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 Article publié le 23 juin 2019.

oOo

ACTOR : Ils élevèrent un enfant

Et le nommèrent Actor.

Il ne connut pas ce qu’ils savaient.

Et il devint poète.

Du moins imaginèrent-ils

Qu’il l’était.

Que savait-il lui-même

Du poème et de la poésie ?

Certaines fois, ce qu’il écrivait

Avait bien l’air d’être

De la poésie

Et d’autres fois,

On n’en était plus aussi sûr.

Cela dura des années.

Actor ne connut pas le monde.

Il ne savait rien de nous,

Mais à peu près tout

De ses pères.

Nous ne le connaissions pas nous-mêmes.

Nous avions connaissance

De cette expérience,

Nous souciant peu d’ailleurs

De savoir si Actor

Était heureux ou pas

Ni s’il connaîtrait un jour

L’amour / D’ailleurs…

Laquelle d’entre nous ?

Ou : comme disaient nos pères :

Laquelle d’entre elles ?

Mais il n’en était pas encore

Question.

Le sujet est le suivant :

Imaginez la suite

De cette fable

En nous regardant

Danser toute nue

Devant vous.

 

« jamais je n’oublierai ce personnage expérimental… »

J’ai inventé deux personnages :

Gor Ur et Actor.

Vous ne choisirez pas.

Dites « A » pendant

Autant de temps

Que vos poumons

(proportionnellement)

Contiennent d’oxygène.

Un sou ancien

Pour la petite souris.

« est-ce ce que vous entendez pas poème ?

Il y en avait partout et j’en ai profité :

Voilà : le petit poème est terminé.

 

Et vous en avez dit beaucoup de choses !

C’est une poésie compatible avec l’exercice

(tout aussi complet) d’une autre profession :

C’est bien pratique comme poésie : américaine.

Je ne trouve pas d’autres mots / pourtant

J’en connais, des mots : de toutes sortes.

Deux professions en une ? Ma foi c’est :

Possible / je m’en vais y réfléchir pensant :

Comme je suis heureux de vous connaître !

Et on se serre la main sur ces bonnes paroles

Qui nous rapprochent encore de notre seigneur

 

Parlez sans voix.

Réfléchissez sans y penser.

Tuez vos cadavres.

Ressuscitez vos morts.

 

Ou faites-les revenir au monde

Par une opération du saint esprit.

 

Vous ne rencontrerez personne

Si vous vous entêtez à considérer

Que toute connaissance doit entrer

Dans le poème (ou texte) en cours.

Les oiseaux sont si durs d’oreille !

Ne leur expliquez rien : oubliez

Pourquoi vous êtes venus et

Prenez la vie comme elle vient

Elle aussi : car elle vient, poète…

 

Le poète coincé dans son triangle

j’expliquais ça à Actor en âge

De comprendre que j’en savais

Plus que lui sur ce sujet

[bref]

 : image, musique, idée / à quoi

Il ajouta : récit et je fus d’accord

Avec lui pour oublier ça !

 

« Dire qu’il va falloir partager les repas

Avec des étrangers à mon propre monde :

Je ne sais pas si je vais supporter ça… »

 

Se précipiter à la fin :

La tentation est forte.

On tient moins à soi avec l’âge.

 

Mais la vie trop incomplètement découverte.

La jonction avec le futur / ces êtres encore

Possibles mais pas jetés avec les dés du bain.

 

Comment ne pas y penser ? Qui hors la peur

N’hésite pas à la dernière seconde ? Qui de toi

Ou de moi, voisin ? Je regardais les merles noirs

 

Plonger leurs becs jaunes dans les sillons de ta

Terre natale / le cœur pétrifié au moment d’aimer.

De qui es-tu la femme ? La couleuvre prépare son

 

Nid sous l’escalier / « il tombera toujours des étoiles

Dans nos jardins, fiston » / si le poème ne s’infantilise

Pas : qui redeviendra petit enfant ? Les merles silencieux

 

Sous le regard des corbeaux bruyant comme des usines.

