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 Article publié le 16 septembre 2010.

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La mort

Tant que nous n’aurons pas résolu, scientifiquement ou moralement, le problème posé à la vie par la mort, nous demeurerons dans l’intranquillité, dans l’expectative des violences, dans la pratique constante de l’injustice ou plutôt des adaptations pragmatiques qui rendent la justice injuste, etc. S’il y a un Dieu, comme on le soutient plus violemment que jamais [1], et bien que le temps ne soit plus d’en douter, temps cartésien, mais de le nier, il est tout simplement inutile ; il est, en termes clairs et sans les précautions d’usage : détestable, haïssable. S’interroger sur cette inutilité, c’est commencer à parler de la mort pour lui trouver une solution, même provisoire, c’est-à-dire encourageante par des aspects psychologiques ou moraux particulièrement adaptés à la résistance naturelle de l’homme et à sa crédulité foncière. Attente farcie d’intentions pourvu qu’aucune n’ait son origine dans la Religion ou dans le Droit hérité de la propriété. Ces évidences sont tout de même plus « apodictiques » que le bon sens, de nos jours. On ne prend pas la plume, ni la charrue d’ailleurs, sans cette révolte intérieure qui n’a pas d’autre moyen de s’exprimer et d’exister que l’écriture qui découle de la première douleur. Parallèlement, le premier plaisir a une importance de repère. Ici s’inscrit la figure de l’écrivain, et non pas dans l’usage immodéré et abusif de la coiffure qu’on voit ceindre les crânes orthodoxes aussi bien en religion qu’en justice d’ailleurs, quand ce n’est plus, mondainement, que sur les têtes des femmes ouvertes à la reproduction de l’espèce fortunée par héritage, par mariage ou par réussite sociale [2]. À l’évidence de la misère ne suffit plus l’ambulance prudente de Camus, si elle a déjà servi à autre chose qu’à redorer le blason de la pensée mise à mal par les lendemains de guerre.

 

La philosophie

Que philosopher, ce n’est pas plus apprendre à vivre, leçon d’autorité, que d’apprendre à mourir, leçon de sagesse : c’est apprendre à écrire. Que philosopher est une affaire d’écrivain, tel est le virage que la pensée universelle est en train de négocier au cerveau humain. Les expérimentations n’y feront rien, pas plus que les engagements aveugles ou terrorisés. L’humanité terroir nourrit la vipère qui lui donne, de temps en temps, des fièvres difficilement combattues sans armes ou sans mesures de rétorsion. La vérité est simple à ce point que les cerveaux sont invités à la compliquer d’autres explications capables de sécréter l’énigme des déclarations de guerre. N’est plus écrivain, du moins pas écrivain-philosophe, celui qui défend la particularité contre l’évidence. À force de rendre service, par supputation exogène, l’écrivain-avocat perd la langue, il participe à l’uniformité sous prétexte de défendre la rhétorique de ses soi-disant racines. La littérature au service des révolutions pendantes et successives ne fait pas l’histoire de l’homme ; elle l’engage à la confusion, non plus des langues, mais des usages. L’écriture-justice, entachée de théologie, divise au lieu d’instruire, d’émouvoir et de charmer [3]. Si la littérature doit s’engager à quelque chose, ce n’est pas à rendre service ni à se faire belle ; elle demeure le pivot des évidences ou elle est aussi inutile et détestable que les dieux qui nous servent de prétexte à ménager les usages, avec ce que cela suppose de répression et de menaces pour servir de Droit, et à conserver le droit de propriété et ce qui en découle de passation de pouvoirs, de trafics d’influence et de rackett sur la consommation. La littérature devrait être le centre d’une réflexion portant sur les traditions et les possibilités d’appropriation des réalités. Imagination et rythme sont ses critères d’existence.

 

Les thèmes

Avec cette traduction, s’achève donc le premier livre du « Livre des lectures documentées ». Livre de lecteur attentif à communiquer ses impressions et, en même temps, à faire le lit de l’écrivain qui va s’exprimer dans le Livre II qui serait composé d’une série d’essais sur les thèmes suivants tous extraits de l’abc :

1) La méthode idéogrammatique.

2) Le texte lui même, la critique (validité, durée, mesure).

