Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
Navigation
Seriatim 2
Seriatim 2 - Ce que l’homme peut infliger à l’homme (Patrick Cintas)

[E-mail]
 Article publié le 5 juillet 2020.

oOo

Ce que l’homme peut infliger à l’homme /

Demandez-leur ce qu’ils en pensent /

Militants et héritiers dans le même sac

/ permanences des rues et des écoles

Primaires / ce qui se passe dans la tête

C’est matière à justice / sinon ça ne paie

Pas / « qu’est-ce que tu as vu, fiston ? »

J’ai vu non pas ma tombe mais mon cadavre

/ (répondit-il) / « alors tu n’as rien vu

Que je ne sache déjà : dire que j’ai rêvé

(avec elle) d’un enfant (fille ou garçon)

Capable de me montrer ce que je n’ai pas

Vu : et que mon père a frelaté pendant

Que ma mère se taisait » / moisissure

Des parentés : « tout est vieux ici et :

Tu veux me convaincre avec ta high-tech

/ mais c’est la campagne que j’aime :

Mourir avec les animaux domestiques

Et le gibier : tomber nez à nez avec

Le lieu de sa mort : avec arme et outil

/ pas de bagages : ni pour la cavale ni

Pour les vacances / un seul être avec moi

 : pour reconnaître la saison à ses pluies

/ et ne rien donner à la patrie / tombeau

Des enculés / « tu aimes quoi donc ? »

Même Baudelaire veut exterminer ///

L’indésirable est au cœur de l’information

En boucle / traité comme des virus mais

Sans possibilité de mutation / femmes

Et enfants devant les hommes / et petit

Dieu (un cheval tout blanc genre pottok)

Avant l’homme : la bite à l’air pour la leçon

D’écriture / quelle peur à la place du dégoût ?

Et quelle philosophie à la place de la peur ?

 

« n’y pense donc point

Matelot qui navigue

Sans les flots

N’y voit pas malice

Ni femme facile

Des escales

On n’y peut rien

Ça c’est gagné

Même la Résistance

Est tombée

Dans leurs mains

Avec Journal et Lettres

Et siège au Parlement

Et à l’Université

Et des rôles à jouer

Pour devenir héros

De pacotille, oh oho

/ n’y pense donc point

Tu te f’ras donc mal

Faut pas chercher

Ce qu’on possède

Déjà oho oho oho

Matelot sans les flots

Toi qui marches dessus

Comme le p’tit Jésus

Avant qu’ça soit en croix

Qu’on aime et qu’on y croie

Viens donc par ici

Au coquillage souffler

La vedette et les sous

Tes petits pieds mouillés

Valent bien un beaupré »

 

Ports de plaisance sentent le vernis et la lessive

/ ports de pêche le poisson et la sueur

/ on ne se promène plus avec un chien

 : le vent ou je ne sais quoi de nouveau

Qui n’explique pas la sécheresse ni la pluie

/ ya plus d’alchimie qui tienne, mille tonnerres !

« qu’est-ce qu’on va faire de cet enfant autiste ? »

C’est comme ça (ou à peu près) que la réalité

S’étrique : mais jusqu’où ça va aller, mathurin ?

On ne vieillit pas si c’est ça le chemin : à la baille

Ça se termine : et sans vouloir y habiter / ça serre

Aux entournures : « paraît que c’est dans l’infiniment

Petit qu’il faut chercher » / mais tu cherches quoi

À part les ennuis et une alimentation standard ?

L’ange visite les siècles en expert de l’Histoire

/ peur ou nausée : c’est tout ce que ça t’inspire ?

« se chier dessus ou vomir toutes ses tripes » /

« ya rien d’autre à trouver,

Ô chercheur des fleurettes

Qui peuplent nos esprits

Au moment d’en finir »

/ « paraît qu’on s’en va sans douleur ni regret »

/ des lunes qu’on y pense : exterminer :

« pour vivre enfin

notre existence

et trouver du nouveau

qui le soit vraiment

et non pas en poé

poésie des douleurs

ou des incrustations

de vieille porcelaine

fleurie haute en couleur »

 

Prés et bois en prime

Si tu ne vas pas trop loin

D’ici où tu renais

Chaque fois que tu jouis

 

C’est ici aux vitrines

Que la caresse est digne

De l’écran et des soirs

Ici que ça se passe

 

Et non pas dans ta tête

 

« De l’autisme à l’amour-propre

Il n’y a qu’un pas : extermination.

Si tu n’as pas compris ce mécanisme

Tu mettras toi aussi la main à la pâte. »

 

Après tout belles sont les choses

Simples comme les compliquées

/ suffit de pas se presser au portillon

Avec les autres et : « garer son cul »

À Paris comme ailleurs en province

Ou sur les îles / « ça travaille dedans

Et dehors c’est perdu » / qu’il faut dire

/ « alors reste dedans : demeure ! »

 

Quelle ode ! Quel feu ! Et quel cul !

