Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Un commentaire
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 31 janvier 2021.

oOo

Un commentaire digne de ce nom - non paraphrastique - creuse l’à-côté d’une œuvre, sillonne le Dit de l’œuvre en faisant rebondir l’œuvre sur elle-même, la faisant ainsi éclater en fragments lumineux.

Fragments incandescents qui témoignent de l’ardeur d’un feu inaugural qui se consume d’être. Il arrive que quelques escarbilles brûlent les yeux de quelque impudent voyageur lettré trop pressé d’en finir avec sa lecture, ce dernier en étant alors réduit à faire du peu de ce qu’il a entrevu, en tout aveuglement, une vision qui se veut éclairante. 

Cette double postulation - creuser à côté pour mieux sillonner (comme on tisonne des charbons ardents) et dans le Dit de l’œuvre dégager l’essor d’un Dire qui déborde le Dit de toutes parts - permet d’aborder non pas le Non-Dit d’une œuvre mais ce qui dans le Dit exige d’être redit autrement, avec d’autres mots, sous une autre forme, afin de mettre au jour la puissance matricielle du Dire qui en fut aussi bien l’origine vivante que le terme.

Mise au jour d’un non-savoir qui s’accompagne d’une mise à jour de nos connaissances !

Afin qu’une parole non seulement demeure mais se démultiplie. Ainsi démultipliée, l’œuvre agrège ses plis dans un Dire amical venu de l’autre rive.

A l’écho qu’elle suscite, l’œuvre répond par un nouvel écho. Qui, dès lors, de la parole initiale ou du commentaire en écho, dit le mieux le Dire ?

Le fil d’or du commentaire enroulée autour du fil rouge de l’œuvre dédalique produit ce tissage à rebours qu’est toute lecture éclairée par les événements du jour, entre chien et loup, lorsqu’au jour commence à succéder la nuit, ce demi-jour propice au recueil de la pensée qui s’éveille.

Tout lecteur, à sa façon, recommence le travail acharné de dé-tissage entrepris par Pénélope, donnant ainsi à cet Ulysse vagabond qu’est le secret de l’œuvre, l’opportunité de faire retour vers son bercail natal, sa profondeur matricielle, son chaos originel que l’œuvre toute entière donne alors à entendre en murmures si ténus - omniprésents, multidirectionnels, facettés - qu’il faut toute la patience du monde pour en percevoir quelques-uns des signes avant-coureurs.

Tâche du commentaire généalogique que de dire après coup l’avant de ce qui échoient à l’œuvre au moment spectral de son surgissement.

C’est dans ce creuset commun qu’œuvre et commentaire, loin de s’égaliser, s’équivalent.

 

Jean-Michel Guyot

24 janvier 2021

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2021 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -