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Yann Küller Troisième partie - Retour sur la plage
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 Article publié le 14 avril 2009.

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Troisième partie - Retour sur la plage

1

J’ai jeté un oeil dans la boite à gants à la recherche de musique, mais y’avait que dalle, pas la moindre K7, juste un bouquin de poche : Pascal, Pensées. J’ai allumé l’autoradio, fouillé les ondes, et ce n’était pas meilleur. Juste des chanteurs à la con sans âme. J’ai écouté deux minutes une chanson qui disait « Et si ce soir on dansait le dernier slow » et puis j’ai coupé le son et claqué la portière.

 Le Scalp et Le If étaient toujours penchés au dessus de la fille.

-Alors ? J’ai demandé.

-Ils sont chouettes, ouais, a dit le If.

-On devrait lui enlever son soutif, a dit Le Scalp.

 J’ai ouvert le bouquin au hasard et j’ai lu à haute voix :

-Dira-t-on que, pour avoir dit que la justice est partie de la terre, les hommes aient connu le péché originel ?

-On lui enlève son soutif, a dit Le Scalp.

-Et merde ! J’ai répondu.

 Je me suis agenouillé près de la fille et, tout doucement, avec mille précautions, j’ai dégagé ses seins des bonnets blancs. Les larges aréoles marron foncé nous ont éclaté pleine mire. On aurait dit deux biscuits Saint Michel un peu trop cuit.

-Putain ! a dit Le Scalp, je crois que j’ai la trique !

-Tu crois, connard ? j’ai dit.

 Le If est tombé à genoux aux pieds de la fille. Les mains jointes. La tête dans le sable.

-Marie Jésus, il a dit, ils sont magnifiques. Encore plus beaux que ceux de ma mère… J’ai envie de les sucer.

-Touche pas à la fille !

-C’est vrai qu’elle en a une grosse paire, ta mère, s’est marré Le Scalp.

-On va lui donner un nom, j’ai dit.

-Martine ?

-Eloïse, a proposé Le If.

-Vendu ! j’ai dit. Eloïse. Allé, merde, ça suffit, maintenant. Terminé le Peep Show !

 J’ai remis les gros seins dans leur cage, redescendu le t-shirt, me suis relevé, et j’ai rangé le bouquin dans la poche arrière de mon jean. Le soleil commençait à sortir de la mer, détrempé et orange.

-Faut qu’on se tire, j’ai dit.

-Tu sais où on est ?

-Non, pas la moindre idée.

 On a soulevé Eloïse et on l’a allongée sur la banquette arrière. Le If est parti récupérer les bières et la bouteille de vodka au bord de l’eau. On s’est tous les 3 assis sur le capot de la bagnole. On a bu un coup.

-De toute façon, Le Scalp a dit, personne ne nous croira.

-T’as raison, a dit Le If.

-On va longer la mer. Tant qu’y a de l’essence, on avance, j’ai dit.

 

2

 

J’ai vu une pancarte qui disait « Notre Dame de Monts, 95 Km »

-Okay, allons-y, j’ai dit.

-A Notre Dame de Monts ?

-J’y ai passé toute mon enfance, je connais un coin peinard. Jamais personne. Même en plein été.

 J’ai bu une longue gorgée, allumé une clope, et puis j’ai passé la cinquième. Au bout de 30 bornes, la fatigue m’est tombée dessus. Un rideau noir avec le soleil qui cogne derrière. Le Scalp pionçait. J’ai regardé dans le rétro et j’ai vu Le If la bouche ouverte, l’œil dans le cirage. La tête d’Eloïse était posée sur ses cuisses, ses longs cheveux rouges tombaient en cascades autour de son visage vide de sang. C’était difficile à croire. Putain ! J’ai dévissé une autre bière. Mon père n’avait loupé aucun virage, sinon celui de son divorce. Qu’est-ce que tu préfères ? Suicide ou accident ? J’ai revu la bagnole défoncée, emboutie dans un arbre, les gueules en sang, la langue arrachée… Putain ! Je me suis arrêté sur le bord de la route, ai ouvert la porte, et me suis vidé de toutes mes tripes.

-T’es okay ? m’a demandé Le Scalp.

-Une existence de merde au service d’une société de merde.

-C’est dans ton bouquin ?

-Rendors-toi, on n’est pas encore arrivé.

 La circulation se faisait de plus en plus en dense. La jauge à essence baissait à vue d’œil. Coincé entre deux caravanes, j’ai ouvert Pascal au hasard. J’ai lu : « Ex senatus consultis et plebiscitis… Demander des passages pareils » Bon, à la prochaine, je prends à droite. 