Yen a pour tous les goûts et les cœurs !

35 heures et encore : pas tous les jours

Que Dieu surveille du coin de son œil

Dans la tombe / « si tu sais où tu vas »

Descend de sa montagne et de son soleil

Et retrouve le soleil mais couché sur la mer

 : découvre que l’horizon n’est pas au bout

Du chemin / « une idée comme ça que j’ai,

papa » / « qui te l’enfoncera dans le cul ? »

Qui ne sait pas qui je suis ? / ah ! l’épopée !

 

Mais point d’épisodes au large

Et rien d’autre que le vent

Si ça doit mal tourner /

« je te le dis comme me l’a dit papa »

Des fois j’y pense et souvent pas.

« t’as allumé le couloir ? »

On ne monte plus se coucher

/ on y va : au lit et en rêve

/ lumière d’un autre feu

/ « ya pas plus con que la guerre »

/ au quart que tu vas vivre

Cette vie qui appartient à l’existence

/ comme te l’a dit papa

En coupure constante /

 

« tu serais qui

Si tu n’est pas de moi

Ô épopée des vagues

De vent et de terre ? »

 

Avec les bêtes et le gibier

Au bois comme chez soi

Avec enfant et femme

Et même un président

En forme de monarque

 

« je ne vois pas plus loin

Que le bout de ton nez /

On est fait de ce bois

Dans la famille /

C’est moi qui vois

Et tu ne vas pas

Plus loin que l’arbre »

 

Équinoxes gagnés sur l’attente avec l’été

Des moissons et des chasses / « ça fait rêver »

Mais tu n’as pas besoin de plus : hallucination

Garantie / avec ou sans substance : « trouveront

Le moyen de forcer le cerveau à en fabriquer

Et alors se posera la question du prix à payer

Et du crédit qui va avec » / où va la poésie

Qui charme et qui enseigne ? de quel bois

Est celle-ci : à la pointe de quel couteau ?

 

Fruit du hasard ou de l’imagination, qui

Vit ici ? / portes battant au vent des déserts

De l’amour / « éditeur cherche poète un peu

Au-dessus du chansonnier mais pas trop »

/ car nous avons besoin de nous occuper

L’esprit après le boulot : divertissements et

Abus / « c’est comme ça qu’on se rencontre »

Papa connaissait un autre moyen mais il est mort

Avec / c’est fou ce que ça parle une pierre tombale !

Et la photo sur le bahut : ce sourire de la pose /

« j’ai jamais posé autrement » / une petite Guerre

Pour alimenter les conversations et les silences

Convenus / « comment on fait pour écrire des vers

Sans rimes ni mesure ? » / le Monde qui ne veut pas

Entrer dans une bouteille avec nos rêves

Et nos voiles / qui vend le mieux vend sa peau /

 

Certes des tableaux parisiens et des voyages

/ cet effort pour sortir de soi à la demande /

Mais la force en jeu est centripète : gare

Au gorille ! Il est entré dans la demeure /

 

Qui n’a pas rêvé

De posséder un animal

Aussi humain que possible ?

 

Qui n’a pas caressé le rêve éveillé

Au lieu de se confier à la nuit ?

 

Pourtant le suicide

Appartient à l’enfance.

 

Seconde de plongée

Dans ce futur si proche

Qui n’aura pas d’existence :

Le voilà le roman de ta vie !

 

Entre le cheval et le loup :

Tes arbres et ceux de la forêt.

 

Mais ton chien est truffier ou chasseur.

Et ton fusil n’a jamais tué personne.

Elle est où, ton histoire, matelot

Des champs et des prés ?

 

Navigue sans les flots depuis si longtemps

Qu’il néglige le compas et les conseils /

Mourra comme les autres et ne survivra pas

/ faute de « famille » / ou laissera son nom

Sur l’écorce d’un arbre : mais pour combien

De temps ? / et avec quel autre nom s’il s’agit

De ne pas partir seul ? /

Nous aimons

Tellement

Les enfants !

 

Tribut des indépendances à chaque page /

Une fois le sang versé à même la pensée

/ cruauté sans intention d’infliger la douleur

/ entre le camp et l’atome : pas de nuances.

« nous aimons les enfants autant que vous »

Qui ne les aime pas s’ils sont nos fils ?

Et de quelle fille parlez-vous ? / à la ferme

Nous ne vivons plus / au bois nous n’écoutons

Plus / la mer garde ses secrets mais sans elle

De quel beaupré le corps anime ses chairs ?

« Ne suivez pas l’exemple qui vous est donné

/ suivez le topo / nous aimerions tous les enfants

Si c’était possible : mais ça ne l’est pas : nous

Sommes faits comme ça et pour ça / Dieu

Ne ressemblera jamais à l’homme parce qu’il

Est l’Homme / maintenant cliquez dessus

And wait : pendant que le serveur travaille

Pour vous servir » /

 

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

 

Site officiel [>>

 

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2020 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -