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 Article publié le 28 juillet 2019.

oOo

Vides nennis / chants funèbres à la sortie :

Orthographiés nénies par les puristes /

« j’en avais le cœur chaviré » / cette noyade

En hypothermie / voyant les autres mourir

Avant d’y passer soi-même : ce long spectacle

De la disparition que pallie (un temps) le

Tombeau dressé ou couché selon les moyens

Familiaux (quelquefois l’État prend le relai)

« admirez cette façade toute de poésie ! »

Refus obstiné de qui a été gâté par l’existence :

En chemise déjà blanc immaculé conçu /

Qu’est-ce qui meurt vraiment en nous ? Ce

Jour-là / et après quand l’oubli convoque

Inutilement la recherche ?

UNITÉ

SUITE

CITATIONS

Ordre des choses quand on a un peu de jugeote.

Homonymies (-phonies) entre les ex-voto /

Tout commence par cette sensation d’unité :

Un tout (traduisez anything) dû à la chose

Qui ne le contient pas : est en soi une œuvre

D’art / « vous en déduirez les identités

remarquables. »

Frisson nouveau ou extase : ekstasis  : être (fait)

Hors de soi / et se voir mais pas comme dans un miroir :

« pas à l’envers » (rires) / ni se voir se voir / l’étrange

Expérience de la sortie / comme une mort en vie :

« qui ne s’y est pas essayé, l’ami ? » Alors que le Monde

(ledit Mundus si vous voulez donner un nom à

ce qui n’en a pas) est bien le lieu de cette sortie

hors de soi / « le problème c’est qu’on n’a pas

encore trouvé la : substance : celle qui » / un appel

À la magie ne suffit pas : par exemple : « j’étais là :

ici : quand Eva Braun… vous savez… ? » / cette salope

Me fait bander encore : « notez ce qu’il vient de

dire : il n’en avait jamais parlé avant : » /avant :

Ils veulent d’abord savoir / ensuite la question du

Présent telle qu’elle peut se poser à des esprits

« parfaitement bien dans leur peau / » La Ville

N’a plus d’âme / plus de corps / c’est le Monde

(malgré votre tentative : « rien que des trucs »)

Qui impose le Temps comme seule mesure / ou

Comment j’ai écrit certains de mes livres /pas tous

 

Comme le texte (poème ?) est beau quand il n’est plus

Écrit par ceux qui commencent par l’autopsier !

 

« j’emploie mon temps comme je veux, monsieur ! »

Ou : madame / ou rien du tout si on n’a pas envie !

 

Miser sur l’attente : avec quels moyens ?

La patience… ? Ou au contraire…

L’embarcation n’était qu’une carcasse

Bonne à virer au fond de la mer.

Personne pour alimenter le récit

Que les curieux (autant d’objectifs)

Commençaient à se jalouser.

Ils s’égaillèrent comme des mouettes

Que les éboueurs privent de promesses.

Au large, la carcasse de l’ancien bateau

Avait disparu sans laisser de traces : pas

Même un galion / « ya rien à voir finalement… »

Et ya jamais rien eu à voir : vous disparaîtrez

De la même façon, poète : ils viendront,

Mais pas pour voir une carcasse couler

Dans son cimetière :

celui qui a toujours été le sien.

 

J’aime les gens qui partent :

Ceux qui s’enfuient

Comme ceux qui s’ennuient.

 

L’aventure ou l’ennui :

Nous n’avons guère le choix :

À moins de s’injecter la bonne substance :

Encore faut-il s’y connaître…

« mais on apprend ça où, mec ? »

 

L’ennui c’est plus facile :

Et écrire là-dessus.

Ne pas s’en lasser.

 

Éviter les fatigues dues aux répétitions.

Se méfier de toute formulation itérative.

Regarder les feuilles tomber à l’automne.

Les bonnets de l’été / chair recomposée

Dans la physicochimie solaire /

Et ainsi de l’hiver aux dessous électriques.

« C’est le printemps qui m’ennuie… »

Et pourtant tout y recommence…

Même les mouettes veulent se reproduire.

Les guerres et la misère nourrissent le printemps.

Sauf au suicidaire de s’y donner rendez-vous avec lui-même.

 

Si vous aviez (dans votre lointaine jeunesse)

Élevé un bison ayant fait trempette dans les marais /

Vous comprendriez ce que je veux dire

Quand j’écris.

 

Comme ça glissait !

Jamais je ne pourrai oublier ça !

Les joncs fouettant nos visages

(j’exagère à peine mais on est dans un film

et je ne veux pas décevoir mon public)

 

J’ai écrit ça parce que je l’ai vécu.

Je n’ai jamais rien écrit d’autre.

 

Comme c’est agréable de n’éprouver aucune contrainte !

Sensation de luxe et même de tranquillité.

Nous ne sommes pas loin d’en jouir.

Trouvailles à deux dans le même espace.

Le jour n’est plus nécessaire pour se retrouver.

« c’est déjà ça ! »

Spectateurs des horizons

Que l’imagination exalte

Jusqu’à la disparition

De l’objet ciel-mer.

Les visiteurs-en-marge se donnent de la peine

(d’après le chroniqueur local)

Pour profiter de tout ce que le commerce expose

Dans ses vitrines si transparentes !

Au pas des carioles et des charrettes, suivant

Ce qui paraît intéresser tout le monde : Monde

Dressant sa carcasse à l’intérieur de chacun

Et inspirant toutes sortes de publicités.

Habitants de ces contrées

N’en disent rien entre eux :

« On en parlera plus tard,

Dit l’un d’eux en prenant

La tête du cortège servile

Et souriant » / parler n’est

Pas écrire : il faut un plan

Pour étaler la matière /

Les bêtes habituées aux rires et aux machinations des enfants

Ne reculent jamais / se méfier du coup de pied quand on a

Le dos tourné : l’argent n’explique pas tout /

 

Ici l’Histoire locale n’a aucune importance.

On n’y assassine pas plus qu’ailleurs.

Comment c’est chez vous ? / les faits

Organisent la joie / organisent-ils la joie ?

Pas plus de rites que d’habitudes.

Le juste équilibre propice au crédible.

Entre l’imagination et la perception,

Ce Monde qui est aussi le vôtre : sinon

Vous vous ramenez avec vos folklores

Et c’est nous qui applaudissons cette fois.

 

Non : nous ne rions pas plus que vous.

Le malheur ne nous distingue pas non plus.

Mêmes chansons dans les rues de nos faubourgs.

Même substitution des substances.

Le camé a la même gueule / la pute

Se vend au même prix / relatif du pouvoir d’achat

« ne faites pas grincer la porte en entrant »

Les boutiques de l’ennui à ne pas confondre

Avec les jardins de la nécessité /

Le dos courbé de ceux qui ne gagnent pas assez /

To have and have not / glycines forcenées /

La poutre soulevée en deux jours / le balcon

Qui penche maintenant / glissades des enfants

Les jours de pluie sur le dallage de feu /

Nous aurons tous la nostalgie pour repère /

Unique repère un de ces jours /

Comment aimer celui qui vous vole

Les moyens d’une existence digne ?

Le lierre aussi s’est mis de la partie /

Le mortier dans l’herbe coupée la veille /

« ça n’amuse pas les enfants »

Ça ne m’amuse pas non plus / la maison

De mon père n’a pas de nationalité /

« nous ne savions pas où nous allions »

/ sous l’appentis contre le mur le bois de l’hiver

/ pour d’autres c’est celui des barbecues

« notre pain quotidien ?

Qui nous le donnera

si on ne peut pas le payer ? »

Derrière la fenêtre « plus seul qu’Onan » /

L’homme qui n’a jamais été un personnage.

 

Nulle alchimie dans tout ça…

L’excitation des tissus adéquats

Provoque l’orgasme et l’éjaculation

En constitue la preuve, ma chérie.

 

Si tu te déshabilles à temps

Et s’il ne fait pas trop froid

Dans cette maudite chambre

Où nous scellons nos vœux /

 

Je te ferai un enfant de papier :

Marionnette des fils de l’attente

/ si bien sûr tu réussis à te foutre

À poil avant que l’huissier frappe

 

À la porte ô que l’alchimie du verbe

L’emporte sur celle de la douleur !

Je ne sais plus si je t’aime encore

Mais je veux bien le dire avec des mots

 

S’il est encore temps de baiser

Sans se soucier

Du bel huissier

Qui agit seul

Si tu te donnes.

 

J’avais une autre chanson

Sur le bout des lèvres

Mais la neige a succédé

À la pluie et maintenant

C’est dehors que ça se passe

 

La mer où nos barques se couvrent et s’immobilisent.

Avons-nous assez rêvé ?

Un oiseau noir est-il toujours corbeau ou merle ?

Femme en fuite dans la trace de mes pas

Que j’ai laissée en venant

Déclarer mon amour.

Cet horizon de plage sans autres oiseaux

Que ceux que tu veux voir.

Aime la poésie comme tu m’aimes.

Je serai l’auteur de ce poème

Quand viendra le temps

De payer nos factures.

 

Avons-nous assez rêvé ?

Sommes-nous bien deux

Dans cet endroit sinistre ?

 

Je serai l’auteur de ce poème quand tu reviendras :

Je ne me souviens pas de t’avoir perdue,

Mais la maison est bien vide sans toi.

 

On ne va pas loin en cultivant des fleurs.

On ne va pas plus loin que son jardin.

Le promeneur qui ne connaît pas ce chemin

N’est pas un promeneur.

