Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Aux côtes marines
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 13 septembre 2020.

oOo

Wie Meeresküsten …

Wie Meeresküsten, wenn zu baun
Anfangen die Himmlischen und herein
Schifft unaufhaltsam, eine Pracht, das Werk
Der Woogen, eins ums andere, und die Erde
Sich rüstet aus, darauf vom Freudigsten eines
Mit guter Stimmung, zu recht es legend also schlägt es
Dem Gesang, mit dem Weingott, vielverheißend dem bedeutenden
Und der Lieblingin
Des Griechenlandes
Der meergeborenen, schiklich blikenden
Das gewaltige Gut ans Ufer.

 

Friedrich Hölderlin

*

Toute grande œuvre ouvre sur un avenir herméneutique parce qu’elle rebondit sur le présent, ne tombe jamais sous le sens d’une époque et d’une seule.

Cet homme est une déferlante. Tout à la fois nageur émérite et milieu aqueux en perpétuel mouvement, étendue d’eau à perte de vue et déferlantes, côte marine, estran et liseré d’écume venant lécher la plage au gré des marées.

Le regard flotte sur sa dernière vague, puis ricoche de vague en vague jusqu’à l’horizon de sa perte. Ce faisant, il nous offre une expérience du ressac dans le temps-même qui déferle sur nous.

En poésie, pour sûr, le passé a du bon. Il se bonifie avec le temps. Devient année après année le vin nouveau.

Dans le rêve, la vigne s’étendait jusque sur la plage de sable blond, elle avait les pieds dans l’eau salée ; la salure, l’écume grisâtre, des amas informes d’algues marines échouées venaient heurter mollement ses pieds. Une ivresse marine baignait les yeux dans le soleil levant. 

Une hérésie, ce rêve, un non-sens cette vigne les pieds dans l’eau salée ! Mais pourquoi ce bonheur dans le rêve et aussi au réveil après le rêve ?

C’est que le rêve avait réveillé un poème révélé il y a fort longtemps, jamais oublié, seulement perdu dans les plis et les replis d’une mémoire vouée au poétique. L’espace du temps d’un rêve, mer et poème se sont rencontrés.

En l’espace d’un instant, le rêveur et la mer et le poème ont mêlé leurs eaux couleur d’encre violette.

Dionysos, Aphrodite anadyomène y faisaient leur grand retour dans le rêve déferlant sur le rêveur transporté tout là-bas en Grèce.

*

C’est quelque chose, cette odeur de mer qui vous saisit à quelques pas de la Grande Bleue que vous ne voyez pas encore !

Vous pressentez sa présence à mesure que vous vous rapprochez d’elle. Elle vous renvoie un salut amical venu d’un lointain passé, promesse d’avenir, ivresse de l’instant présent qui se grise de mourir pour renaître aussitôt.

Elle existe dans vos souvenirs, excite votre mémoire, titille puis enfle vos narines, et ça y est : la mer se jette dans vos yeux, déferle dans vos narines, s’y engouffre, tant de bleu d’un coup, d’un seul pris en plein visage décille vos yeux, et aussitôt ses flaques de lumière qui dansent sur les vagues. Est-ce la brise marine ou bien la lumière presque trop vive qui vous fait alors légèrement vaciller ?

Un doux vertige te saisit.

En l’espace d’un instant,nous voilà devenus amis

Quelques pas plus en avant en ta compagnie, pieds nus sur la plage brûlante, je retrouve mon équilibre, grisé par cette présence mouvante, ce bleu intense, cette houle marine et ce brouhaha régulier, obstiné qui vient lécher avec nonchalance la plage de sable pour y mourir et y renaître aussitôt ; et s’emmêlent dans l’air le cri des mouettes qui planent au-dessus de nous, des cris d’enfants joyeux qui barbotent, nagent, s’aspergent d’eau, les cris lancés à la volée d’adultes qui jouent au volley, le bruit mat des balles qui claquent et volent de main en main, les odeurs de crème solaire, d’embruns et de corps humains ruisselants de bonheur.

 

Jean-Michel Guyot

5 septembre 2020

 

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2021 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -