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Michèle KATZ - Espaces du corps et du temps
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 Article publié le 3 juillet 2011.

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L’œuvre de Michèle Katz est l’histoire du corps et de son identité. Elle passe de son épaisseur pour aller à la poursuite sa transparence au sein d’enchevêtrements qui évoque (en off) des paysages d’enfance et leurs légendes noires. Des chiens de garde semblent aussi présents en filigrane pour déchiqueter ce qui reste du corps et leur couper les membres. L’artiste creuse ainsi mais peut tout autant démultiplier la limite des corps par la fragmentation et la rage. Ses silhouettes assignent la distance aux couleurs. Rien d’acide en elles ou plutôt de moins en moins : elles sont comme recouvertes d’un voile, d’une pellicule et d’un bruit d’ombres. Elles avancent en silence comme des dunes sous l’effet des vents que l’on croyait contraires.

Dans les toiles de Michèle Katz les ombres ne sont désertes que grandies sous l’imminence de plaques de révélations qui touchent un vide mais sur lesquelles tels des funambules les ombres jouent. Stigmates, énigmes traversières. Sur la fin des terres : diagonales pour l’oeil et presque pour l’oreille. Il y a là un rite de fragments où la continuité du clair et de l’obscur échappe à l’enclos du pur sanglot comme dans l’œuvre du poète dont l’artiste demeure si proche : Paul Celan.. De la surface au ciel, en épreuve de l’ascension la peinture travaillée horizontalement et s’érige progressivement passant des cris premiers à un certain silence.

De l’horizontalité (racines) et de l’horizon monte tel un fantôme le chant des migrations et des exils. L’œil devient attentif aux transhumances et nous revoilà errants. Si bien que d’une œuvre à l’autre l’âme possède à travers le déchirement et la radiographie du corps ses propres lumières à ce point où l’espoir devient si proche de la désespérance là où les mains de l’artiste coupe celle de ses silhouettes vulnérables.

Emerge une Infinie construction de miroirs sur lesquels s’animent les images de terreurs et d’accomplissement. Il s’agit encore de fouiller l’écart d’un relief parmi d’autres survivants, ici mieux qu’ailleurs immédiat. Le gris devient vecteur d’alchimie. Il sort de l’ombre. Il devient la couleur du large sur un blanc de neige sale. Et parfois comme la tombée d’un archet sous une aube agenouillée, anonyme. Vestiges ou vertiges des haltes en des marches forcées. Verticales dans l’abandon des marges. Parfois couleur des couleurs dans le blanc comme si elles se confiaient, là, les unes aux autres comme l’envers du crépuscule à hauteur d’être. Une langue monte de l’invisible. Appel d’une paix ineffable offerte à l’amplitude.

Michèle Katz peint en une aventure toujours recommencée. Elle peint parce qu’elle ne peut s’en empêcher. Ni simple reflet du monde extérieur ni seul projet du moi profond de la créatrice, son oeuvre est la meilleure formulation possible d’une réalité absente, arrachée mais de laquelle elle est inséparable et avec laquelle seulement elle prend sens. Si elle avait choisi l’écriture, elle aurait sans doute fait la même chose : choisir des images, les redéfinir, les confronter, les donner à voir.

Emue par la fragilité des corps, leur extraordinaire banalité, la puissance contenue en lui, mais aussi les grands espaces son travail s’organise par sortes de séries jamais closes L’artiste sait jouer de l’écart qui existe toujours entre ce qu’elle veut montrer et ce qu’elle montre. Se situe cet impondérable qui fait que l’art au sein même de sa maîtrise échappe à sa créatrice afin de faire parler son inconscient. "Phénomène d’être" selon la formule de Bachelard, la peinture de Michèle Katz fait éclater les images du réel par un détournement particulier : sans tourner le dos à toute représentativité, l’artiste y introduit des éléments perturbateurs, des sortes de placages comme des abîmes et des transparences. C’est une façon de casser l’organisation plastique de ces ensembles jusqu’à produire un fantastique jeu d’attraction et de répulsion.

