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 Article publié le 25 novembre 2018.

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" Si la séduction peut être un art, c’est avant tout un état d’esprit " . S.P

Si la figure du séducteur ou grand séducteur traverse le temps et se métamorphose selon les époques, c’est sans doute parce que cette approche masculine est avant tout une philosophie.
Oui, la séduction est profondément ancrée dans le cortex, de manière plus ou moins consciente.
Le grand séducteur, d’ailleurs, n’est-il pas celui dont la seule statique suscite la réaction ?
Le domaine de l’art s’est largement emparé de ce personnage.
Son trait principal oscille entre conquête et distraction. Oui, séduire signifie conjointement posséder et jouer.
L’approche rationnelle du personnage peut avancer plusieurs paramètres.
Si Don Juan séduit, conquiert, se lasse et repart à la conquête de, c’est par satisfaction narcissique, le nombre étant l’élément principal, l’élément unique. Si Don Juan repart sans cesse, c’est probablement parce que sa curiosité est insatiable, consciente que chaque femme, chaque créature est un continent. Géographie des sens ... Si Don Juan est toujours dans le mouvement, c’est aussi parce que l’empire ses sens connaît son essence, à savoir l’extrême mobilité du désir. Si Don Juan est si mobile, c’est peut-être parce que la séduction est le passe-temps noble par excellence, irremplaçable. Si Don Juan ne craint ni le nombre ni la débauche d’énergie nécessaires à la conquête, c’est, enfin, parce qu’il cherche inlassablement l’unique, la seule, celle qui, en quelque sorte, incarne la fusion entre fantasme et réalité.
Valmont en est sans doute l’illustre exemple. Ce professionnel de la séduction, au cynisme sans fin, se voit interrompu dans sa course effrénée, par l’inattendue ... par le royaume de Madame de Tourvel qui lui est grand ouvert. Et dans lequel il peut vivre en toute quiétude, ayant en quelque sorte déposé les armes. Par une belle ironie de l’histoire, Madame de Tourvel n’incarne-t-elle pas la conquête suprême ?
Ecrire sur le mythe ne suffit pas à s’en éloigner, comme le démontre Albert Camus dans " Le Mythe de Sisyphe " . L’écrivain, séducteur naturel, tente de lutter, en vain semble-t-il, contre les tentations. Elles sont multiples tout au long de son parcours, et la notoriété ne fait qu’amplifier la puissance d’une attraction naturelle ...
Casanova, quant à lui, en fait son principal passe-temps, une activité qu’il considère avec une grande légèreté et qui ne l’ennuie jamais : ce conteur sait narrer les épisodes amoureux qu’il a créés, alternant entre tragédie et comédie. Pour Casanova, séduire, c’est vivre.
Si le résultat est toujours le même, les moyens diffèrent. Oui, il y a plusieurs figures de Don Juan. Plusieurs approches. Elles sont peut-être infinies, posant avec acuité la problématique de la cohabitation entre amour et liberté ...

 

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