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Ballade du temps qui passe et autres poèmes
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 Article publié le 12 juillet 2007.

oOo

Un jour,
Le temps se figera.
Non pour s’en aller plus loin,
Mais parce qu’il aura
Comme tout le monde,
Le besoin de souffler
Un peu...

Vous savez,
Ce moment spécial
Pour penser un peu à soi
Et que l’on ne prend jamais...

Et bien, lui le prendra !

Il décidera, une fois pour toutes,
Qu’il lui est nécessaire
Sans doute même, vital
De se ressourcer !

Et il mettra donc
Les choses en suspens :

Cela demandera peut être
Un petit instant de ré-organisation,
Quelques souvenirs épars
A reclasser
S’ils ne trouvent plus leur place
En son grand agenda...

Pensez ! Depuis sa prime enfance,
Il en a noirci, des pages !
Car il a tout noté,
Tel un écolier zélé
Pour ne rien oublier...

Enfin, bref ! Il mettra
De l’ordre dans ses affaires,
Avant de prendre la clé des champs,
Tout heureux de sa liberté retrouvée !

* * * * * * *
Et que deviendrons-nous, à cet instant précis ?
Eh bien, rien de particulier :

Nous aurons simplement
Comme qui dirait,
L’éternité pour y penser,
Et surtout...

Pour nous en accommoder !

oOo

BALLADE DU TEMPS QUI PASSE

L’oiseau célèbre la fin de la nuit,
L’aurore est là, qui dit à la lumière :
- Exile-toi de ce voile obscurci,
Reviens à nous et entends ma prière.
Le nouveau-né, blotti contre sa mère
S’épanouit, se forge un caractère,
Et ce nouvel enfant, dont l’âme claire
Etait hier, étoile en son levant,
Choit... Puis apprend amour, haine ou misère,
Selon le lieu, ou selon le moment.

Fine alouette exulte en tireli.
Vivante flèche en son aile légère,
Cherche midi ; elle aime, chante et rit.
Mille rayons irisent l’ atmosphère,
Mille refrains jaillissent de la pierre...
Livre sacré de la Vie entrouvert,
L’homme adulte découvre le mystère
Des cœurs unis, qui s’en vont grappillant
En leur été, le bonheur éphémère,
Selon le lieu, ou selon le moment.

Le vieux hibou au lourd sourcil garni
Allume au soir le feu crépusculaire
De l’astre mort, qui revient et qui luit.
- Déjà, dit le vieil homme à l’âme fière...
La nuit s’en est venue sans bruit. Hier
Encor, j’ étais amant, flamme solaire,
Et me voici en la saison amère...
Vraiment ! Je n’ai point vu passer le Temps !
Toujours, ressens amour ou bien colère
Selon le lieu, ou selon le moment.

A Vous ici, qui lirez en ces vers :
Fuite du Temps, de l’Hier à l’Hiver,
Cherchez l’heureux et fugitif instant :
Savourez-le, devenez-en trouvère,
Selon le lieu, ou selon le moment.

oOo

Au sable des dunes,
Il n’est que le vent
Pour griser l’écume
Sur fond d’océan.

Sablier de verre,
Ivresse du vent
Jouant sur ses terres,
Prince du Levant.

Au frisson d’écume,
Il n’est que folie
Visiteur diurne
A vague alanguie

Sablier de verre,
Ivresse en oubli
Fileur de lumière,
Lapis-lazuli.

Et pour le rivage
Il n’est que le temps
Laissant un sillage
Sur le sable blanc.

Sablier de verre
Ivresse du temps
Illusion dernière
Prince du Couchant.

oOo

Le temps s’en est enfui
Des premières amours
Et s’il erre depuis
Tel un fleuve au long cours,

Il ne reste plus rien
Des rimes, des je t’aime,
Des instants de chagrin,
Juste un petit poème

Qui s’en vient
Et sourit
A l’aube d’un matin,
Qui s’en va
Puis s’oublie,
A l’aune d’un refrain.

oOo

Ne cherchez pas, ne cherchez plus
Pourquoi nos vies se sont perdues,
Pourquoi la nuit s’enfuit toujours
Comme le goût de nos amours

Ne cherchez pas, ne cherchez plus
Comment nos rires se sont tus,
Comment nos pas se sont perdus
Entre nos êtres et un toujours !

Il manquait un rêve de plus,
Il manquait un hymne à la vie
Et le ciel s’était engourdi
A nous faire une grise mine,
Il manquait un rire de plus,
Il manquait un rêve à demi
Pour que les jours nous soient comptés
Auprès de ce temps qui s’étire,

Peau de chagrin...

* * *

Ne cherchez pas, ne cherchez plus
Comment nos cœurs se sont perdus,
Comment nos mots se sont brouillés
Comme larmes au goût salé

Ne cherchez pas, ne cherchez plus
Pourquoi nos pas se sont perdus,
Pourquoi notre histoire d’amour
A soudain vu la fin du jour !

Il manquait un rêve de plus,
Il manquait la force d’un cri
Et le ciel s’était assombri
En nous dardant de sa pluie fine,
Il manquait un rire de plus,
Il manquait un rêve à demi
Pour que l’espoir nous soit donné
Après ce feu passionné

Qui s’est éteint.


 

 

 

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