 Une heure plus loin j’ai enfin garé la caisse au bord de la forêt de pins de mon enfance. Comme prévu, c’était désert. Les yeux me brûlaient. La pendule du tableau de bord indiquait 9 heures 34. Pas un nuage à l’horizon. Je suis sorti me dégourdir les pattes.

 

3

 

-J’ai faim, a dit Le If en s‘extirpant de la bagnole.

-Y’a des bières dans le coffre.

 Il s’est radiné avec un pack de 10, en a décapsulé deux, et m’en a tendu une. La première gorgée m’a pissé jusqu’au fond de la rétine.

-C’est là que tu venais avec ton grand-père ? il m’a demandé.

-Tu vois ce chemin ? Le troisième, là. Bah c’est celui qu’on prenait pour aller à la plage. Toujours le même. Jamais compris pourquoi.

-Tu parles d’une tristesse.

-Bof.

 On a allumé une tige.

-Faut qu’on change de bagnole, j’ai dit.

-Pourquoi ?

-Y’a plus d’essence.

-Vu comme ça… t’as un plan ?

-On va se faire un con. Et crois-moi, par ici, c’est pas c’qui manque. Des quatre coins de la France qu’ils se radinent.

-Et ton grand-père ?

-Depuis que ma grand-mère est morte, il va à la montagne. 

 J’ai fait un tour d’horizon : des pins, du sable, des pins, du sable, des pins, du papier cul. La vérité, j’étais lessivé. Des fourmis me couraient dans les doigts, dans les mollets, me remontaient le long de la colonne, me fouillaient la chevelure. Les dunes tanguaient, les dunes basculaient. J’ai senti comme une flèche se planter dans ma nuque. J’ai jeté un œil fondu au If et je me suis écroulé raide dans le sable.

 

4

 

Je me suis réveillé avec la grève en travers de la gueule. Le soleil me cognait dessus et je ne savais plus trop dans quel coin du monde je me trouvais. Je me suis relevé péniblement et j’ai retiré mon t-shirt trempé de sueur. Un couple était assis à une table de pique-nique, deux gosses jouaient à la raquette. Le type m’a jeté un air. Sa nana s’est retournée. Elle avait des yeux bleu pétard et ses nichons débordaient de son deux pièces jaune kangourou. On s’est un peu dévisagé et puis j’ai marché jusqu’à la caisse. Il y avait un mot sur le pare-brise « on est à la plage » D’un bloc, tout m’est revenu. Je me suis précipité à l’arrière : Eloïse n’y était plus. La pendule du tableau de bord indiquait 14 heures 20. J’ai retiré mes pompes, mes chaussettes, ouvert le coffre, descendu une bière, et me suis mis en route pieds et torse nus, une clope au coin du bec. 

-Salut, j’ai dit en passant devant le couple.

 J’ai repéré 4, 5 bagnoles garées sur le bas côté. Dont une 206 injection noire. Elle était chouette. Elle était immatriculée dans le 75. J’ai mis ça dans un coin de ma tête et j’ai grimpé la dune.

 

5

 

La première fois que j’ai foutu les pieds sur cette plage, je devais avoir 2 ans. La mer était haute, assez mauvaise ce jour-là. Mon grand-père m’a pris dans ses bras et il m’a emmené avec lui dans l’océan. Ni une ni deux, une vache de vague nous a fauché. Quand il s’est relevé, je n’étais plus dans ses bras, j’étais quelque part dans le fond, avec les galets, entrain de me noyer. Ma mère et ma grand-mère ont hurlé. Il a plongé ses bras à l’aveugle, la panique à crever, et coup de bol, il m’a repêché par un pied. On m’a posé sur une serviette et je n’ai pas parlé pendant deux heures. C’est la grande histoire de ma vie : une deuxième vague et j’étais mort. Pendant 12 ans, chaque été, on m’a raconté cette chose. Sur la plage, à l’apéro, avec de grands rires ou les larmes aux yeux. Et je suppose que cette chose a fait de moi un homme fort. 1 mètre 85, 77 kilos, taillé dans un roc. Je n’ai peur de personne. Mon poing écrase la gueule de quiconque. Je m’appelle Yann Küller. Racler les fonds, les miracles, ça me connaît !

