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 Article publié le 21 juillet 2004.

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LE JOUEUR D’ACCORDÉON

Pauvre accordéon de la rue,
Sous la pluie au petit matin,
De quelles tristesses accrues
Ne t’en prends-tu pas au Destin ?
Francis CARCO


Mon pauvre piano à bretelles
J’œuvre toujours dans la dentelle
Toqué des pulpeuses polkas
Ou piqué de la tarentelle
Je passe au bleu tous les tracas

Mon pauvre piano à bretelles
J’ouvre mon bal avec fracas

O mon vieux soufflet à punaises
Pour les yeux d’une Avignonnaise
Nous en avons coupé des ponts
Bravé des diables des fournaises
Rembarré des légers jupons

O mon vieux soufflet à punaises
Comme on dit A nous le pompon

J’étais un pilier de musette
Je prenais au mot les grisettes
Et les petits cœurs d’artichaut
Et dans ce genre de causette
Il ne faut pas être manchot

J’étais un pilier de musette
L’été au frais l’hiver au chaud

En douce je me gargarise
Des poésies des chansons grises
Qui n’alpaguent plus les chalands
« Les canuts » « Le temps des cerises »
« Plaisir d’amour » « Les goëlands »

En douce je me gargarise
De la goualante des beuglants

Mon pauvre piano à bretelles
Mon faible pour la bagatelle
Me pousse en joie sur le chemin
De Saint-Jacques-de-Compostelle
Sans présager du lendemain

Mon pauvre piano à bretelles
Je ne veux pas passer la main

O mon vieux soufflet à punaises
Qu’il pleuve de la mayonnaise
A l’ail sur tous nos pots-pourris
Puisqu’une accorte polonaise
Se cambre sous mes doigts meurtris

O mon vieux soufflet à punaises
Le temps nous donnera du prix

Dans les mystères de Paname
Que de fées griffèrent mon âme
Et marchèrent sur mes panards
Sais-tu que nous les fascinâmes
O mon fébrile rengainard

Dans les mystères de Paname
Je traîne comme un vieux pénard

Dans l’ombre je te déboutonne
A deux nous en brodons des tonnes
La gouaille encor vaut quelques clous
Pour nous des bastringueurs atones
Joue contre joue jouent les jaloux

Dans l’ombre je te déboutonne
Je suis ta gouape et ton marlou

Mon pauvre piano à bretelles
Plaies d’argent ne sont pas mortelles
En chœur serinent les rupins
Mais les plaies d’amour le sont-elles
Qu’en dit Schubert qu’en dit Chopin

Mon pauvre piano à bretelles
Qu’en paix reposent mes copains

O mon vieux soufflet à punaises
Souvent tu n’en prends qu’à ton aise
Je plains les pantes pantelants
Que l’enjôleuse javanaise
Au bout de la nuit laisse en plan

O mon vieux soufflet à punaises
J’en reste coi les bras ballants.

 

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