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Chronique d'un CD anachronique de Christophe : « Aimer ce que nous sommes »
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 Article publié le 1er août 2008.

oOo

Christ off de l’underground
ni christ, ni off, artiste seulement.
Jean-Claude CINTAS

Christophe : « Aimer ce que nous sommes », (AZ – Un label Universal Music - 2008)

Avant propos : « J’écris du son pas des poèmes », dit Christophe. Il sort un album « Aimer ce que nous sommes » qui, dès la toute première écoute, a inspiré 15 chantpoèmes à Jean-Claude Cintas, chantpoète. Après un préambule structuré en deux parties « En ces temps… » et « Portrait d’un Christ off d’après une photo de Lucie Bevelicqua », suivent « 13 instantanés poétiques, 13 chantpoèmes » inspirés par l’écoute en boucle des titres de l’album.

 

Jean-Claude Cintas présente à Christophe, le soir de sa dernière à l’Olympia, le vendredi 13 mars 2009, les 17 Chantpoèmes qu’il lui ont été inspirés à l’écoute de son dernier album "Aimer ce que nous sommes". Ce même jour, Jean-Claude Cintas a remis deux de ces recueils "50 chantpoèmes" et surtout sont dernier ouvrage de l’époque "Anagramme d’asilE - Chaos d’amour" accompagné de 17 peintures publié dans ce même numéro (http://www.lechasseurabstrait.com/revue/Anagramme-d-asilE). Christophe lui a répondu par sms le 22 septembre à 23 h 20 : "Je lis et relis et je regarde et je kife... J’aime bien vos colères... et toutes ces étoiles qui dansent. Christophe chanteur."

 

 

I)  « En ces temps… »

 

En ces temps de brutalité des mots et des relations humaines

érigés en mode de vie, en raison d’état.

En ces temps agressifs.

En ces temps de violence rentrée.

En ces temps, où l’art, la création mêmes

se doivent d’une réussite instantanée et sous péridurale.

En ces temps de décadence, d’écologie récupératrice de déchets

auto produits par les hommes eux-mêmes.

En ces temps, où paraître et avoir étouffent l’équilibre d’être.

En ces temps, d’hypnose culturelle subventionnée,

labellisée, bruyante, assourdissante.

En ces temps, ou le bruit médiatique

brouille toutes les ondes de la nature.

En ces temps.

En ces temps.

En ces temps déconnectés.

En sait-on assez ?

Oui, assez ?

Il est temps de poser son oreille et son âme

au creux des microsillons des sorciers du village.

Écouter leurs hululements chouettes et vagabonds dans les nuits incertaines.

Laisser racler le crachouillis de l’aiguille de la platine

sur le tourne-disque laser.

Tourne.

Tourne.

Tourne boule, tourne-disque !

Et si le temps m’offrait

l’aumône de lui-même

je l’utiliserais

encore et bien fait

à aimer ce que tu es

à aimer ce que je suis

En somme,

aimer ce que nous sommes

 

Ni Christ in,

ni Christ off,

Bevelicqua de l’underground,

épingle à son poitrail

le mix de son travail en un opus de soixante dix minutes :

Aimer ce que nous sommes.

 

 

II)  « Portrait d’un Christ off d’après une photo de Jean-Claude Cintas »

 

Ce n’est pas poivre et sel que sont ses cheveux sexagénaires, mais blonds.

D’un blond immaculé.

Fluorescent sous l’objectif de Lucie.

Casque lunaire que la lumière accroche.

Visage profilé de lunettes noires et opaques.

Les bacantes frémissantes,

semblent perpétuellement marmonner sous les naseaux de l’étrange.

Christ off des profondeurs des dialogues intérieurs.

Recroquevillé à l’extérieur de lui-même.

Dialogues introspectifs, sophistiqués.

Contrastes méditatifs, ciselés.

Les mots comme la musique se construisent sans codes.

S’entrechoquent à l’instinct.

S’entremêlent de collages soniques.

S’entrelacent de réverbération.

S’entretaillent à l’emporte pièce.

Et fusionnent perclus d’inspiration.

Maudite poésie. Sombre poésie.

L’âme souillée par le cambouis.

Triturant de ses mains intérieures,

les moteurs de nos mécaniques à explosion.

Soupapes émotionnelles.

Crissements additionnels.

Malaxant la pâte au levain divin.

Infinis pétrissages.

Jamais fini le texte.

Jamais.

Jamais fini la note.

Jamais.

Textes et notes déposés.

Posés là.

Comme des armes d’un combat momentanément arrêté.

Comme lassé du combat artistique.

Ecrasé sous le poids permanent d’un état de création.

Création insoumise après avoir trop tiré sur la corde de l’arc bondé.

Trop tiré, jusqu’à s’en sectionner les doigts.

Aaaaahhhhh, lâché d’énergie.

Orgasmique.

La corde repart.

Cosmique.

Les doigts tranchés sous la vibration ondulante de la corde vocale.

Nonchalants battements d’ailes du papillon moustachu.

Film au ralenti oscillant sous l’onde irrévocablement émis.

La flèche décochée, flotte vers l’inaccessible cible.

On la suit dans son flottement.

On ne fait que la suivre.

 

III)  « 13 instantanés poétiques, 13 chantpoèmes »

 

1 - « Wo wo wo wo »

(Auteurs : Christophe et Marie Moore/ Compositeur : Christophe)

 

Wo wo wo wo

Aaaaahhhhh

Ah

Wo

Oh

Aaaaahhhhh

Aaaaadjani

Admirable Isabelle

Isabelle voit dans les âmes des hommes.

Impressionnante

Voix de la féminité

assise sur un blanc, là,

dans un parc immense où se cognent les sens.

Frissons. Frissonnements.

Frise d’harmonie.

Pointe et plainte de la volupté

Isabelle, kabyle indolente,

plus belle que l’imaginaire

suce, saute les mots,

dans la symphonie

que joue le vent.

Souffle de respiration. Encens étourdissant.

Balance, balance l’encensoir.

Balance.

Etourdi.

Wo wo wo wo

Echo du masculin, Christ off.

Echo à la féminité.

Wo wo wo wo

Echo, graphie de la patte humaine.

Épaté, épatant, épatement.

 

2 – Magda

(Auteur / Compositeur : Christophe)

 

Pas à pas.

Patatra dans Paris

de Londres jusqu’à Séville.

Lentement.

Certainement.

Pas à pas.

Appâter à la pate, s’honore.

Faire monter le fil à la patte de Magda.

Tu vas quand même pas demander

la permission à ta mère

pour te tirer en beauté

avec moi.

Le pas à pas du voyage intérieur.

Couches accouchent d’aller-retours.

Plages à plages de synthétiseur.

Notes à notes acérées du guitar héroe.

Distorsions écorchées à vif.

Pas à pas.

Palpable marche en avant.

Papaye sucrée et dégoulinante.

Pas à pas.

Je suis si triste

chaque fois que je vous quitte

Magda, Magda…

Pas à pas, à chaque pas suffit sa peine.

 

3 – Mal comme

(Auteurs : Christophe et Daniel Bélanger/ Compositeur : Christophe)

 

À chaque peine,

A chaque mal sa bile.

Mâle habile des sons.

Mal habillé de mots.

Christ off des temps.

Or du temps.

Vapeurs diurnes

enveloppées de

l’anneau de Saturne.

Tourne derviche tourneur.

Tourne, dérobé de ta robe dorée sous la lumière nocturne.

Tourne bien.

Tourne mal.

Tourne boule, tourne-disque !

Et si le temps m’offrait

l’aumône de lui-même

je l’utiliserais

encore et bien fait

à aimer ce que tu es

à aimer ce que je suis

En somme,

aimer ce que nous sommes

Ni Christ in, ni Christ off.

Personne,

non, non personne

ne prend jamais plus

la place de personne.

Ni Christ tic,

ni Christ toc,

mais cristal translucide.

Sommes des sommes accumulées que nous sommes.

Somme toute acculés au mal comme une délivrance.

En somme,

aimer ce que nous sommes.

 

4 - « It must be a sign »

(Auteurs : Maya Alleaume- Denise Colomb/ Compositeur : Christophe – David Penas Dorantes)

 

Mais quand elle lisait Artaud,

là,

ça c’était sublime,

pour moi, c’était sublime.

Piano flamenco en perte de control.

Fusionnel Christophe/Colomb.

