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![]() oOo Il y a cette blancheur qui brûle, un blanc si vaste qu’il en devient gouffre, la lumière s’y noie, les visages s’y effacent, les paroles s’y consument sans écho.
Un bus dérisoire crisse sur la glace, un homme minuscule marche, il avance vers nous, vers l’image, vers rien.
Et dans le vide, des maisons de pierres s’arc-boutent, des cheminées veillent sur le silence, quelques arbres, quelques oiseaux – les derniers à ne pas savoir s’ils sont là ou déjà effacés.
Dans la blancheur, les hommes existent d’un souffle à l’autre, ils parlent, ils mangent, ils aiment d’un geste rapide, ils trahissent d’un regard, ils rédigent des plaintes contre le froid, contre l’oubli, contre eux-mêmes.
Ils n’ont rien d’autre à faire que d’user leurs mots contre la neige qui ne répond pas.
Ici, les enfants grandissent sans éclats, les hommes boivent sans soif, les femmes s’évanouissent à pas si petits qu’on ne les voit plus.
Elles glissent hors du cadre comme on s’échappe d’un songe trop lourd, elles troquent une jambe pour une fuite, elles saignent, elles s’ouvrent, elles deviennent libres dans l’espace que la neige ne comble pas.
Il y a des hommes, des voitures comme des coques vides, des silhouettes qui cherchent à exister autrement qu’en laissant des empreintes déjà recouvertes.
Peut-être que la neige n’est pas décor mais langage, un alphabet d’oubli où chacun disparaît à la mesure de ses silences.
Peut-être que l’utopie se glisse entre les flocons, qu’un regard encore ébloui cherche une fissure dans la blancheur totale.
Et si la neige n’était pas une fin, mais une attente, une respiration en suspens, un espace à modeler, un vide où inscrire enfin l’éclat d’un visage avant qu’il ne fonde ? |
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Lecture et musique électro acoustique. https://youtu.be/AOBkdBsLdBQ?si=Wj9he38dMiDyvndm