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Abstraction versus tragédie
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 Article publié le 7 novembre 2021.

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Les Grecs sont les maîtres de la tragédie, et les pionniers, sans doute, en Occident.
Ils ont su transformer en œuvre d’art les tourments intimes que sont les désirs interdits et les fantasmes, les problématiques collectives que sont l’esprit de liberté et de justice, l’ exil, l’aventure, le bonheur conjugal, l’art de la guerre.
Ulysse, Jocaste, Oedipe, Pénélope... quelques-uns des totems de la littérature hellénistique qui ont aisément traversé le temps.
Les Grecs ont réussi à élever la tragédie au-delà du pathologique, en créant de véritables chefs d’ oeuvre à l’intérieur desquels le concept de dimension est central.
Oui, la fiction grecque possède une dimension unique.

Nombre de fictions actuelles, qu’il s’agisse de romans ou de nouvelles, respirent le tragique. Pire : le pathologique. Ce n’est pas la dimension qui gouverne mais la banalité.

La littérature abstraite que j’ai inventée depuis plus de vingt ans n’a aucun lien avec la tragédie. Il ne s’agit pas d’explorer les failles de l’espèce humaine - encore moins de s’y complaire - , de constater les dysfonctionnements de la psyché, de se conforter dans ses névroses ou bien encore de s’attarder sur l’évolution collective de la Cité. En revanche, un humus tout occidental et qui part d’un certain étonnement se confondant avec un regard contemplatif à l’intérieur de considérations hétéroclites diffusant du sens. Oui, la littérature abstraite, c’est la littérature de l’étrange.
De ce qui transparaît, là, ici, maintenant.
Des descriptions, des interrogations introspectives provoquées par le monde, le recyclage de ce dernier par la vision du narrateur afin d’approcher le réel.
" Mécanique ou Huilée " (à lire dans l’espace " Nouvelles ", 3 octobre 2011, RAL’M)... de quoi parle cette nouvelle ? Il s’agit tout simplement de la description d’une automobile effectuant un trajet allant d’un point A à un point B, conduite par une présence indénommable - ouverte à toute interprétation par conséquent - et dont les bruits caractéristiques prennent soudain une démesure sous l’effet de la narration... à l’instar, par exemple, du chapeau de Bovary dans le roman de Flaubert.
Le fantasme, par ailleurs, occupe une place importante dans ma littérature, se mêlant volontiers à la réalité pour là aussi faire advenir le réel. Mais le fantasme contient des parts, des fragments de réalité, d’où l’impossibilité de dissocier les deux sphères quant au résultat final.
Chacun de mes textes est autobiographique, au sens où j’ai vécu ce que j’écris, imaginé ce que j’écris, les deux s’entrecroisant parfois.
Cela signifie, sans doute, que le pur fantasme et la réalité stricte n’existent pas. L’un des traits de la littérature abstraite...

 

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