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Georges Ayavan
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 Article publié le 14 avril 2009.

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Georges Ayvayan au travail
Des milliers de sculptures, le fil d’une vie
propos recueillis par Marie Sagaie-Douve

Créer ?

Depuis l’adolescence, je fais de la sculpture. Cela s’est imposé. En réaction aux rapports difficiles avec mon père.

J’ai travaillé beaucoup le plâtre alors, mais presque tout s’est perdu.

Cet instrument de révolte est aussi instrument d’analyse où je me découvre. Religion sans dieux. 

 

Mes sculptures de la période héroïque de mon arrivée à Paris, en 1969, sont des têtes, à la limite de l’abstraction. Avec des titres liés à la poésie, à la philosophie.

Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre se compose d’une sorte de feuille sur sa tige, montrant un visage épanoui et, à l’intérieur, un visage tourmenté.

Rien, inspiré du texte de Mallarmé, « cette écume, vierge vers », représente un visage tombant, la bouche entrouverte, le regard effrayé.

 

On est en danger lorsque l’on crée. Contre la mort, et pour tenter de vivre. Comme un funambule, entre l’exaltation de périodes créatrices et les moments vides ou vagues.

Y aurait-il un suicide heureux ? Une curiosité face à la mort ?

 

 

Des sépultures du temps

En 1987, je commence à faire une sculpture par jour, que je numérote et mets en caisse. La caisse est alors un module précis, contenant 21 statuettes.

J’arrête à la 500ème.

Caisses transparentes

 

Dans mon atelier, j’ai fait une exposition. Ai vendu la plupart des caisses, finançant la suite du projet : faire une sculpture en terre cuite par semaine, de ma taille, 1m65, d’un personnage hiératique.

Mais je me suis aperçu que me limiter dans le temps, pour de grandes pièces, n’avait pas de sens.

En 1989, j’ai réalisé 17 sculptures.

En 1990-91, j’ai repris le travail de petites statuettes, avec mise en caisse mensuelle. J’en extrayais la meilleure, que je réalisais en bronze.

Puis, ça s’est délité…

 

Suit une période vague d’un an environ.

En 1993, projetant un voyage en Arménie, j’ai fait une exposition dans mon atelier, prêt à tout liquider… à bas prix s’il le fallait !

Séjour en Arménie jusqu’en 1996.

 

Après cette vacance récréative, je renoue avec la discipline d’un travail, en lui-même absurde. Le relier au temps d’une journée, soit 24 heures, l’associe à un réel éphémère. Cette association fut aussi le fruit d’une rencontre avec le travail de Roman Opalka, lors d’une exposition à Tours en 1986. Opalka peignait en blanc sur de grandes toiles noires la suite des nombres mais, au fil du travail, le contraste avec le fond diminue, jusqu’à jouer blanc sur blanc. Cette rigueur dans l’absolu et cette simplicité du concept m’ont séduit, m’invitant à interrompre mes atermoiements et à matérialiser le désordre de mes idées. 

500 jours avant l’an 2000, le 19.8.98, j’ai commencé le décompte de mon travail négativement. A partir du 1° janvier 2000, j’ai numéroté positivement. Samedi dernier, le 14 février 2009, j’ai réalisé la 3333° statuette.

Je pense poursuivre jusqu’à la fin de mes jours.

 

Parfois, l’exécution me prend du temps, ou bien c’est vite torché. Et en voyage, j’emporte toujours ma terre ou ma cire, pour faire quelque chose.

Chaque mois de travail maintenant est mis en carton.

Peu à peu, caisses et cartons réduisent mon espace vital… 

Statuettes, caisses et cartons

 

2009. Nouvel élan : année de bronze.

Après une période dépressive, je travaille comme un fou.

(Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site : monsite.orange.fr/ayvayan/)

 

Mes influences ?

Plutôt des éveils : tout ce qu’on voit, lit, rencontre…

La sculpture de l’Inde. L’égyptienne. La grecque.

Puis l’expressionnisme allemand, Giacometti… Mondrian et bien d’autres.

Statuettes devisant

 

Epilogue

Dans mon errance figurative, au bord de l’abstraction, la peinture aurait été plus pratique. L’écriture plus simple.

Je suis né à Toulon, place Puget.

 

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