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De mon incompréhension de la femme
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 Article publié le 10 juin 2018.

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 Je ne connais pas le langage des femmes. Je ne les comprends pas. Si tel était le cas, nul doute que je ne serais plus célibataire. Cela a trop duré, on ne peut vivre en ermite sans en subir les multiples conséquences – solitude, manque d’affection, personne à qui se confier, avec qui partager les joies simples du quotidien… Je doute que ma réussite, s’il en est, solutionne mes problèmes sentimentaux et mon blocage face à ces dames toutes plus charmantes les unes que les autres. Quel dommage qu’elles n’agissent pas comme les hommes, qu’elles ne les abordent que rarement, la tâche étant dévolue aux hommes par je ne sais quelle règle inique –n’a-t-on pas voté la parité ? Cela supprime beaucoup d’occasions de faire des rencontres, car même si une femme me regarde à plusieurs reprises je n’y crois pas et ne tente rien : par peur de quoi ? D’être rejeté ? Et si on inversait le problème ? Les femmes ne sont-elles pas en majorité comme moi, attendant que l’autre fasse le premier pas ? Il est difficile de faire des rencontres lorsqu’on exerce une activité solitaire, et que l’on ne fréquente que rarement des endroits publics quels qu’ils soient, où je me suis à maintes reprises rongé les sangs, incapable d’aborder une femme en public – je suis très timide. Je crois que j’ai peur du qu’en-dira-t-on ? Ceci est un handicap, car combien de femmes célibataires seraient prêtes à accepter un rendez-vous avec moi, après échange d’un numéro de téléphone ? Il s’agit de conjectures, de plans sur la comète et si sur terre il y a quatre femmes pour un homme, « qui à pris ma part ? » et « moi, mon genre, c’est celles qui veulent… » (Patrick Timsit). Trêve de plaisanterie, j’ai droit comme tout le monde à une compagne, alors pourquoi suis-je seul depuis deux ans ? Peu de sorties, timidité, occasions manquées, sensation d’invisibilité aux yeux de ces belles lorsque je suis dans un groupe, ceci explique cela. Je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même, mais je fonctionne selon ce schéma depuis toujours, et ce sont toujours les femmes qui m’ont abordé, et je n’y croyais pas… Si seulement il était facile de décoder le regard, le langage et la gestuelle des femmes, j’en serais fort aise, car je sais tenir une conversation une fois en confiance, mais je n’ai que rarement, ces temps-ci, l’occasion d’en vérifier l’efficacité – à moins qu’un intermédiaire ne se charge d’initier la rencontre et fasse les présentations. Je crois que le fait de sortir beaucoup faciliterait les rencontres, tout d’abord en y gagnant en aise, et par conséquent en confiance en soi, ainsi qu’en fréquentant les mêmes bars, où le fait de voir régulièrement des femmes induirait une aisance, et par là-même une rencontre potentielle à force de se croiser, échanger quelques mots, puis quelques phrases, etc… Le jeu de la séduction est agréable, et « la vie est joueuse puisqu’elle sait compter les cartes, mais dans ma manche se cache un cinquième as) (Kyo), autrement dit j’ai plus d’un tour dans mon sac que je ne demande qu’à ouvrir mais, faute de destinataire, il reste bien fermé sur l’intérêt que l’on pourrait me porter : comment jouer seul le jeu de la séduction, si la femme ne s’y prête un minimum ? Le physique pèse beaucoup dans la balance, et je ne suis pas un « Alain Delon jeune homme », donc il faut qu’il y ait conversation pour qu’on découvre mon charme, mais peut-être fais-je fausse route. Je sens que ça va mal finir- ermitage, suicide social pour mettre fin à cette terrible souffrance, et ainsi aurai-je résolu mon cas de conscience prépondérant…

 Même dans des coins aussi reculés que l’Alaska, les trappeurs vivent en couple, avec leurs enfants, alors qu’ils n’ont pas vécu parmi la foule des grandes villes pour faire une belle rencontre, A moins que la promiscuité et le fait que tous se connaissent dans une petite ville ait favorisé un rapprochement… Que suis-je pour ne pas mériter les faveurs d’une compagne ? Un paria ? Un cas particulier ? Repoussant ? La vérité se trouve dans l’âme des femmes, qui gardent en elles leurs faiblesses pour un homme avec l’espoir que leur comportement équivoque, les signes d’intérêt marqués déclencheront la rencontre et davantage peut-être… Je vois des groupes de femmes seules, et me dis que je ne fais vraiment pas ce qu’il faut pour faire une rencontre car je suis seul, désespérément seul, et m’endors seul avec ma petite chatte le soir, heureux que les animaux soient fidèles, sans doute plus que les femmes car les animaux ne font de mal que lorsqu’ils meurent… J’ai vécu des histoires d’amour, et les ai gâchées, et je m’en mords les doigts aujourd’hui, conscient de ce que j’ai perdu, et de ce que je ne gagne pas à rester passif, jour après jour, face à la tentation offerte par ces dames, et leur compagnie prometteuse de moments d’allégresse, de tendresse, de sexualité, de rires, de projets qui sans elles ne peuvent prendre vie, comme se poser quelque part et fonder une famille, et laisser une trace de son passage dans les méandres de l’existence, pérenniser son nom, son sang, son souvenir en ceux qui restent, dans la société que l’on quitte à sa mort, ce dont le solitaire est privé s’il reste à l’écart, qualifié de marginal, incompris, amer, inutile aux autres, égoïste, et devient farouche, et la boucle est bouclée, le contact ne se fait pas, et se fera de moins en moins à mesure qu’il prendra des habitudes de « vieux garçon » comme on dit, image très peu attirante et valorisante auprès de ses semblables à son grand dam, et le maintient à l’écart de toute vie sociale nécessaire au déroulement d’une existence comblée… Voilà. La messe est dite, j’ai intérêt à avoir de la chance ou vivre un évènement providentiel, car si je compte sur moi-même je mourrai dans l’anonymat, oublié de tous après une longue déréliction…

 Tout ceci à cause de mon inexpérience, de mon manque de confiance en soi, de préjugés irraisonnés, de croyances erronées dont j’ai du mal à m’extraire pour que de chrysalide je devienne papillon, et prenne mon envol et ma place dans la nature providentielle – la société, métaphoriquement parlant, alors que la réalité nue est ma crainte maladive des femmes, de leur refus potentiel, qui me fait subir une mise à l’écart par un conditionnement négatif et nihiliste, et par conséquent renforce mon incompréhension des femmes, et ainsi de suite – mais que puis-je y faire ? « Je suis comme je suis, j’aime comme j’aime, même si j’en paye le prix » (Pascal Obispo).

 Alors, qu’en conclure ? Je serai bref : j’ai intérêt à me bouger si je ne veux pas subir les inconvénients susmentionnés, et finir dans un trou sans personne pour y assister, partir de la même manière que j’ai vécu : dans l’anonymat, sans personne pour me regretter – avec toutefois l’espoir infini que cette situation se débloque bien avant ce triste épisode, car j’ai beaucoup de choses à vivre dans l’absolu, et souhaite faire mienne la locution latine issue d’un poème de Horace « Carpe Diem », soit « cueille le jour présent sans te soucier du lendemain » : Ok, mais il y a du boulot quand même…

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