et jour, et même si on reste chez soi pour l’exercer, on assimile bien vite son propre cadre de vie à un atelier, un bureau, où l’on ne peut cesser son activité créatrice sans remords, d’où une discipline rigoureuse pour arriver à séparer loisirs et temps consacré à son art à domicile, mais la Muse ne prévient pas quand elle s’empare de l’artiste, de jour comme de nuit, lorsqu’il faut immédiatement s’y mettre sous peine de perdre de précieuses fulgurances, sublimer le réel en prose imaginaire avant d’en oublier les rouages mystérieux, et c’est ainsi que l’on peut appréhender le mode de vie de l’artiste sans cesse sur la brèche, toujours suspendu entre imaginaire et réalité, comme un funambule perché sur une corde au-dessus du vide, entre sécurité et danger, passion ardente et conscience accrue des dangers de son activité qui sont étroitement liés, dualité constante de tous ceux qui s’adonnent à leur passion, entre raison et folie, jusqu’à assimiler comme inhérente à sa propre existence cette troublante dysthymie…

 

 

 

 La nuit, le plaisir s’ensuit

 Un Don Antonio Churchill « Hecho a mano, « 58 Calle de Cuba, Republica Dominicana » en main, un bon « What else ? » et l’écriture font bon ménage, forment un trio suave, doucereux, et m’inspirent la saudade de lointains pays caribéens où ont été élaborés ces produits de dégustation, tandis que mes doigts parcourent le clavier ici, à Six-Fours où, mélancolique, j’en inhale et ingère les saveurs ; le silence est total, seul le tic-tac incessant de l’horloge égrène les secondes, les minutes, les heures, métronome du temps qui passe et s’inscrit sous l’influence de ma faconde en ces lignes que je me délecte d’inscrire sur la page blanche, et qui même si elles n’ont qu’un intérêt limité induisent l’état de paix auquel je me laisse aller ; ces petits plaisirs sont à ma vie ce dont l’écriture s’inspire, se métisse, prend la patine de la plus simple expression du plaisir. Il suffit parfois de simples accords pour écrire une mélodie, celle du bonheur qui, tant que le jour n’est pas levé, avant que le quotidien ne reprenne ses droits permet tous les espoirs, les plus fous comme les plus doux, et en moi bat le pouls de la création, se grave le sceau de l’imaginaire, et même si cela semble dérisoire j’en suis fort aise, car rien dans l’instant ne peut me faire plus plaisir que cette abondance de plaisirs sensuels, éphémères et par là-même subtils, qui attisent mon inspiration et m’emportent dans les contrées syntagmatiques de la littérature où je puise le distillat, l’infinitésimale saveur de l’originalité, des profondeurs de mon âme où sont sertis les joyaux lyriques qui sont à l’origine de cette inspiration.

 Bientôt le Havane s’éteindra, et le jour allumera le ciel bleu, transfert sublimatoire et symbolique de la vie qui vient, qui va, qui donne et qui reprend, et tourne comme un kaléidoscope métaphorique nourri d’analepses, de souvenirs savoureux, profonds comme la tripe du cigare, vaporeux et exquis comme sa fumée aromatique qui, comme les lignes en arabesques tournoient à vingt-quatre images par seconde, au gré de l’imagination de quiconque s’y plonge, voué aux plaisirs de l’existence…

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