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 Article publié le 3 juin 2018.

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Pourquoi avoir choisi la littérature trash comme terrain de prédilection ? Parce que je n’aime rien tant qu’explorer l’âme des plus torturés, domaine philosophique assez vaste pour en tirer matière à interpeller, non pour le plaisir, mais afin de mettre à jour les passions interlopes pour ceux qui n’en ont pas même la connaissance, et le sujet est vaste, réel, édifiant, terrifiant. Pourquoi ne pas dépeindre le bonheur de ces mêmes sujets ? Parce que rien ne les caractérise tant que leur appétence pour les situations, les sentiments sordides de luxure, de décadence sous l’effet de la drogue, de l’alcool, de substances chimiques maléfiques, destructrices comme l’est leur âme, en réponse à la banalisation des loisirs et autres centres d’intérêt dont ce milieu favorisé, la jeunesse dorée de tous pays, a fait le tour et s’en est blasée, à mesure qu’elle grandissait comme leur appétit pour les sensations fortes, qui ne prêtent pas à conséquence car l’argent coule à flots du robinet des parents millionnaires qui ne veulent que le bonheur de leurs enfants, à travers les billets verts dont ils sont le filigrane moralisateur, figures emblématiques de la catégorie des WASP (White Anglo-Saxon Protestant) dominante dans les quartiers favorisés, les familles très aisées, bourgeoises, dont les enfants jouent à se faire peur pour s’amuser, quitte à se salir ou salir les autres, ceci pour l’Amérique de L’ouest, la Californie, lieu de tous les vices, mon territoire de jeu préféré.

J’ai de tous temps préféré Bret Easton Ellis, Matthew Stokoe, Virginie Despentes aux bluettes sentimentales ou aux romans bien léchés, immaculés ou rien ne filtre de la noirceur humaine pourtant bien réelle, et il est prétentieux de l’ériger en modèle car il ne domine pas dans les générations perdues actuelles et passées, ainsi qu’à venir. Pourquoi ? On fait du mal à ceux qu’on aime, et on aime ceux qui nous font du mal ( ce n’est pas de moi), tuteur de la morale en vigueur chez ces jeunes adultes à la recherche de leur soi, quitte à emprunter les routes les moins reluisantes pour s’amuser, et finir dans une dead-end, invariablement, avec le sublime lustre de l’horreur pour qui n’est pas au fait des coutumes à la mode, lesquelles donnent lieu à des orgies de drogue, sexe et pop music sardanapalesques, chant du cygne de ces générations désabusées qui voient l’avenir sous son plus mauvais jour, et vivent la nuit pour être seuls ou en bande, libres de se détruire en s’enfonçant dans la fange des relations paroxystiques pour se prouver qu’ils existent, ce que ne leur apportent pas les relations mielleuses dont ils ont été abreuvés durant leur enfance parmi des parents trop absents, trop riches qui leur dispensaient le dollar roi au lieu de l’affection, jamais présents pour entendre leur détresse, et s’y noient pour oublier que rien, jamais plus rien ne sera pareil à l’avenir, que le passé est cramé, que leur âme est vouée aux paradis artificiels pour s’étourdir et ne plus penser qu’ils sont des anges perdus, enfants de Los Angeles, Lost Angels, chair à canon dans la fureur de vivre sont ils sont épris, autodestruction constructive de sensations inédites, puissantes, sans aucune possibilité de faire marche arrière d’avoir goûté la quintessence des trips qui leur donnent les sensations les plus fortes grâce à leurs rites malsains…

Mails il y a l’autre côté du miroir. Tous ces jeunes ont vécu une enfance heureuse, ou tout du moins comblée à coup de dollars pour pallier l’absence des parents, figure paternelle que le Benjamin Franklin roi roulé dans une narine pour aspirer la poudre d’ange, le crack, la coke, toutes ces substances inhalées dans le but de ressentir, enfin, des sensations fortes, parangon de leurs pantomimes destructrices, -tout simplement de vivre (intransitivement) -mais tellement enthousiasmantes ! Au cœur des collines où se trouvent les villas de millionnaires du Golden Triangle bat le pouls du mal, à coup de drogue, d’alcool, de partouzes échevelées sous leur influence, mais pour ces protagonistes en équilibre sur le fil qui domine la destruction rien ne saurait plus les distraire que ces cascades, ces défis jetés à la vie, pour le meilleur comme pour le pire, le toujours pire étant à la fois une fatalité, mais aussi et surtout un mode de vie, un lifestyle prisé par ces générations vouées à la perte de leur illusions pour jouir de la vie, ersatz de bonheur chimico-sentimental, où l’amitié est le ciment qui les entraîne toujours plus profond dans une délicieuse déchéance - je me détruis, donc je vis…

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