Bruine marine de méditerranée.

Vagues à l’âme arabo-andalouses.

Ressac fier de l’homme debout, malgré tout.

Le chœur des enfants andalous crie la terre brûlée au soleil des siècles.

Le chœur des enfants andalous, relève espérée.

J’ensemence roses au lieu de douleur.

Espoir, d’ici.

De là.

Là, ou gît tant d’espoir.

L’espoir suranné.

L’espoir d’un choral gitan embrase les emphases.

L’espoir que canta y llora.

L’espoir…

C’est signé, l’espoir.

 

5 « T’aimer fol’ment »

(Auteurs : Christophe, Angela Greco, Lydia Wolf/ Compositeur : Christophe, Christophe Van Huffel)

 

Beau l’héro boléro.

Rapproché, serré.

Cors à cors.

­D’âme à dame.

D’homme à femme.

Happé.

Dedans.

Brûlé.

Encore ces violons.

Encore ces violons.

Fleur effeuillée.

Fleur écorchée.

Fleur arrachée.

Effeuillage universel.

Fol effeuillage.

Absurde recommencement.

Encore ces violons.

Encore ces violons.

 

6 - « Tonight Tonight »

(Auteurs : Christophe, Florian Zeller/ Compositeur : Christophe)

 

Tympan tamponné

par le hit magnétisant de la nuit.

Bruits assourdissant alors que la nuit veut silence.

Silence des profondeurs

bruyants comme des boîtes de nuit.

Erreur.

Les portes de la nuit

ne sont jamais fermées à clef.

Ermites noctambules.

Funambules manchots.

En sortir sous le hit magnétique.

Tonight, tonight, tonight, tonight.

Pousser les murs.

Poussées d’acnés.

Poussez, poussez.

Maintenant, soufflez, soufflez.

On recommence.

Poussez, poussez.

Puis soufflez, soufflez.

Les portes de la nuit

ne sont jamais fermées à clef…

C’est la preuve que non

Il suffisait de les pousser.

 

7 – Panorama de Berlin

(Auteurs : Christophe, Angela Greco, Lydia Wolf/ Compositeur : Christophe et Christophe Van Huffel)

 

Marcher à perdre ses pas dans la ville assombrie.

Panorama du Panam germanique.

Panoramique ensanglanté.

Ambre est la nuit.

Perdre ses pas.

Pas à pas.

Éternel cadencement du pas cadencé.

Marcher.

Avancer.

Pas à pas.

Fantôme du passé

dans le rétro pour un baiser

derrière.

Avancer sous le poids du sac à dos.

Courber mais avancer.

Pas à pas.

Avancer.

Pas à pas.

Filer sans se retourner.

File, filer, filature des ombres

sous la griffe des larmes du désir.

En sortir.

Sortir

par derrière.

 

8 – « Stand 14 »

(Auteurs : Christophe et Marie Pierre Chevalier/ Compositeur : Christophe et Christophe Van Huffel)

 

Boucles rythmiques.

Lancinante mécanique.

T’es où, t’es où, t’es où, t’es où, t’es où…

Chercher le sein à qui se confier.

Cacher ce désir que je saurais voir.

Cacher.

Chercher.

Cacher.

Mais aussi chercher.

T’es où, t’es où, t’es où, t’es où, t’es où…

Je suis toujours ailleurs

stand 14

Vapeur d’essence…

Sur la pétrolette de la vie.

Le visage balayé par les vantardises.

Ventriloque ruminant.

Rouler en périphérie.

Chercher.

Chercher.

T’es où, t’es où, t’es où, t’es où, t’es où…

Ne quittez pas.

Veuillez patienter.

Mais chercher.

Chercher.

Et démarrer.

Appuyer sur la pédale.

Appuyer.

Appuyer.

Surtout être là, c’est être là,

c’est là, là, là, là

La, la, la.

 

9 - « Interview de ... »

(Auteurs : Christophe et Marie Pierre Chevalier/ Compositeur : Christophe et Christophe Van Huffel)

 

Heu.

Crachouillis de l’aiguille de la platine sur le tourne-disque laser.

Crach, cric, croc, craque.

Si.

Oh.

Je.

Gimmick du guitar héro assourdissant.

Hésitations des maux et distorsion des sons.