Tout se joue en cette charnière. Et l’image - phénomène d’être et de civilisation - prend un sens particulier dans une entreprise où la réflexion est insécable de la gestation puis de la gestion et de la distribution des formes et des couleurs. L’immense mérite de Michèle Katz consiste à faire que la moitié nocturne des images soit mise en évidence au milieu du scintillement des "ruines" du monde afin que de sa contemporanéité surgisse une atemporalité mythique. Apparaît l’essence d’une expérience qui tourne le dos aux gadgets esthétiques du temps.

Utilisant les armes de la peinture - sans un négliger certains ajouts de matières - elle souligne combien notre vie n’a rien à voir avec une "vie intégrale", qu’elle en est même fort éloignée. Une réalité plus profonde est convoquée à un extraordinaire cérémonial. Le tableau et le dessin nous font sortir de leur énoncé et nous projettent au-delà de la pensée admise, de la pensée "choséifiée". Le monde qui surgit n’est ni créé ni choisi mais découvert, dévoilé.

S’ouvre, par l’adjonction d’éléments perturbateurs, une contemplation émotionnelle presque indépendante de ce que la raison nous fait reconstruire dans la recomposition de l’image à travers nos propres images mentales. La peinture devient pourtant plus une affaire de vision que de technique - ce qui ne veut pas dire que Michèle Katz se moque de la technique (en cela sans doute elle n’est pas "moderne"). Surgit un réel d’adjacence qui répond par sa violence à l’agression intrinsèque de notre civilisation et de son histoire.

Tout éclate dans une sorte de "monstruosité". Il ne s’agit plus d’ouvrir un virtuel ou du moins pas n’importe lequel : juste celui qui dévore la représentation afin d’en faire jaillir sa part d’ombre, cette part qui nous recouvre aveuglément tant nous sommes dedans, prisonniers de ses leurres. L’imaginaire fonctionne donc vers l’épuisement de l’ombre en une sorte de violence. Le dynamisme de l’image devient une lutte contre notre enfermement.

L’imaginaire de l’artiste fonctionne au service de la présence, mais une présence qui est en rupture avec les images du monde, les images du temps. L’œuvre est provocation de la réalité par et contre elle. Il y a sans doute là utopie, mais utopie vitale Et l’oeuvre ne renvoie plus à une perception, à une pensée ou à une rêverie qu’elle se contenterait de ramasser, de fixer au sens photographique du terme. L’imaginaire n’est pas un pur reflet, pure aura mais "néos" contre le chaos. Sans cesse se dérobant à toute signification et renvoyant au-delà d’elle-même, la créatrice élabore une "réalité" du corps afin que l’être renaisse à lui-même dans le lieu même où il n’est que zombie.

Michèle Katz comme Gustave Moreau pourrait affirmer : “ Assez de toutes ces réflexions critiques, de ces blâmes, de cette sévérité théorique chez tous ces imbéciles dont l’intelligence en Art, comme en tout du reste, ne dépasse pas celle d’un concierge ou d’un charcutier ”. C’est un peu dur pour les concierges et les charcutiers mais cela possède le mérite de la clarté. C’est pourquoi celle qui - peut-être à son corps défendant - est habité d’une mystique sait que l’art l’emporte toujours sur la simple dévotion religieuse pour la déplacer vers des tensions existentielles et abyssales.

L’oeuvre de Michèle Katz reste à ce titre lourde de bien des malentendus. Elle ne correspondait en rien aux critères de la mode du temps. Mais l’artiste ne suit pas la logique de l’esprit ou du jugement de son époque. A travers ses figurations aussi "naïves" que complexes, elle trouve le moyen de fondre périodes et civilisations pour pousser sa propre mythologie qui révèle l’intimité de l’être.

Contre les pensées (morales, religieuses, esthétiques) en place Michèle Katz a toujours choisi une voie particulière. Réduisant les colorations et les harmonies à l’essentiel sa peinture n’est ni jeune, ni vieille, ni belle, ni laide : elle donne un autre point de vue sur la beauté. Elle est un filtre qui livre goutte à goutte une liqueur paradoxale. Loin des excentricités, des fausses audaces, l’artiste suit son sillon et peint son cri. Elle sait le transfigurer en images capables de nous renvoyer au nôtre comme à notre silence.

