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 Article publié le 1er mars 2019.

oOo

 

Quelle page en échange d’une Constitution ?

La voluminis ne se vend plus aussi bien

Que naguère. Et l’homme qui parlait ainsi

A laissé sur place une impression de haine

Sans qu’on sache pourtant de quoi il parlait

Exactement (vécu sur un rond-point sous la

Bâche bleue des palettes et le fumet espagnol

D’une omelette) Ceci ou cela sans choix

Ni préférence. Le poème traversera la rue

À ses risques et périls. Le parlement

A toujours l’air d’une église. Cet homme

Venu de nulle part. Le liber n’étonnera

Plus personne. Fusées des langues

Alors que la tramontane rougissait les visages

Crispés par les contenus tweetés. Anything.

 

A fashionable grocery list. Ou autre chose.

Vous choisirez ou pas. Selon saint Frusquin.

Saint Glinglin ou sainte Nitouche. Au choix.

Ou au hasard. La route étant tracée depuis

Longtemps, vous ne risquez pas de vous perdre :

Ça parle aux sens. Et vous n’en manquez pas

Ô yourself ! Pas de voyage sans retour ici.

Vous emportez qui vous voulez : femme,

Homme, enfant, chien d’enfer ou de paradis

Le billet s’extrait de la machine à l’imprimer.

 

Quelle ode ! Quelle poésie ô troubadour !

Et toi trouvère en Île-de-France ? Marie

Roget dans les copies d’écran de l’époque.

Ce diable d’homme a tout changé. Ici !

Je n’en demande pas tant, cholera !

Arman infligeant de justes corrections

Aux erreurs de passage. « Quel est

L’antonyme de anything dans votre putain

De langue ! » Ce n’est pas rien… La question

Reste posée. Tribunal des traductions en cours.

La clarté ? Je dis ça comme ça… Le marin

À la pipe toujours chaude. Un coutelas

Bien aiguisé. Pour ne pas tuer son hôte ?

 

Quel aède ! Ou rhapsode peut-être…

S’il n’y a pas de chemin où va-t-on… ?

Et si c’est un chemin même question.

 

Item, mes chausses au maire de mon village.

Avec chaussettes et chaudement, tout.

L’odeur des pieds colle de Chine /

Pourquoi Rimbaud raisonne-t-il l’été ?

J’ai rencontré (sur la route) le frais cresson

Tignasse des pauvres sous le béret.

Camerone en marge « Mais enfin !

Que voulez-vous dire ? » Par là

Ou autrement. Les choses qu’on ne

Possèdera pas. Cette tranquillité

De luxe. Les corps qui n’attendent plus

Au moins pendant ce temps. Il me dit

« Ma tête me tourne… » Le « me »

Typique de ces constructions locales

À même le Verbe tant cité ici. Anything.

 

Anything veut dire je t’aime / pas toujours

Je veux dire pas tout le temps / toi

Ou un(e) autre — à même cette terre

Qui appartient à tout le monde / volée

Par les « patriotes » dont le seul tombeau

Est celui d’un inconnu qui n’aimait pas la guerre

(Ne dites pas le contraire j’ai ouvert

Cette tombe dans la nuit parisienne

Et on a eu une discussion « franche »

Comme deux hommes politiques Duprey

Se livrant à ce qui ne peut plus être considéré

Comme folie / passagère ou autrement /

 

L’esprit a besoin des marges schizophréniques.

Sans l’outil paranoïaque il n’est plus rien.

Mais la connerie, Barbara ? As-tu songé

(avec moi) femme qu’on prend pour un homme

À l’impact de la connerie sur l’état des sciences

Et de la philosophie ? Sans la mathématique

Mais avec art / Destruction de tout le passé

Par intoxication collective. Dehors le ciel est gris

Aujourd’hui « Bois de chauffage pour les pauvres »

 

Vous n’aurez rien de ce que je laisse aux autres.

Dit le clodo qui a vécu le combat comme une guerre.

Poison dans l’air du temps. L’idée même d’humanisme

Est morte sur le seuil avant d’entrer en jeu. « Dieu

Le sait. » Moi je ne sais rien que tu ne sais pas toi-même.

