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préface de Jean-Michel Guyot
Ici, Stéphane Pucheu, jamais avare d’audace retenue, comme civilisée par l’écrit qui n’en aime pas moins s’encanailler et peut-être même se damner en rôdant dans les parages d’Eros, brosse le portrait d’une femme qui s’offre aux regards d’un homme cérébral en diable, ici, dis-je, notre auteur se livre à un exercice d’admiration qui prend une forme dynamique-descriptive puis tactile, métaphorique enfin, faisant ainsi accéder son modèle à un statut mythique de lionne égyptienne...[...]
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Commentaires :
Le texte aborde la sensualité et l’érotisme avec finesse, mêlant subtilité et métaphores mythologiques. Meg y incarne une figure presque divine, tour à tour lionne égyptienne et muse solaire, entre fascination et objectification. Si elle inspire et catalyse l’écriture, le concept même de muse, souvent genré, reste ambivalent : Meg oscille entre sujet et objet, idéalisée mais jamais pleinement libérée du regard masculin.
La prose fragmentaire de Pucheu, riche en images et en références culturelles (musique, peinture, cinéma), invite à recomposer une mosaïque sensorielle. Cependant, son caractère introspectif et parfois performatif peut frustrer, tout comme l’absence de voix féminine claire, remplacée par une acceptation implicite du désir.
La préface souligne l’équilibre entre ancrage historique et quête mythologique, mais la densité des références rend parfois la lecture exigeante. Une question essentielle émerge : qu’en serait-il si une femme, lesbienne ou bisexuelle, écrivait ce texte ? Alors, la femme deviendrait narratrice, complice plutôt que muse, et la sensualité s’affranchirait du prisme masculin.