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 Article publié le 3 octobre 2021.

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Mich aber umsummet
Die Bien und wo der Akersmann
Die Furchen machet singen gegen
Dem Lichte die Vögel. Manche helfen
Dem Himmel. Diese siehet
Der Dichter. Gut ist es, an andern sich
Zu halten. Denn keiner trägt das Leben allein.

Friedrich Hölderlin, Die Titanen

*

Le ressac de milliers de pages couvertes de signes, propédeutique à ce qui, philosophie aidant, tient la pensée en haleine.

On ne peut dire adieu qu’à ce qui nous habite de longue date, à ces pages fréquentées par notre lecture intensive durant de longues années de travail acharné.

Il ne s’agit pas de tourner le dos à la philosophie, d’ainsi se comporter en barbare moderne animé par l’esprit de lucre qui n’agit qu’à des fins d’esbrouffe, de pouvoir et de jouissance facile.

Il s’agit de se tenir en lisière du dicible, là où tout recommence.

Même les sources vives sont la résultante d’un long parcours des eaux pluviales à travers roches et sédiments. Les eaux du ciel, elles aussi, résultent d’un long processus d’évaporation des eaux marines-salines.

Il ne s’agit pas d’échapper à ces cycles millénaires en cherchant désespérément une cause première, un point de départ à tous ces cycles de vie.

Tu peux t’ébrouer dans les mythes, et même y bâtir ta demeure et demeurer quiet quoiqu’en alerte.

Et à l’absence de mythes, répondre par des récits dont tu répands au mieux la parole plurielle.

Ainsi à la croisée de chemins qui se perdent dans les bois va ta vie. L’initial des premiers pas se heurte si vite aux profondes ornières laissées par qui bien avant toi passa par les mêmes chemins défoncés. Même en ligne droite, ça cahote, monte et descend, terrain glissant. Ça et là, une profonde ornière abrite salamandres et tritons ; toute une vie grouillante d’animalcules excite ta curiosité, comme si le banal et le trivial recélait en son seins quelques surprises de taille pour qui sait faire halte et observer. 

En pareille situation, tu essaimes en terres ingrates, pareil à ces plantes avides de métaux lourds qui aident les agriculteurs ou les industriels à dépolluer les sols qu’ils occupent ou mettent en culture biodynamique.

Pièges à CO2 et pièges à métaux lourds sont appelés à un bel avenir, tandis qu’ailleurs le permafrost libère progressivement son mortel méthane.

Les milliers de pages lues et relues dans le ressac d’une pensée soucieuse de penser contre elle-même ont la même fonction dans l’ordre de la pensée. Elles piègent et concentrent toute la toxicité des mondes humanisés face à des dangers si grands, si intriqués que personne ne peut se targuer d’avoir toutes les solutions et encore moins - et c’est en fait le plus important – d’en mesurer toutes les conséquences fastes et néfastes. 

Important travail qui jamais ne doit s’interrompre, mais pure propédeutique à l’advenue du Simple.

Toutes les complexités, tous les raffinements de pensée, toutes les subtilités possibles et imaginées doivent non pas s’effacer comme on raye une ville de la carte mais préparer la venue d’une ouverture à ce qui, se tenant là, dit le là de l’être-là, sans jamais que cette parole propédeutique ne vire au bavardage prophétique et prétende donne le la.

Ce devoir-être émane de l’être.

Depuis des millénaires des humains bien intentionnés, partout dans le monde, en ont fait une transcendance bardée de mythes fondateurs et qui s’impose par la puissance de son Verbe.

Mais pure immanence, telle se veut et se dit la parole poétique dans l’espace terrestre-céleste de laquelle une parole ouverte à toutes les paroles s’écoute écouter l’être qui l’écoute l’écouter, jadis advint, advient dans le présent qui se maintient, ne cessant d’advenir depuis que le monde est monde.

Ainsi que l’être veille sur qui veille sur lui en paroles et en actes.

Que soit fermement contredit le prétendu arbitraire d’une parole dévolue à l’amour du langage dénoncé par d’aucuns qui se veulent réalistes et qui détestent et récusent jusqu’aux germes d’imaginaire luxuriant qu’ils charrient à leur corps défendant dans l’impensé de leurs propos et de leurs rêves : apporter la preuve que rien d’arbitraire n’entre en jeu dans la parole poétique ne se peut que si cette dernière maintient ouvert l’accès à tous les possibles forgés par la langue poétique qui chante en accord avec l’être. 

Nullement adventices, telles sont philosophie et poésie qui répondent de toutes leurs jeunes forces à cet appel de l’être à être qui, venu du fond des âges, traverse les âges et qui, d’écho en écho, résonne au-devant de la pensée qui se cherche dans l’amitié.

 

Jean-Michel Guyot

5 septembre 2021

 

 

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