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Le récit ruisselant (Pascal Leray)
5- Lendemains de l’amour

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 Article publié le 17 mai 2020.

oOo

C’est vers le large que je t’ai connue.

Le large n’a qu’un temps.

L’océan circonscrit,

jen’entends plus que des ruisseaux évanescents.

 

Regarde donc la mer

sipâle, poussant son dernier râle.

Elle te rappelle cette vague

quise jetait à tes pieds.

 

 

 

 

 

Lendemain de l’amour

 

 

Elle observe sans repos son ami mort qui lui confesse une douleur indifférente. « Créons, lui dit-elle avec peut-être quelque espoir de l’éveiller (mais, gardant les yeux clos, il fronce les sourcils), un état d’excitation mortelle ».

 

Son ami ouvre alors les yeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce sentiment n’est pas le mien.

Je l’ai volé à une histoire

Qui ne rencontrait pas l’éternité.

 

Souffrance floue, jouissance tour à tout ultime.

 

 

 

 

°

 

 

Elle a inscrit son amour sur mon ventre. Elle ne m’a jamais dit. Pour moi, je n’ai jamais cessé de la décevoir. — Sait-elle, du moins, que c’est le résidu de notre amour lorsque je le propage ?

 

Les mauvaises nouvelles précèdent toujours les bonnes.

 

L’amour, cet immobile, est affaire d’antiquité, pourtant : le principe est le même.

 

 

 

 

 

J’étais momentané.

Ce sont mes fruits qui me l’ont dit.

 

Terrorisé

Par la tombée (parfois simultanée) de toutes ces petites nuits.

 

Quand tu me serres dans tes bras,

Ce ne sont plus des siècles que je vis.

Ton souffle simplement

M’oblige à ignorer combien je souffre.

Ma folie est affreuse,

Est tout ce que tu pourrais être

Là où tu n’es pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes yeux se ferment.

Ils ne rencontrent pas pour autant la pénombre.

Je n’ai plus d’injure à déverser.

Ma poésie s’éteint.

Je sais encore que la fenêtre reste ouverte

Car le vent me mortifie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonheur n’écrira rien. Bonheur est trop heureux. Bonheur est vraisemblable et c’est son arôme cruel : Bonheur abolit l’ombre. C’est son chant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans une séquence de l’après-minuit, le téléphone invoque (avec une suprême paranoïa) parce que les amants se sont tournés le dos, leur solitaire et très charnelle inquiétude. Le secret du téléphone, c’est l’expression de leur visage, alors même que le ton de leur voix se durcit (comme si le décompte des unités sur l’appareil y avait à voir).

 

 

 

 

 

 

Le duel débonnaire a vraiment lieu.

On ne se parle pas

Les mots sont rares, réciproques,

virevoltent.

L’incertitude est toujours signifiée

Entre deux froissements de la parole.

 

 

  

 

 

 

 

« Poème d’amour », dit-il,

Une photographie en main.

On voit la mer et les requins

Et les amants marchant,

Les amants mitigés

Inscrivant sur la mer les cercles de leur droit chemin,

Dévorant les pourtours

De la photographie.

« Tu n’y comprendras rien. »

C’est vrai qu’on ne voit rien

Entre les plis

De ce cliché trouvé

Obscur dans un grenier.

 

 

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