« je n’ai jamais autant aimé la vie, mais : vois-tu : il faut

Se préparer un jour ou l’autre : étrange voyage… jamais

 

Je ne me suis senti aussi près de la mer : la plage ou

Le quai / et tous ces témoins qui m’oublieront demain :

Redondance de la terreur / j’ai besoin de ce mot :

 

Demain / comme tu as encore besoin de moi, ma

Trace / et voici le temps où mon voisin

Dans son jardin

Fait irruption

Hache à la main

Pour faire fuir

Ces oiseaux noirs.

Nevermore : tu ne sais rien dire d’autre.

 

Entre demain et justice

Le choix est vite fait

Quand le temps est compté

Sans autre précision.

 

Allons voir si les bêtes sont heureuses.

Ou suivons le mouvement à l’intérieur

De ces couloirs interminables

Où il est rarement question de trouver la mort.

Le poitrail ouvert

Et séparé de son (ou sa) propriétaire

Sur le plancher du wagon.

« La question n’est plus de savoir

Si c’est poétique,

Mais de trouver

Ce qui ne l’est pas

Dans cette complexité

Jamais absurde

Que dans l’esprit

Des paresseux. »

 

Nos bêtes sans qui (lesquelles)

Nous ne serions pas

Ce que nous sommes.

Toi et moi & les autres.

 

« J’ai bien reçu votre invitation…

Je souhaite à votre fille

Tout le bonheur que je n’ai pas trouvé

En me conformant à cette tradition

Qui s’ajoute à la mort et à la religion

Pour tourmenter l’esprit des philosophes,

Des poètes et même des savants. »

 

« jamais je ne me suis sentie aussi inutile.

J’ai erré toute la soirée de table en table sans

Parvenir à m’intéresser à une conversation.

Je n’écoute plus comme j’ai su écouter

Du temps où je fréquentais votre cercle.

Ne cherchez plus à me ramener à la maison,

S’il vous plaît / et prions le Seigneur pour qu’Il… »

 

Jamais aussi près de Vous […]

« ou complètement à côté de la plaque… »

Changez de chaussettes

Si le cuir vous fait mal.

« Plus loin que cet arbre, dites-vous… ? »

Les nécessités de la page maintenant multipliée

À l’infini « c’est bien parce que c’est vous… »

Épuisez les ressources du Bien

Avant de vous mettre à chercher

Autre chose que la propriété.

« Vous n’irez jamais aussi loin… ils abandonnent

tous… à un moment ou à un autre : tous ! »

Je ne sais pas jusqu’où je suis allé /

J’ai perdu la trace /

Quand ? /

Je ne me souviens même pas

De cet instant /

En admettant que ce fut

Un instant /

 

Sin(ceri)tas / le pauvre bougre examinant les possibilités /

So much talk of the language — when there are no ears.

/ d’au moins une strophe à partir de ça :

ceri (série)

sintas (cintas)

Comme si ça pouvait le mener quelque part.

Mais s’obstinant sans voir qu’autour de lui :

Ce n’était pas le Monde qui changeait

Mais ce qu’il était devenu :

Un exégète de sa propre folie /

Si on peut appeler ça folie :

Peut-être n’est-ce après tout

Que sagesse mais sur un autre plan

Que celui de la réalité de tous les

JOURS.

 

L’Héméron  : non pas journal mais poème

(présence de Mallarmé dans cet ensemble)

« insistez sur le mot ensemble / à la craie

Sur les murs de sa chambre

Alors qu’il entrait dans son adolescence /

Hemerón et Actor entrant dans ce théâtre

Conçu comme tragédie des comédiens :

« vous n’interpréterez que votre propre rôle

(papel) et vous épouserez les ondes provoquées

Par cet ensemble de changements : au brou de noix

Sur les murs de la première chambre disponible

En ce commencement d’identité : « mais voyons !

si vous cessiez de parler de vous à la troisième

personne / personnage / » sorte de Michelangelo

Des murs particuliers s’ouvrant sur un balcon

Où elle donnait le spectacle (en face) de ses seins.

 

Tu ne retrouveras pas l’Histoire au fil de la tienne.

Le palier est désert : portes donnant chez soi et

Chez les autres / la lumière dans ce puits aveugle.