Je suis témoin, je suis le seul témoin de moi-même.

Intermittence des idées et des sens.

View intérieure.

Zoom extérieur.

Interview de…

On reprend.

Crache tes mobiles.

Crache.

Pourquoi cracher ?

Crache, crache, crache, ro minet !

Crache.

L’obscurité est la lumière des fous.

Crache.

Intercalé entre deux rendez-vous.

À minuit, au plus tôt.

Woman love, Yep.

Les femmes qui dansent vraiment,

elles se passent toujours la main dans les cheveux.

Laisse cracher le crachouillis de l’aiguille.

Laisse.

Tourne.

Tourne.

Tourne boule, tourne-disque !

On fait, on est rien.

 

10 – « Odore di femina »

(Auteurs : 1ère partie Marie Moore, 2ème partie Diego Carrasco/ Compositeur : Christophe)

 

Sangre.

Sangre.

Coule sangre en dissonances flamencas.

Roseau séché et soufflé.

Vibre, bois du roseau.

Vibre, bois des guitares sévillanes.

Néglige l’air du temps.

Respire l’odeur de vie.

L’odeur de la femme

Procrée, belle actrice.

Enfante la vie.

Sous la dentelle de picot bleu.

Hanches de lait.

Résonne bandonéon sous le voile de la robe enroleuse.

Aux hommes, la voix écaillée par el duende.

Servir, bien frappé !

Je voudrais voir comment ça fait

de se plier

à tes quatre volontés.

Palmas aux cris des femmes andalouses.

Palmas. Palmas. Palmas.

Trompettes de la féminité, claironnez.

Je te cherche, toi.

Trompettes de la féminité, claironnez.

Te busco yo a ti.

Trompettes de la féminité,

n’oubliez surtout pas d’étonner.

N’oubliez pas.

N’oubliez pas de résonner.

Claironnez.

Tout ce que j’aime

même les organes à l’intérieur

je les dessine par cœur.

Claironnez.

Palmas. Palmas. Palmas.

N’oubliez pas.

Je veux rester là au cœur de la fleur.

Palmas.

Trompettes de la féminité,

n’oubliez surtout pas.

Détonnez.

 

11 – « Tandis que »

(Auteurs : Christophe et Marie Pierre Chevalier/ Compositeur : Christophe)

 

Garder la féminité en éveil.

Instinct de survie de l’espèce.

Délice du regard de la femme.

Elle n’avait pas besoin

que tout brille autour d’elle

pour me rendre heureux

pour me rendre amoureux

Elle avait juste envie

d’astiquer le réel

pour satisfaire l’imparfait délicieux

L’un parfait pour un autre imparfait.

Imparfaite condition.

Chercher, l’un parfait, l’autre parfait.

Chercher. Toujours chercher.

Parfaitement.

Elle nageait sur la transe

du miroir à 2 faces

et faisait semblant

d’y voir clair dans la nuit.

Parfait. Imparfait.

Parfaire l’œuvre du besoin féminin.

Parfaitement.

 

 12 - « Parle lui de moi »

(Auteurs : Christophe et Florian Zeller/ Compositeur : Christophe)

 

Escalade dans les sphères bouleversantes.

Arpèges oniriques.

Feutres écrasés par la puissance du touché.

Le piano ascensionnel dégouline de notes.

Parler pour se parler.

Parler pour s’apprivoiser.

Pour se consoler.

Pour se reconnaître.

Mon Dieu, s’il elle t’appelle

Parle-lui de moi.

Parler.

Ecrire.

Mais parler.

Et écrire pour s’apprivoiser.

Ouvrir les yeux.

Ouvrir l’infini.

Où vivre d’infini ?

 

13 – « Lita »

(Auteurs : Christophe et Marie Pierre Chevalier/ Compositeur : Christophe) 

 

Toujours.

Pour toujours.

Amour des rimes.

Amour des cimes.

Décimer.

Retrouver les amours.

Décimés et retrouvés.

Aux bords du vide

elle lâche exprès…

La barre, des deux mains.

Perclus d’harmonies stratosphériques.

Mixé au hachoir du beat.

La machine des sons conduit à l’infini.

Et la machine des sens confine à l’infini.

Riverenza, Moi signore.

 

Jean-Claude Cintas
Chantpoète

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