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Seriatim 2
Seriatim 2 - « il ne se laisse pas lire » (Patrick Cintas)

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 Article publié le 19 juillet 2020.

oOo

« il ne se laisse pas lire » / l’homme jamais rencontré

Dans son livre mais qui y demeure / de quel génie

Le hasard ou les données animent sa présence ?

 

« suis-je vieux ou jeune

Maintenant que j’y suis ?

Qu’est-ce qui est entré

À mon insu et par désir ?

 

Je me rencontre tous les jours

À l’orée de la nuit, malade.

Moi aussi, belle invention

Du temps « je me vois me voir »

 

Qu’est-ce qu’une nuit sans toi

Ou la même journée, sinon

L’attente que le clocher

Organise dans ses rouages ?

 

Sortant de chez lui il va

Rejoindre ses semblables.

Partager l’instant et l’or

De la dernière trouvaille.

 

Vieux ou jeune et sans rien

À ajouter à la flaque des heures.

Il rit aussi au passage des enfants.

Ou au dépoussiérage des lieux.

 

Ne se laisse pas lire aussi facile

Que les paresses du songe-creux.

Au toucher ça travaille encore

De l’intérieur, télévision dehors.

 

Les grouillements conservent

Leur faculté d’éveiller les sens.

Voici des yeux que rien ne ferme

Et un regard à reconnaître pour sien. »

 

« rentre à la maison

Il y fait bon vivre et mourir

Rentre au bercail de ton nom

Le feu c’est pour toi

Qu’il éclaire ma cuisine »

 

« j’avais peur que ça nous arrive

/ on ne sait jamais avec les présidents

/ nous avons eu beaucoup d’enfants

Et pas un n’est encore assez vivant

Pour en écrire quelque chose »

 

« Qui vit à l’étage de dessous ? / entendons

Bouteille cogner les murs / ça fait peur

Ces choses / je voulais pas le dire si tôt

Mais le temps presse / on peut se faire

Tuer dans la rue par ces soldats de Dieu

/ le même Dieu sans qui la Création

N’a plus de sens / cognait avec sa bouteille

Les murs et finalement la brisait dans l’évier

/ les turlutes l’ont intubé / un soir de Noël

Après l’turbin / que j’en avais la langue

Prise au piège du témoignage / je voulais

Rien dire mais je l’ai dit / j’habite pas ici »

 

Traîne son témoignage sur lui-même /

Veut encore vider ses couilles / à la Gide

/ c’est pas ce qui manque les petits culs

/ un bretzel à la clé / lisait EAP avec ardeur

/ avec CB comme maître des fourneaux /

Toute la vie avec ce truc dans la tête /

Et assez de fric et de relations pour exister

Encore et encore / franchissant les frontières

Comme tu te jettes par la fenêtre / mais

Revenant toujours et retrouvant les familiales

Résidences qui servent de demeure /

Où ne va-t-on pas chercher la volupté

En ces temps d’incertitude maîtresse ?

« je vais te le dire : là-même où tu n’as

Aucune chance d’exister » /

 

Le rectangle

À la place

Du cercle.

 

« ne reviens pas sans la poubelle ! »

Couvercle comme seule rime /

Comme si le moment était bien

choisi

/ pour penser à recommencer

À partir du moment où ça s’est

joué

« avant j’étais doué…………….

Tiens encore une rime / pour

ces sortes de choses »

comme si ça rimait

à quelque cause /

dans l’escalier muselant la poubelle

« je ne fais que passer : avons mangé

Du melon / elle adore le porto et moi

J’aime les papillons » /

La femme des foules passe : il la suit

/ bande déjà à l’idée : parfum amer

Des récidives / « combien de fois

Que t’as payé, Gaby ? » / fabriquée

Par les dindes de Mésopotamie /

Un mélange de versets et de prose

/ tintinnabulant dans la descente

Genre maelström / croise une vieille

Et la viole mentalement ainsi que

La fillette qui l’accompagne au bras

D’une poubelle du même type /

Bande toujours quand il descend /

Ne va pas plus loin que l’espace

Réservé aux poubelles de l’immeuble

 : pour ne pas dire de ses habitants /

Ne voit la rue que de ce point de vue

Sauf quand il s’enfuit au travail /

Ni jeune ni vieux personne ne le lit

/ personne pour tenter l’impossible

/ finira à la poubelle comme les autres

/ mais n’a pas lu beaucoup lui-même

Sauf des BD et des affiches : des « encarts »

/ ne viole que l’entrée / à la sortie

Ne se souvient plus de l’âge : petite

Quéquette qu’il a durcifiée à la main

/ « les temps sont durs pour les Lettres »

 

« où s’arrêter pour y penser

À tête reposée ? / quel port

au bord

De la mer ou au sommet

Des montagnes de ma jeunesse ?

