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Des motivations profondes de l'écrivain
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 Article publié le 29 avril 2018.

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Elles sont aussi absconses que violentes, et motivent l’auteur à aller toujours explorer plus loin les méandres de l’âme humaine et des comportements inhérents à sa condition d’être mortel, de passage sur cette terre, qui souhaite laisser une trace de cette vie éphémère. Comme tout auteur, j’aspire à ne pas être reconnu à titre posthume, mais bel et bien de mon vivant, motivé par le dialogue avec mes lecteurs potentiels, et leur reconnaissance ou leur mépris. L’important est d’exister, de devenir acteur du monde littéraire, cette sphère tant convoitée des écrivains anonymes, et y apporter un second souffle, une prose vindicative envers les lieux communs qu’abrite la littérature et ses disciples réifiés, toujours les mêmes acteurs vissés au sommet, qui écrivent toujours avec leur plume mielleuse, qui n’est pas la mienne, engagée et revendicatrice d’une caste d’auteurs iconoclastes, car ne gagne-t-on pas à métisser les genres pour en faire d’inédits et singuliers romans, du genre que l’on ne trouve pas dans tous les rayons sous la même forme galvaudée, dans la catégorie des romans de société qui dévoilent un univers inhabituel dont je suis friand, qui marquera à jamais ses lecteurs, et les rendra inconditionnels de ce genre marginal, ou les rebutera, mais jamais ne les laissera indifférents : tout plutôt que l’oubli… Si l’on me demande pourquoi je n’écris pas de romans grand public édulcorés, je répondrai que dans la vie comme dans mon œuvre tout n’est pas toujours rose, loin de là, que la vie est un combat, et par extension pour le superflu, le confort, l’ostentatoire : j’ai choisi le combat car il concerne la majorité des êtres humains, qui se bat pour vivre jour après jour, et ce dans la majorité des cas ; les mieux dotés sont eux aussi en proie à leurs propres affres, car une fois passé le besoin vient l’envie, et qui a tout ce qu’il faut va chercher ailleurs ses loisirs, attiré par l’interdit où il trouve de quoi avoir des sensations fortes, légales ou illégales, obscur cocktail de dépassement de soi, d’autotest face aux peurs inhérentes au genre humain, et c’est là que j’interviens, et décris la noirceur des activités destinées à transgresser l’ordre établi, se mettre à l’épreuve dans des conditions excitantes et illégales, qui se trouvent au-delà de toute convenance : n’a-t-on pas, de tous temps et dans le monde entier, bravé les tabous, et tiré des décharges d’adrénaline à sortir de la norme, dans tous les domaines ? L’adultère, le vol, la drogue, la vitesse, le sexe sans tabou en sont des manifestations, tout simplement à cause de la monotonie d’une vie bien réglée, l’ennui qu’elle finit par générer et lisser les sensations quelles qu’elles soient, et l’humain finit toujours par avoir envie d’aller voir ce qui se passe derrière la transgression de ces domaines, que l’on devine à travers des livres, films, faits divers, et la curiosité l’emporte toujours, la chair est faible, l’âme curieuse, et le corps impérieux dicte et brave les interdits, en vue de ressentir le frisson de ce qui n’est qu’ouverture d’esprit dans un monde parallèle, en vue de repousser ses limites pour se divertir, se sentir libre du joug de la bien-pensante société, et en tirer enfin la substantifique liberté d’action et de pensée, pour vivre et libérer les fantasmes qui en tous pullulent, et exigent un lâcher prise, une acceptation de toute action marginale pour les réaliser – et enfin tester ses limites, savoir qui on est, ce que l’on vaut dans des conditions extrêmes, ce que ne permet pas la société régie par des lois, des interdits imposés pour que règne l’ordre, un formatage pour éviter l’anarchie et la remise en cause des valeurs républicaines auxquelles sont liés l’ennui, l’immobilisme, et enfin pour retrouver ses pulsions animales et les accepter sans cas de conscience, afin de se libérer du joug tyrannique de la bonne – et ennuyeuse- morale… Et après, me direz-vous ? N’est-il pas agréable de se conformer au troupeau, manger de la bonne herbe, dormir dans le foin frais ? Je répondrai et vous, que faites vous derrière votre clôture ? Où est votre liberté ? Elle a un prix inestimable, et je la préfère cent fois à votre confort de bête anesthésiée par une routine dévastatrice, à votre cerveau identique à tant d’autres, votre vie toute tracée, votre fin programmée puisque votre âme est déjà morte, entre les mains des médias, de la désinformation, et même vos désirs sont le fruit d’une programmation de masse, vos vêtements à la mode pour se conformer, vos vacances aux mêmes endroits, où vous vous retrouvez encore entre vous car la moindre faille dans l’effacement de votre personnalité pourrait vous révolter, et remettre le pouvoir établi en question, tous ces « fermiers » à la tête de l’enclos qu’est la France, vous soulever contre ce joug infâmant, cette liberté chérie qui n’est qu’illusion puisque vous ne changerez jamais de classe sociale, à moins que vous ne changiez de fourrage et que l’on vous distribue du cannabis légalement non pas pour vous faire plaisir, mais pour mieux vous contrôler et profiter de la manne financière comme celle de l’alcool et du tabac, qui peuvent tuer puisque la patente est payée, contrôlée, et les médecins auront à faire face à de nombreuses psychoses, à des suicides, de violentes décompensations, et la société sera métamorphosée, à nouveau contrôlée puisque ce qui était illégal dans la drogue était qu’elle finançait le crime organisé et ne rapportait rien à l’état, et qu’elle nourrira désormais l’armement, les guerres, le train de vie des élus de tous bords et fonctions, en même temps qu’elle asservira les âmes embrumées par le THC et entraînera une surconsommation, à nouveau contrôlées puisqu’elles n’auront plus à se mettre en situation d’illégalité, ce qui provoquera une crise chez les dealers et affaiblira leurs intermédiaires, voire les grossistes, de véritables parrains aux fortunes colossales dans des pays où ils sont intouchables, mais ne sauront plus quoi faire de leur drogue fabriquée désormais dans tous les pays… Et puis pourquoi, tant qu’on y est, ne pas légaliser toutes les drogues ? Il y aura tellement moins de retraites à payer dans le futur, et plus d’argent gagné par les hôpitaux psychiatriques et donc par l’état, et on peut même envisager des éliminations dissimulées en overdoses chez ceux qui inquiètent les pouvoirs publics, et cela ne choquera personne, et le troupeau sera alors bien, bien gardé par les loups de la République, ceux-là même qui hurlent dans les micros leurs lois iniques, adaptées aux chefs de meute qui le seront plus encore dans leurs tanières fiscales, et se serviront du troupeau paisible pour se nourrir à moindre coût, s’enrichiront davantage, et la guerre contre la contrebande se transformera en croisade politique à des fins interventionnistes dans les pays concernés, et le crime devra revoir sa copie, trouver un nouveau cheval de bataille, avec la collaboration éventuelle et secrète des gouvernements en place, pour un nouvel ordre mondial dominé par les plus puissants, ainsi renforcé par des alliances hégémoniques obscures pour les plébéiens du monde entier… De là au fameux « du pain et des jeux », il n’y aura qu’un pas…de loup.

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