 

Voyez un peu le moraliste / ses caractères tracés

Dans une idée de la langue qui ne sera jamais

Celle de tout le monde. Visiter les poubelles

Est encore une occupation digne d’un poète.

L’arrogant fait la moue / trobar / morgar /

Et le rossignol s’envoie en l’air dans ses branches.

Doigts légers d’une fille « qui n’a pas l’âge

Selon nos critères modernes » Pourtant la caresse

Retrouve le même langage / « je vous emmerde ! »

 

Mon chien ne suit plus. Ce que j’ai perdu non plus.

Je n’ai même plus le goût de la crasse. Chose.

Cosa cualquiera. Ramasseur de comètes après

Les festins. Vous n’aurez rien de moi. Rientout.

On ne passe pas d’une langue à l’autre sans

En payer le prix. Mais avez-vous payé ? JE.

 

Rientout. On en « ramasse à la pelle » ici.

Quel riche pays ! Celui qu’on fuit. Investir

Oui mais ailleurs. Ou les piscines inspirent

Les joies de la noyade. Mais l’esprit colonial

N’est plus ce qu’il était, n’est-ce pas, Tutur ?

Crapaud des rives. Une femme-pont enjambe

Cette eau que tu ne saurais boire même si

L’occasion t’en était donnée. Pourquoi

Cet attachement à l’accord du participe passé

Avec avoir ? Être… bon. Mais avoir… ?

 

Vous n’aurez pas ce qui nous appartient !

On l’a assez cher payé. Des générations.

Des morts. Une colonne à Paris. Que de noms

Gravés dans la mémoire ! Sans visages, sans rien.

Conneries de politiciens et de crasseux du tympan.

Mes graffiti. Je n’aime pas les murs. Perpendiculaires

Des trottoirs empruntés pour sortir de là !

Une fenêtre plus ouverte que les autres.

Ses pots de fleurs et de plantes grasses.

Le rideau crocheté. Et ce visage qui

N’en est plus un / rapiécé / qui se veut

Aimable ou importuné / selon la fenêtre

Que le trottoir propose à l’esprit en quête

De quelque chose qui ne soit pas propriété.

Dire que dans ce pays on est patron de soi-même,

De sa propre image et de ce que les autres en font…

 

Vous n’aurez pas mon bison séminole, Rientout !

J’ai beaucoup voyagé pour le trouver enfin.

Contrée caressée par les eaux. Des voilures de vent.

Promesse d’un bon moment à passer avec la marine.

J’ai jeté ma ligne dans ces vagues jaunes comme vos gilets.

Éjaculation tonitruante. Ça, je le donne aux enfants

Que je n’ai pas été faute de connaissance de la douleur.

 

Crissement des bois contre le parapet.

Ta jambe effleurant les jambes au marché.

Nu sous le blanc de l’uniforme tropical.

Cheveux crépus de la vérité. Cueillie.

 

Jetez vos notes et ne coupez pas. Ne pliez pas.

Ne hiérarchisez pas. Laissez le vent agir.

Rossignol des chants d’été. Piaillements.

 

N’écoutez pas les présidents surtout s’ils sont élus.

 

Que le hasard nous guide et lui seul !

 

La nuit c’est fait (par qui ?) pour dormir.

« On a deux oreilles pour ça ! » Au matin

Frais et titillant l’esprit la queue en l’air

Ou pissant le sang Voici l’être et l’avoir !

 

Ne laissez pas le haïku troubler le contenu de votre verre !

 

« Il faudrait vivre sans autres contraintes… »

Laissez les autres vous alimenter du nécessaire.

Le conseil était tombé dans l’oreille d’un sourd.

Je n’avais pas « l’âge ». Je n’aime pas l’humanité

À ce point ! Le migrant n’a pas d’autre projet

Que de se sédentariser. La terre est à lui

Plus qu’au patriote qui n’invoque que la force

Constitutive de son contrat social. Comment

Être (devenir) juste dans ces conditions ? JE.

 

Personne ne ment aussi bien qu’un élu /

Élu par ceux qui mentent aussi bien que lui.