Quel endroit tranquille n’existe

que pour moi ?

Je ne veux pas lutter contre la mort

/ ni contre les animaux

Qui hantent les lieux

Les domestiques comme les autres :

J’ai du langage sous les ongles

Et la langue en sang à force

de la retenir /

bizarre tout de même

que je sois destiné

à la disparition totale /

ne rien donner

et finalement

tout perdre

Arrgh ! c’est

Inadmissible !

J’en ai la page

Ni noire ni blanche

 : anti-page quoi !

Et à la télé

On parle de moi / »

 

« prenez un de ces trucs / là / sur le comptoir

Et tirez-vous avant qu’elle descende elle aussi »

Un escargot sur la langue il continue d’explorer

La rue et ses environs, ses annexes possibles

Et ses rôles à jouer dans ses propres coulisses

/ suivant le conseil de son barman il se tire

Et tombe nez à nez avec l’improbable amour

De sa vie : il n’en croit pas ses yeux et recommence

 : pour voir si c’est vrai ou faux : ou si ça n’existe pas

/ un poisson évadé du bocal / avec son eau et ses algues

Factices entre les écailles / « j’ai jamais été aussi loin »

Reprenant un escargot et le mâchant avec toute

L’attention que réclame l’apparition de ce qui est

À la fois beauté et évènement à ne pas manquer

Sous aucun prétexte : or, des prétextes, il en a !

Des tas de prétextes : il n’a rien effacé avec la gomme

De sa vie de famille / il a tout gardé : en vue d’un futur

Procès après sa mort : défaite ou destruction il n’a pas

Encore décidé / il y a consacré du temps et de l’argent

/ il a perdu l’un et l’autre : mais pour l’apéro il est

À l’heure / des escargots qui emportent la gueule

À l’heure exacte au rendez-vous ! / « jamais aussi loin »

Pas question de laisser passer la chance sans lui dire

Ce qu’il pense d’elle :

 

Papa est au lit

Avec la voisine

Maman se suicide

Mais c’est par erreur

 

Ce n’est pas de sa faute

Si elle se trompe pas de

Sa faute si le compte

N’y est point

 

Ah si la chance

N’était pas la chance

Mais l’enfant n’est-il pas

La meilleure des gaffes

 

Ici on joue

À ne pas jouer

Comme les autres

 

J’vous ai mis ça en italique

Parce que je sais pas

Si j’en suis l’auteur

Ni si l’auteur

Est encore

Dans le lit

De papa

 

« vous ne saurez jamais pourquoi vous n’avez pas tué »

Veut dire : au lieu de vous laisser mener par le bout du nez

/ me regarde comme si j’étais son papa biologique :

Je suis venu ici

pour guérir de mon mal

pas pour reconnaître

/ « mais ce ne sont que civilités indispensables »

Voici ce qui est à la portée de tout le monde :

Reconnaître que le heurtoir

A son utilité publique /

Et savoir s’en servir

Sans démolir la porte /

Venez sans vos enfants

Et n’oubliez pas de quoi

Arroser mes rosiers /

Je ne vous je ne vous

Décevrai pas ne vous pas

Décrottez et heurtez

Et n’attendez pas

Le signal pour entrer :

Je suis au bout

Du couloir de la m.

 

L’escargot toujours sous la dent /

Ya pas d’luxe et ya plus d’calme !

Par contre c’est pas gratuit sauf

Si vous avez des Lettres / style

Garanti à la sortie : avec ou sans

Foutre et le Jean qui va avec /

Comme le monde est petit !

Un vrai mouchoir à verser

Au dossier de la solitude !

Si vous n’êtes pas du pays

C’est dans la cour

Que ça se passe /

Sous les orangers en fleurs

Avec disciple et contradicteurs

/ toute la gamme de l’émotion

Conçu comme antidote

De l’hypothèse /

Laissez-vous berner

Comme dans une histoire

/ jamais plus seul serez

Ni plus près d’en finir

En beauté

 

 

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