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En images - En lisant Gilbert Bourson
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 Article publié le 14 février 2021.

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D’une échelle, à défaut de s’en servir pour grimper dans le cerisier encore en fleurs, on peut faire une image, à des fins diverses, la plus fine étant celle qui s’épointe en poème.

Cette profusion du divers fleurit dès lors en poésie qui s’épanouit de poème en poème.

Au divers, il faut une sure assise ; délivrée par le commun intérêt ou un commun élan, tant pour la floraison du réel en poème que pour la chose nue. Rien de moins commun que ce commun en équilibre sur le fil aigu de la vie et de la mort et qui, choisissant de se dire en poésie, remonte ce fil du temps pour mieux sauter à pieds joints par-dessus le présent de l’instant.

Il ne s’agit ni d’embellir la chose qui n’en a nul besoin car elle se suffit à elle-même ni de s’en servir à des fins décoratives, pour faire joli, comme on dit.

Toute la grâce est là, dans l’instant de fraîcheur qui voit la chose non pas se métamorphoser en un quelque chose de plus grand qu’elle, de plus significatif, de plus éminent, de plus élancé, de plus tout ce que vous voulez mais fleurir en poème qui, disant la chose, tente d’adjoindre son arôme et sa forme, sa prestance ou son utilité toute simple à l’élan verbal qu’elle a suscité.

C’est là que les images, parfois très éloignées de la chose-même, entrent en jeu, mêlant dans le même temps vigueur de l’expression et rigueur de la forme, consonances et rythmes soutenant par leur musicalité le bâti du poème.

Il faut que la chose chante, et de cette injonction douce qui émane d’elle il convient de se saisir à temps. Que serait une chose sans les mots pour la dire ? moins que rien ? certes non ! Loin de là ! mais une chose parmi les choses qui, ensemble-séparées, ne font pas encore monde.

Pour que la chose fleurisse alors en poème, il faut que le poète se retire, après avoir salué par ses mots et le monde et la chose dans le monde, retrait qui advient, lorsqu’achevé le poème se lit sans lui dans les yeux d’autrui et sa voix.

Du retrait, il est possible de dire moins qu’il n’est dans sa pure évanescence : une politesse des sens qui ne demeure que de disparaître.

 

Jean-Michel Guyot

7 février 2021

 

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