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Sérieux patatras dans le « Square des Séries »
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 Article publié le 12 mai 2010.

oOo

De pas en pas

De pas de danse

En pas de visse

Patatras

Me voilà un brin bien emprunté dans mes pas

Qui me semblaient pas si mal

Mais patatras mes pas me ramènent dans le square

Dans le fameux Square des Séries

Et dans ce square, voilà ti pas

Que je me prends les pieds dans la moquette

Moquette feuillotante en série de feuilles automnales

Du marron aux jaunes des plus pâles au plus salaces

Parfois même parvenu au stade de décomposition

Ces feuilles sont le terreau régénérateur des séries

Voilà que je les piétine sous mes pas

Voilà que je me prends les pieds dans leur masse

Moquette sériellement tachetée du Square des Séries

Je ne sais qui je suis

J’ironise à peine

J’ironise même pas du tout

Car c’est ici que patatras dans le Square des Séries,

que l’on vient se poser la question

L’absence d’interrogation enferme les hommes dans l’erreur

Alors

C’est un sérieux pataquès dans la pastèque

Si série il y a

Série de patatras dans ce pataquès

Je l’ai déjà dit

Mes séries de ballades dans ce square

Mes séries de ballades dans le noir comme dans le jour

Mes séries de pas lads dans ce lieu sériel

Mes séries me servent à sérier les problèmes qui pas à pas nous patatraquent

Me rattrapent

M’emboîtent le pas

Me déboîte le pas

Mais pas à pas

Toujours

Patatras

Ces pas qui nous accablent de toujours devoir avancer

Avancer ses pas l’un après l’autre

Avancer ses pas l’autre après l’un

Et que dire des passes d’armes

Et que dire des passes inceste-tueuses

Qui nous masturbent l’instant de ses quelques pas dans le Square des Séries

Elles nous masturbent l’esprit

Nous le torturent

Esprit es-tu encore là sous ces pas qui ne cesse de nous malmener

Ces pas qui nous promènent sur les bords et sur les à-côtés de la vie

Vie sérielle de mauvais goût ou de bons coups

Patatras

Je le redis

Toujours patatras

Je pensais ne plus me prendre les pieds dans l’intellect sériel

Ne plus laisser de traces

Mais les traces dans le terreau sont là

J’imaginais y être arrivé

Mais voilà que l’intellect sériel me rattrape à grands pas

Et que patatras

Je me l’imaginais donc

Mais je me la prends aussitôt sur le coin du bec

La série

Ma douce série

Crème chantilly de série

Tartine de série

Confiture qui dégouline

En veux-tu en voilà

Toi qui ne fais pas les choses à moitié

Toi qui ne mets pas les pieds dans les mêmes sabots

Tu trouves ça beau de sérier de ténèbres les semblables

Sabotage

Sabotage en série

C’est du sabotage

C’est un carnage

On a rien demandé pour que tant de série nous carapate la cervelle

Rien

Nos pensées en série, on se les fait siennes

Leitmotiv

Raie/cul rances et obsessions

Nos pensées se cognent aux parois de la boîte crânienne

Et si l’une d’elles ose s’en désorienter

Si une seule d’entre elle s’aventure hors boîte crânienne

Hors de cette boule à neige que l’on retourne dans tous les sens

Elle retombe aussitôt en flocons de séries d’idées

Série d’idée qui s’entremêle les unes aux autres en un tapis sur lequel on y mène nécessairement nos pas

Elles s’y redéposent même si l’on ne cesse de secouer la boule à neige

Elles retombent en un manteau qui pèse sur les épaules

Elles veillent aux grains les séries dans le Square des Séries

Aux grains de folie en série sous les coups du bâton de pluie Bâton de pluie dégoulinant et résonnant dans la boule maboule

Dans nos calebasses crâniennes qu’on sait crâneuses

Ces séries de vie commune

Ces séries de vie peu commune

Qui nous servent à rien de retenir

De contenir de l’avoir

Des savoirs

De contenir car la série veille

Dans le Square des Séries

Rien ne se perd

Rien ne s’égare

Tout se transforme

Même sur le banc couvert d’une série de merdes de pigeons

et de pisses jaunes des êtres humains SDF (Série De Fanges)