 

Appelons-le autrement /

Il reviendra plus souvent.

Reviendra pour poser la question

De savoir qui prendra ma place

Quand je ne serai plus là

Pour en parler distinctement.

 

Le chemin je le prends mais

En promeneur qui se demande

S’il est en train de se promener

Pour ne pas faire autre chose.

 

Je ne m’appelle pas Personne.

Je n’ai jamais porté le nom

De l’inconnu en voyage /

Je ne reviendrai pas je le sais

Mais j’en ai tellement envie !

 

Au moins ne partageons-nous

Pas le même souci du retour :

Tu meurs ainsi chaque jour

Et tu renais par habitude.

Un enfant serait de trop /

 

L’hiver connaît ma froideur.

Un cercueil de branchages

Effeuillés me conviendrait

Mieux que tes lettres d’amour.

 

 

À mon âge (dit-il) le Monde n’est plus accessible

Que comme bouche de métro.

Je sais où la rame me conduit.

J’ai même ma station providentielle.

Mais on ne sait jamais ô Hasard

Ce que tu réserves à l’attente.

Je zappe comme à vingt ans, certes.

Les miettes du repas universel

Je les ramasse « à la pelle » /

Et me voilà « plus seul qu’Onan »

/ spécialiste du temps

Qui ne sert à rien /

À mon âge j’ai le chant du coq

En travers de la gorge.

Et le Monde sans s’éloigner

Ferme ses portes et me salue !

 

Je n’ai jamais assisté de toute mon existence

À un spectacle aussi peu historique

Que celui-ci.

Je n’appartiens plus à personne /

Je fais exactement ce qu’il m’est possible de faire

Sans les autres.

Dit le promeneur qui n’en était pas un.

Plus besoin de petits cailloux blancs.

Plus besoin non plus de compagnie.

Ce que je sais est presque suffisant.

Dit l’homme en chemin sans s’arrêter.

Point d’Histoire ni locale ni universelle.

Le personnage n’en était pas un /

Je le dis à l’imparfait parce que ça l’est /

Il reconnaissait les lieux exactement

Comme il savait se conduire dans les textes

Désormais classiques du modernisme /

Combien de temps encore dans ce même pays

Qui est le seul en plus de me ressembler ?

La page ne s’animait plus de places exactes.

Il ouvrait et fermait la fenêtre aux oiseaux noirs.

Il sautait par la fenêtre si ça lui chantait.

Dix / que dis-je : quinze / étages contenant

Chacun des dizaines / que dis-je : des milliers /

De possibilités de rencontres /

Mort plus d’une fois : c’est dans les journaux.

Je n’aime plus personne, dit-il au flic.

Je vais retourner en Floride et épouser

Une bisonne cousine de mon bison ô Fortune !

 

Le rossignol des branches fleuries

Allège mes petites douleurs,

Mais certainement pas les grandes.

 

À l’équerre des façades et des trottoirs,

Celui qui ne rêve pas / ce qu’il endure

Est bien réel / les jambes à l’oblique

Du trottoir et de la rigole / j’ai entendu

L’automate siffleur / chant électrique

Au bout du bec / le plumeau d’une servante

Agite les poussières de la bourgeoisie /

Souliers sans lacets / il revenait après

L’interrogatoire / qui est ta sœur, miteux ?

L’esprit ne veut pas mourir / il se souvient

Ô cygne d’autrefois : cette impossibilité

De « trouver du nouveau » dans les draps

De la République / invoquant les personnages

De la Comédie / le rossignol pirouette le cri :

Ce que j’endure chaque jour / ingurgitant

Les toxiques autorisés par le gouvernement

Et ses flics / tout ceci est réel : anamnèse /

Il a suivi le même chemin parce que c’est

Celui de toute tragédie : condamnation,

Illusion puis récit / tout ceci connu depuis

Bien longtemps / j’en veux pour preuve…

Enfin ses jambes se replient sous lui et

L’eau de la rigole transporte les confetti

Et les plumes des chapeaux arrachés par

La fin qu’on sonne / comme au combat /

Le rêve n’est pas pour moi, dit-il au passant

/ et aussitôt les façades s’illuminent de bleu

/ nous sommes au XXIe siècle : la Ville n’est

Pas un personnage qu’on peut disséquer

Parce qu’il est mort / on ne peut pas non

Plus le disséquer parce qu’il va mourir /

 

Le rossignol des rayons de soleil

Réduit quelquefois mon ennui,

Mais dès que je sors la nuit, il

A l’air d’un vieil automate siffleur.

 

« J’ai connu un type

Qui réparait le temps

Avec un tournevis /

Jamais vu un tel œil

À l’ouvrage du temps.

Jamais plus lourde bosse

Sur un dos travailleur.

On se couche toujours

Avant les automates. »

 


La suite fin août...

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