 

Le clavier universel sur les genoux et l’écran

En face de soi / le dos bien calé dans le coussin /

Qu’est-ce que c’est que ces promenades dans la campagne ?

Pendant que maman et la frangine se cassent le dos

À retourner herbe et terre pour nourrir la famille.

Un faune tout nu traverse le musée des révoltes.

 

Là, maintenant, sans dictionnaire et sans ministère !

Arcbouté dans le fauteuil ancien. Toute la boue

D’une existence qui s’achève sans reconnaissance

Officielle. Commerce foutu d’avance. Tu n’amuses

Personne. Tu vieillis comme les armoires. La laine

Te tient chaud à défaut de bois. Dehors bien sûr

Le ciel le bleu le gris les merles géométriques Que

Veux-tu dire par là ? J’aimerais tellement te comprendre /

Te répondre / t’aimer comme je m’aime / les clochers

Des églises voisines comme astrolabe / pérou

Des vieux. L’or n’a pas peuplé ton imagination.

 

Quelle est cette ville que je ne connais pas ?

On s’y comporte comme dans toutes les villes.

Où est le rythme de leurs pas ? Caminante  !

J’aimerais tant savoir de quoi tu parles…

 

Clochers de saint Glinglin ou de saint Frusquin.

Les saints et les seins. Assomptions et ascensions.

Tout ce qui monte redescendra un jour. Gravité.

Les visages devant la mort. Portrait de l’humain.

Et les champs couverts de verglas en mottes.

Alouettes des miroirs. Au passage tu salues

Et on te reconnaît. Café des guéridons et des chaises.

Mais qu’est-ce que c’est que cette réalité de cinéma ?

 

Item la lessive que je n’ai jamais faite / son eau

Blanche comme le lait qui coule des lavoirs.

Il n’y a pas d’autre écriture. Je le sais

Depuis si longtemps que je n’ai pas d’autre enfant

À nourrir de mon travail. J’aime ce qui s’approche

De rien et ne crois pas qu’il existe un tout.

 

Quelle douce anarchie que celle de la paresse !

Loin des ministères et des conseils d’administration.

Peut-être à fleur des vitrines mais sans jalousie.

Un beau corps refleurit ces déserts. Le sais-tu ?

 

Allées et venues comme odyssée villageoise. Ceci.

Rencontres diverses de bavards qui ne croient pas

Un mot de ce qu’ils se racontent sous le patronage

Des gouvernements. Engeance type à insérer

Au cœur du Poème. Euréka ! Les culs

Qu’on ne sodomisera pas. « Et j’en passe ! »

 

Jiggs devant la vitrine. L’accessoire. Aux pieds.

« Peut-être ne les chaussera-t-il jamais. Je dis

Ça comme ça… » L’écart (grand) entre l’expression

Et ce que ce type pense : juste. Encore une manière

De se sérialiser. Ne pas suivre. Crier de joie chaque fois

Qu’un flic tombe le nez par terre. Je donne mon sang

Au député de ma circonscription. Relique en tube.

À usage interne. « Il n’en soufflera mot. » Sortant

Dans cette rue que je connais bien : ces passants

Que je connais trop. Au passage un ou deux.

Pas plus. Écrasés comme punaises sur la page.

« Je n’en connais même pas le champ… » La

Marseillaise vomie dans la rigole où s’époumone

Un poivrot libertaire. Grand-écart du héros

Fonctionnarisé. À la fenêtre ce visage rapiécé.

Moi dans x années = je suis déjà mort / ici

 

« Nous connaîtrons enfin une poésie

Sans musique et sans peinture

Nous aurons la besace et l’animal sauf

Ce bison séminole ramené avec d’autres

Bagages.

Sans musique et sans peinture

Le cigare au bec et le paradiso au cul »

 

Vous reviendrez de la guerre sans trophées.

Les uns marcheront devant et les autres

Derrière comme des chiens d’enfer / ici

 

Ne pas poursuivre les idées dans le champ

Du possible. Anything conçu comme ceci

Ou cela : impossible choix rendu impossible

Par la seule hésitation : les nerfs à bout.