Que pigeons hommes déposent en série

Déposent-là

Trophées ignobles

En moutons de panurge

Minables moutons de panurge

C’est plus facile, perdu dans la masse

Dans l’anonymat de la foule

Dans l’impersonnel du Square des Séries

Moutons de panurges sériels

Pas de signatures

Le crime en série n’est pas signé d’un homme

Mais des hommes

Le crime en série n’est pas signé d’un pigeon

Mais des pigeons

Nous sommes pigeonnés à notre propre fange

Pas de signature

Mais des séries de signatures

Une pétition sans appel

Merdes de pigeons

Pisses d’hommes

La série est le moyen de se confondre dans ses pas et dans la nasse

De se confondre dans la masse des mauvais pas endurants

Une belle façon que ne pas regarder en face

Mais patatras

Dans le Square des Séries pour ne pas se regarder en face

Ce n’est pas facile

Dans le Square des Séries en tourne en rond

Et à force de tourner en rond, difficile de se regarder en face

Où même de se croiser un tant soit peu

Même en pressant un peu le pas sur nos pensées

Prendre un tour d’avance

Impossible

Courir plus vite que ses pas dans le Square des Série n’est pas chose aisée

Etre plus rapide que son ombre

Lucky Luke de sa propre pensée

J’étrenne pourtant souvent mes pas dans le Square des Séries

Pour me poser aux questions

Pour m’opposer aux questions qui m’assaillent

Questions en question
Je tente même de presser le pas

De m’y rattraper pour y répondre

Avoir ce tour d’avance

Le rêve quoi

Une série d’avance

Utopie quoi

Mais toutes ses feuilles qui virevoltent alentour

Sont des pages déjà jaunies des questions que les hommes écrivent et ne vont cesser de réécrire

Série des mots en écrits et en cris

Écriture de sa vie en série de rituels et de mots

Écriture de sa vie en série d’avantages et de privilèges

Écriture de sa vie en faisant les cents pas

Trépigner sans pas

Peut-être la solution

Footing du surplace

Façon de perdre son tour

Surplace instable et lâche à la fois

Écrire dans cette série infernale des actes

Écrire dans cette série abyssale des pactes

À chaque fois que l’on vient y traîner ses pas

On pense y être tranquille

Être pénard

Y trouver la sérénité peut-être

Détendu du gland

Que nenni

Et que dale

Patatras

Dans nos pas en série, on se rattrape soi-même

Et uniquement soi-même

On se dépasse parfois en des moments de lucidité

De limpidité

Mais tellement courts

Moments tellement fugaces

Tellement furtifs

Qu’on se reprend

Qu’on s’interpelle à nouveau

Qu’on ceci

Qu’on cela

Pauvre qu’on

Hep vous là par ici

Au rappel

Non non je veux encore avancer pas à pas

Mais si, hé con reviens ici

Par ici et tu dois repartir

Aller

Au pas

On tourne en rond

On tourne en série de ronds patapon

C’est très sérieux ce patatras

Comme des bulles de savons que l’on souffle

Et qui s’envolent très sériellement dans l’air

Cette fois elles ne retomberont peut-être pas

Elles exploseront par la pression atmosphérique

Mais emportent-elles avec elles ces morceaux de pensées qui sont enfermées dans nos boîtes crâneuses et dont on voudrait bien se débarrasser

S’emportent-elles au point de se faire péter comme des bulles de chewing-gum que l’on gonfle, nous gonflent

Emportent-elles comme bouteille jetée à la mer des messages pour que l’amour nous appelle

Nous apaise

Secouer la boîte crâneuse telle une bouteille de Champagne pour mieux la faire péter

La sabrer grand seigneur

Et la faire sauter au plafond et rouler parterre si nécessaire

Je vous le dis

On tourne en rond dans ses choix métaphycosériels dans le Square des Séries

Il ne faut y prélasser ses pas dans le Square des Séries

Que si l’on est certain de ne pas se poser de questions

C’est un boumerang insatiable de questionnement

Qui vous revient dans la gueule
On voudrait tourner rond sans tourner en rond

Mais les ronds dans l’eau provoquent des ondes circulaires infinies

Que les rebords du square arrêtent dans leur course

Et renvoient comme un ressac

Ressac inéluctable qui ronge la falaise

Romantiques

Venise s’enfonçant de jour en jour par le ressac

De ceux qui ne se posent plus de questions

Série de ronds patapon dans le Square des Séries

Circulations d’une série de pas dans le square

Reprendre le pas dans sa démarche

Dans sa marche

Pas à pas

Sans patatras

Marcher en mâchouillant ses pensées en série

Chewing-gum mal à bile qui nous retourne l’estomac

Marchouiller en mâchant entre les séries des séries

Tout ça est très sérieux pour sérier les séries en cascades de séries

Rafraîchissantes ou refroidissantes les séries nous submergent de leurs éclaboussures

Nous éclaboussent de leurs sérialités infinies

Sauront-elles se ressaisir ces séries qui nous sciaient si mal

Sauront-elles se dessaisir ces séries et nous laisser du répit

Tout cela est très sérieux et trop sériel

Ah

Je suis ko

Sériellement épuisé

De ce Square des Séries où je prélasse mes pas d’un bout à l’autre de ma vie

Infiniment

Désespérément

De pas en pas

De pas en pi

De pi de peau de vache

En pas de danse

Mes pas des vices

Et patatras

Ils sont toujours-là mes pas

Pas à pas

Square des Séries

Sérieux

 

La Dauberie, le 23 septembre 2009

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