 La première chose que j’ai vue, ce sont ses cheveux rouges qui flamboyaient dans l’écume. Elle sautait comme une gazelle dans les vagues en compagnie de mes deux zigotos. Et dire qu’il y a une nuit de ça elle mourait dans un accident de voiture à deux bornes du Club 3000. D’où j’étais, j’entendais leur « ouh » et leur « ouah » Y’a pas, ils filaient le parfait bonheur. Sur ma droite j’ai repéré un gus t-shirt Puma, ceinture Dolce Gabbana, jean Levi’s, et basket Adidas 3 bandes. Mes couilles sur le tapis que c’était le type à la 206 noire. Il se trimbalait un dindon monté sur échasses. Moche comme tout. Pas de cul, pas de nichons. D’ici deux bonnes heures, à prendre le soleil comme elle le prenait, elle ne serait plus qu’un thermomètre en surchauffe planté dans le cul d’un âne. Immatriculé 75 ces deux là, j’en étais sûr.

-Alors Küller ? M’a lancé Le Scalp comme j’arrivais.

-Au poil, mec !

-Hé, viens donc, elle est super bonne, m’a gueulé Le If.

 Eloïse s’est avancée vers moi, ruisselante, les seins nus. Des gros seins blancs, en poire, magnifiques. Les tétons comme deux flèches. Elle a mis ses bras autour de mon cou et ses lèvres sur mes lèvres.

-Bien dormi ? Elle m’a fait.

-Comme une crevette des sables !

-Tu viens te baigner ?

-Qu’est-ce que tu penses d’une 206 noire ?

-Chéri, elle m’a répondu, tu es un incroyable.

 J’ai retiré mon jean et je suis rentré dans l’eau. Elle était aux petits oignons. On a batifolé une bonne heure. Brasse, crawl, et planche. Saut de carpe et aileron de requin. Je gardais toujours en ligne de mire mes deux parisiens. Il devait se croire super fort avec ses fringues de marques. Dans pas longtemps, il allait saigner et pleurer. Et le dindon, peut-être bien qu’on allait l’embarquer. Et pourquoi pas, nom de Dieu ? Au point où on en était !?

 

6

 

On les a chopés à mi-chemin désert.

-Dis donc, Dolce Gabbana, j’ai dit, elle est chouette ta caisse !

 Je n’ai pas attendu sa réponse. Quand il s’est retourné pour me faire face, mon poing droit a atterri avec la force d’un météorite sur le coin de son con pif. Je lui aurais bien mis un coup de genou dans l’estomac, mais il était déjà à terre, toute la gueule en sang. 

-T’es complètement dingue ? a hurlé le dindon rouge.

-Tu devrais mettre de la crème solaire, j’ai dit, tu vas finir par cloquer. Le cancer de la peau, ça t’dit kekchose ?

-Pauvre con !

 Le Scalp s’est agenouillé près du mec, l’a retourné comme une crêpe.

-Allez, il lui a dit, file-nous les clés d’ta bagnole, c’est mieux pour toi. T’es pas un super héros, hein ?

 Le type a fait signe que non.

 Mollement.

 Le type était complètement dans le cirage.

 Le type saignait vraiment beaucoup.

-T’as peut-être cogné un peu fort, non ? a dit Le Scalp

-Pauvre malade ! a craché le dindon rouge.

 Je la sentais au bord de l’hystérie. Elle allait nous lâcher, nous exploser dans les doigts comme un poivron trop cuit. Un peu plus loin en arrière dans le paysage plein de sable Le If et Eloïse fumaient des clopes et sirotaient une bière, peinards. J’ai fouillé dans ma poche arrière, mais Pascal n’y était plus. Dommage. J’avais dû le laisser dans le coffre de la 205. Ou bien sur la plage. Ou alors il était tombé de ma poche quelque part sur le chemin.

 Le Scalp s’est relevé en m’agitant les clés sous le nez.

-On y va ? Il va s’en remettre, hein, juste que, putain…

-On va faire comme ça, je l’ai coupé en m’avançant vers le dindon rouge. Voici les clés d’une 205, noire, y’a juste à mettre de l’essence, elle roule super, elle est, elle est …

 Elle est tombée sur ses genoux, a semblé craquer de partout, et puis elle s’est mise à chialer pour de bon.

-Je peux faire quelque chose ? a dit Eloïse dans mon dos.

-Moi j’crois qu’on f’rait mieux d’se tirer, a dit Le Scalp.

-T’as raison, a dit Le If.

 Le type a émis un son.

 On l’a tous regardé.

 De haut.

 Il faisait vraiment peine à voir.

-Bande d’enculés, je vous retrouverai, moi et mes potes, et…

-Ta gueule.

 Le dindon chialait toujours.

-Bon, ras le bol, j’ai dit, on se tire. Et dire que j’avais pensé l’emmener avec nous ! Merde ! Les filles, c’est plus vraiment comme dans les années 70. Elle se rase la chatte et tout devient lisse. On ne peut plus vraiment s’accrocher, en fait. On glisse, c’est tout.

-T’as raison, a dit Le If.

-Et bien sûr, putain, qu’j’ai raison !

 

7

 

A l’arrière de la 206, mes deux zigues n’avaient pas l’air dans leur assiette, mais bon, ils n’avaient pas l’air malheureux non plus. J’ai filé Pascal à Eloïse – Je l’avais retrouvé dans le coffre de la 205. 

-Vous ne voulez pas mettre de la musique ?

-J’crois pas, non, j’ai répondu. Comme dit Pierrot, la musique après la littérature, merde ! Lis une phrase au hasard, Eloïse.

-Le Vieux Testament est un chiffre, elle a lu à voix haute.

-Et moi j’ai faim, a dit Le If.

-T’as du pognon ? lui a demandé Le Scalp

 Je lui ai jeté un œil dans le rétro et il a tourné la tête vers le paysage de sa vitre. Je n’étais pas d’humeur enfin de compte. Tout le monde a fermé sa gueule.

 J’étais trop crevé pour y voir clair. J’entravais que dalle. La route défilait à travers le pare-brise et je n’avais aucune idée où elle nous menait. Les yeux me brûlaient. Peut-être bien que j’avais tué un mec, peut-être bien que j’avais sauvé une fille quatre heures plus tard, peut-être bien que j’avais volé deux bagnoles, peut-être bien. Peut-être bien que j’avais perdu ma gonzesse, peut-être bien que j’avais perdu les pédales et les pinceaux, tout à la fois, peut-être bien que je roulais droit vers l’enfer. Comment ces choses-là arrivent ? Dis-moi un peu, paternel, comment ça fait quand ça dérape la vie ? Le grain de beauté qui fait que tout devient moche. Quand la machine s’emballe. Ce cœur brisé qu’on traîne soudain comme un boulet. Et puis cette corde au fond du couloir. Qui se balance, qui se balance. Assassine. Dis moi un peu.

-A quoi tu penses ? m’a demandé, Eloïse

-A tout ce merdier, j’ai dit.

 J’ai stoppé la bagnole.

-J’vais passer un coup d’fil, j’ai dit.

-A quoi ça va servir ?

 J’ai allumé une clope et marché vers la cabine téléphonique. Ça me pesait de plus en plus dans la poitrine. Un pavé. L’océan s’étirait sous un ciel immense et noir. Je me suis retourné et j’ai vu à la lueur d’un lampadaire son visage blanc, ses cheveux rouges flamboyants, ses yeux sombres qui ne me quittaient pas. J’ai frissonné de haut en bas et bien cru que j’allais m’écrouler sur le bitume rose dégueulasse.

-Mathilde ? C’est Yann.

-Tu viens ?

-J’peux pas.

-T’es où ?

-J’sais pas… Au bord de la mer…

-T’es parti à la mer sans moi ?

-Pas vraiment.

-C’est quoi ces conneries, Yann ?

-J’ai besoin d’aide, Mathilde.

-T’as changé, Yann. J’ai connu un mec doux et intelligent, mais depuis quelques temps, y’a plus qu’de la rage en toi. Je suis triste, Yann.

-Mathilde, merde ! J’ai…

 Mais elle avait déjà raccroché.

 Les filles, c’est comme ça.

 

8

 

Les trois types qui marchaient droit vers moi sur le parvis désert ne m’ont inspiré que de la merde. Cheveux rasés, Doc Martens, look de beauf. J’ai tout de suite pigé. Contre ma cuisse, au fond de ma poche, le poing américain s’est rappelé à mon bon souvenir. Mes doigts s’y sont enroulés tel cinq serpents venimeux. Mon cœur a pris des allures de bétonneuse. J’ai jeté un œil à la 206 : elle était vide.

 Arrivés à ma hauteur, le type au centre a dit :

-C’est combien ?

-Combien quoi ? j’ai demandé.

-Pour nous sucer la pine, ducon ?

 Les deux autres se sont marrés.

 Bien gras.

-C’est qu’elle a le muscle saillant, cette pédale ! a dit le mec de gauche.

-T’as chaud ? a dit le mec de droite.

-Pas encore, j’ai répondu, mais quand j’en aurai fini avec ta sale gueule, je pense que j’s’rai à température.

 Je n’ai pas vu le coup partir. Je l’ai mangé pleine tempe. Des frissons de singe m’ont bouffé toute la colonne et j’ai vu mille bourriques fluorescentes danser la polka. Le deuxième coup, je l’ai morflé à la mâchoire. Le troisième, au coin de l’œil droit. Ensuite de quoi, je n’ai plus réussi à suivre. Ça allait beaucoup trop vite. Poing, coude, genou. Hibou. Tout a viré à l’anthracite et je suis parti sucrer les fraises.

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