 

Pas de poésie dans le poème. Déblais

Même si le ciel vaut le coup d’être vécu.

Laissez aller votre regard-cerveau sur la page.

 

Le champ annoté jusqu’à l’illisible. Crasse

Des tympans. Usure des choses au contact

Des foules endimanchées. Ces signes

Dans les ciels des cartes postales. Voyage

Interrompu par une mauvaise nouvelle.

L’être humain n’existe que par comparaison.

 

« Qu’est-ce que je fous ici ? » répétait-il.

Pourquoi cette machine à écrire / ici ?

Les doigts de fées de la main de Fatima.

Le jeu de poker des cartes postales /

Moi ? Difficile à déchiffrer ? Vous rigolez !

Je me fond dans la foule et dans ses idées.

Je ne suis personne en particulier et

J’emmerde celui ou celle qui accepte

D’être élu / mon chien commençait

À donner des signes de colère / ici

Avec cette poésie de la chose familière.

J’ai toujours connu ça : l’habitude / ici

 

J’ai mis en vente mon bison séminole.

L’Oklahoma est ma terre. J’en vends aussi.

Je récupère les pots bonne maman

Avec couvercle svp et sans étiquette

Ni traces de colle / je déteste ces traces

Si difficiles à enlever / veuillez patienter

Pendant la criée ô mes frères / patienter…

 

Ah ! les joliesses de ces vers nouveaux !

On en reprend chaque fois. On y trouve

Déjà cet anything qui parle tant aux poètes

En mal d’inspiration ou d’écriture / choix

Toujours à la mode / la pensée en coulures

Denses sous les couvercles de l’automne.

 

La risette des élus à l’enfant qui bégaie.

« Je ne fais que passer. Poussez-vous ! »

Nous aurons des vers jusque dans les trous !

Graphomanies des absences. Toute la cité

En feu. Commerces vitrés et affiches numériques.

Quelle ballade ! Quelle féerie aux carrefours !

L’enfant écrasé par erreur ou par malchance

Ne crie plus. Tant mieux ! On en avait marre

De l’entendre. Oh ! comme il a changé, Bob !

 

Merveilleux de ces attentes pourtant ordinaires.

La trace d’enfant s’efface avec le temps.

On n’y revient jamais même en pépère.

Des lunes qu’on ne s’était plus adressé la parole.

Et pourtant on se connaît bien. Banalité

Ou anything. Je n’ai pas encore choisi.

« Vous n’aurez jamais le temps de les sodomiser tous… »

Le temps, non. Mais le rêve ? Songez au rêve,

Mes belles amoureuses. Trompeuses enfants

De la conservation de l’espèce. Maintenant

Que nous en savons un peu plus sur l’Évolution.

Ce que l’Histoire fait subir à la Connaissance.

Une île au beau milieu de la rivière. Oiseaux

Des monuments. Les noms qui s’étagent

Selon les dates clés ce cette autre évolution.

Un bison séminole se foutait de la gueule

De la statue au grand dam des sectateurs

Velus. Vercingétorix humilié par le Romain.

Puis salement assassiné dans son oubliette.

 

Je ne serais jamais là au bon moment.

Je vis devant ma télé. Je zappe. Je m’instruis.

J’ai mon idée. Et c’est la vôtre. Battre / ici

 

L’autre agitait un drapeau orange-noir-vert.

Il est passé à la télé. Ça aurait pu être moi.

 

Elle a voulu mourir d’angoisse dans un puits

Assez étroit pour rendre difficile voire impossible

Le sauvetage de sa sale peau de sycophante.

Ne parlez jamais en présence de vos partisans.

Dites autre chose. Et faites-vous élire. Le bison

Séminole arrivait en camionnette. Le lieu saint

Du sacrifice était fin prêt. Vous n’aurez pas, disais-je,

Les territoires de mes racines. Et le puits, ignoble,

S’est refermé alors que le pompier-médecin

Venait d’empoigner sa douce main d’argile.

Je remonte toujours sans cette main, Christ

Et Vierge à la fois. D’en haut, le trou n’est pas

Un trou : ce n’est rien qu’un champ à ruminants.

[...suite]

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