3) Fonction sociale de l’écrivain.

4) Limites des langues.

5) La « charge du langage ».

6) Les catégories d’écrivains, les figures.

7) La liste, l’anthologie, la documentation utile à l’apprenti ou à l’étudiant.

8) Passage du langage prosodique au langage non prosodique.

9) Limites de la théorie : phanopœia.

10) Troubadours : melopœia.

11) Rôle de la traduction dans la « liste ».

12) Médiocrité.

 

Livres et parties du Livre des lectures documentées

Il va sans dire que ce sont là des thèmes à inscrire dans le texte (puisque l’écrivain succède au lecteur). Une bonne méthode de réflexion consiste à essayer d’abord puis à disserter avec ses propres moyens (le roman dans mon cas, ou le poème, qui est souvent un roman).

Le livre II est donc en cours d’élaboration ; c’est ici que commence le travail évolutif. Ce livre ne m’est pas apparu d’emblée comme le premier qui était et demeure un souffle de lecteur organisé et méticuleux en même temps que capable d’effusions en tout genre. Mais la place de ce livre est bien la seconde. Je touche ainsi, un peu, le double personnage que nous sommes tous en mesure de jouer. Lecteur-écrivain, il me semble qu’alors je décris une première partie du « Livre des lectures documentées ». Anticipons un peu sur ce que serait la deuxième, en l’absence de lecteur-moi et d’écrivain-possible.

Un livre III devrait proposer une anthologie, limitée toutefois à la littérature française (ce qui restreint le champ de la langue). Ce serait en quelque sorte une « critique » de la deuxième section de l’abc qui, sous le titre de « Documents », est un « périple » redoutable d’exactitudes à travers les territoires de la littérature de langue anglaise, avec des excroissances ailleurs qu’en terre anglo-saxonne, par exemple chez Laforgue ou Flaubert. Ce texte, en tant que texte, est pour moi ce que j’ai lu de plus profond et de mieux documenté. Suivre cet exemple, même en babillant, me semble promettre une expérience riche en péripéties. Mon « anthologie » s’arrêterait, en ce qui concerne ce troisième livre, au seuil de la modernité que je situerais volontiers en 1913 (Harmory show).

Un quatrième livre continuerait donc l’effort anthologique pour se plonger dans la plus grande expérience littéraire qui soit : le surréalisme. Le lecteur, ici, reprendrait de la graine, en relisant les « Manifestes du surréalisme ». Puis une saillie incommensurable du surréalisme, provoquée par Artaud, conclurait cette anthologie (Livre V) avec une revisitation du « Théâtre et son double », sorte de point de chute dont la littérature, française en tout cas, semble ne pas se relever alors qu’il est si facile de renvoyer Céline, pourtant tout aussi insalubre, à ses cahiers aux pages déchirées. En conclusion, revenant à Blanchot, c’est Thomas l’obscur qui installerait ses sortes de tréteaux narratifs et l’écrivain que je suis possiblement y trouverait à redire.

Ainsi, d’un bout à l’autre de cette prévision qui n’est pas dans mes habitudes (les prévisions), j’aurais à la fois fait le tour de la question littéraire telle qu’elle m’apparaît et surtout, j’aurais parlé (au moins cela) des cinq livres qui auront eu sur ma pensée une influence claire :

Utilitaires :

— Le livre à venir de Maurice Blanchot.

— L’abc de la lecture d’Ezra Pound.

Synopse :

— Les manifestes du surréalisme d’André Breton.

— Le théâtre et son double d’Antonin Artaud.

— Thomas l’obscur de Maurice Blanchot.

Sans négliger, bien sûr, ce que l’anthologie trahira de mes goûts et de mes idolâtries. Telle est cette perspective de travail.

 


[1] Remarque qui vise toutes les religions et particulièrement lesdites « révélées ».

[2] « Des différentes manières dont on acquiert la propriété », articles 711/2283 du Code Civil des Français — plus des deux tiers de ce code dont le premier tiers traite des personnes, des biens et des « différentes modifications de la propriété ». Lire le Code pour préparer le terrain du style ou celui du contenu : un choix d’écrivain, en effet.

[3] ...ut doceat, ut moveat, aut delectet...

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