 

Saisi quelquefois par le temps / puis en chassant

Les fantômes familiaux et les personnages

Historiques / une goutte de lait (dit-elle) au

Téton mordu pour elle : « on commence par être

Deux quand on atteint cet âge » / « ne touche

pas à la drogue si tu veux continuer d’apprécier

cette offrande : »

 

C’est à l’autre de t’arracher

Le plaisir et à toi sin(ceri)tas

D’en inventer le refrain.

 

Les jambes de Rimbaud sont si belles !

 

« j’aurais fait un bon peintre si j’avais voulu…

un bon musicien même : ce n’est pas par paresse

que je me suis mis à espérer quelque chose

de l’écriture : c’est par pauvreté : un papier et

un crayon / et les paysages de mon enfance :

cartes postales des déserts de l’Atlas et /

voyage en barque de Bayonne à Donostia :

à la rame dans les vagues peut-être naissantes.

voir sa propre maison à partir de cet horizon :

dans l’optique le balcon où ma mère attend

que quelqu’un veuille bien lui faire la conversation.

et j’en passe :

 

À l’autre d’y mettre du sien

Et de s’enfuir de bon matin

Tandis que dans ce crépuscule

Les phares des mobylettes

S’entrecroisent et remontent

Pour disparaître derrière les toits. »

 

Comme le Monde travaille pour moi !

S’écrie-t-elle en essayant sa nouvelle

Robe d’été : j’ai moins aimé ses pieds nus.

 

On parle beaucoup du langage / les réseaux

Se téléphonent / disparaissez, bourricots !

Derrière les toits de vos niches que la pente

Étage jusqu’au pont : où se décide votre sort.

 

Est-ce vraiment l’oreille l’important… ?

Les yeux ? Les zones érogènes ? Dis-moi,

Toubib / comment parlent les gens quand

Ils ne parlent plus ? À quelle heure du jour

Et de la nuit on les rencontre mieux que

Tout nus dans son lit souillant les draps

Sans personne pour en profiter / toubib ?

Ne parlent-ils pas de silence / ceux qui

N’ont rien à dire ? / ou ne veulent rien

Entendre / pas même écouter dans la

Nuit dort en chacun de nous ? Je pose

La question au spécialiste de la douleur

Qui finit par tuer son impatient

Commentateur /

Non sans avoir d’abord détruit l’intégrité

De ce qui a commencé par être un corps

Et qui finit dans la poubelle / une poubelle

Peut-être conçue pour ça dès l’origine :

Origine des temps : il n’y en a pas d’autre.

 

Vison métabolique des choses / ana

& cata : quel cycle mieux imaginé qui

Ne servira à rien au moment d’écrire.

 

Miser plutôt sur l’attente et même :

(choquons un peu) sur la paresse /

Quelqu’un finira par s’occuper de

Vous : satisfactions des nécessités

Vitales et communautaire : hôpital

À la mesure de l’emploi qu’il suscite :

Vos droits d’auteur iront à la hiérarchie

Et à ses serviteurs : à moins que la famille

(finalement) ne s’entiche de la recette…

 

Le fou protège (comme il peut)

L’intérieur sans jouer le jeu

Du chat et de la souris /le poète

/ l’œil aux aguets dans la fente

Des murs / jette des petits cailloux

Sur la tête des passants / quelquefois

Dans l’eau si la fosse est assez

Large pour contenir tout ce qu’il a

À dire / leçon #1 de l’expérience.

 

Nous aurons tous des souvenirs pour meubler

Notre captivité croissante (au début, on peut

Se croire libre comme l’air / mais en réalité

Nous ne possédons pas les ailes des oiseaux :

« le bec seulement, Mimi, rien que ce bec

qui a poussé comme une fleur : sous l’effet

de l’eau et du soleil ») / et d’un tas d’autre

Chose dont la nature est encore une énigme.

 

L’existence est faite (c’est vrai) de frigos,

De table, de fauteuils, d’écrans, de verres,

D’enfants, de voisins, de livres, de… Vivez

Comme il vous plaît ! Roman des spots

Mis bout à bout (je me répète) sans souci

De montage : inutile de monter : c’est bien

Le seul roman sans queue ni tête / désespoir

De ne pas pouvoir donner suite à une bonne

Idée : et il n’est ni trop tard ni trop tôt

(si vous voyez ce que je veux dire…)

 


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