Il existe chez elle des intuitions qui ne peuvent laisser insensibles ceux qui croient encore à la peinture, ceux qui savent de quoi elle est faite lorsqu’elle se veut encore puissante et ambitieuse. Face à l’humanité spongieuse, pâteuse, animale, ses figures collent à notre vue. Tissant le corps dessus dessous, elles traversent le cœur des brumes. S’ouvrent les poches d’ombre, se soulève une source ultime d’aurore en aplomb du chaos. Silence moite, présage attendu ou inattendu : tout est là. Restent ces figures sulpiciennes mais scintillantes d’espoir, pareilles aux premiers vagissements étouffés du monde au seuil d’une maturité picturale à travers le prisme d’une étrange lumière.

Michèle Katz ne peut pas diminuer l’obscurité mais augmente la lumière. Emerge au sein de la douleur, ce qui la transcende : une transparence vitale. Chaque œuvre dans sa charge à la fois naïve et d’icône, dans ce qu’elle reprend de peintres habités tel que Chagall et sur un fond soit ouvert, soit bouché (par le peu des interstices) elle montre qu’un corps demeure, elle montre qu’une âme est venue.

Que faire avec ces corps ? Ils semblent parfois sous atrophiés : pas de mains, bouches tordues. Certes, il n’existe pas la fracture du mystère mais ce qui dévaste le corps et que Michèle Katz reconstruit. Surgissent dans l’épreuve du temps à travers les couleurs "passées" et les lignes épurées en une sorte de nudité. Ainsi il n’y aura jamais de fin et aussi moins de place pour l’éloignement car lorsque la couleur violente s’éloigne, celles atténuées choisies par l’artiste rapprochent d’une clarté dans le dialogue de ses ombres.

Pas des reflets mais des éclats sous un ciel lisible ou illisible. Une "langue" plastique obscure avance à tâtons et pudeur dans l’inconnu par delà même du poids immense des livres, des Talmud et des Bible. Là le miracle : ne rien attendre des hommes et de leurs écritures mais tout de l’aube-crépuscule de la peinture qui appelle sans cesse ce que mes mots repoussent en croyant parler. Impossible alors de penser l’être et les postulations qui le tordent et le tendent autrement dans le mystère de la gravité d’une telle œuvre dont la pâleur de neige reste la couleur qui boit cette lumière dont peut surgir toutefois une dernière attente là où des sentinelles égarées tentent chaque fois le saut dans l’impossible.

Reste ce nécessaire transfert, la folie du croire, du croire voir. Folie de la pâleur qui appelle à la vie élémentaire. Parfois surgit de manière plus ou moins évidente l’homme enfant battant l’enfant homme, l’enfantôme, l’enfant battant l’homme devant une sorte de mur où l’enfance s’enfonce.. La peinture ouvre le murmurant d’enfance battant le temps. L’artiste devient une mère s’offrant pour mûrir le temps pour que la peinture du futur n’aît plus à hurler de douleur et qu’elle puisse instaurer à la place des brames amoureuses.

A corps et désaccords. Accords et des-à-corps. Combustion lente sous la surface. Stries dans la matière. La main doit aller - entendons : avancer. La main en même temps suit physiquement et le corps tout entier est présent devant, derrière, dedans : immédiatement engagé. Michèle Katz cherche là : autour l’intéresse mais le centre du corps la préoccupe la pénétration du réel.

Les gisantes se cambrent. Autour d’elle des tonnes de larmes se sont dissipées jusqu’à se mélanger aux pigments afin de créer un fond qui scelle plus que le tableau, la vie. Des larmes : celles des persécutions trop blanches. Conscience une fois le coup passé (issue du passé) de ce qu’il faut peindre de et par tous les temps : la vie sourde, irisée, conçue pour altérer la mort dans la jouissance du faire même lorsqu’il crée la plus grande des douleurs que l’on se donne ou qui nous est donnée.

Ici où là, dans l’éloignement des dates mais en une commémoration perpétuelle par série d’"autoportraits" paradoxaux Michèle Katz ne se lave jamais les mains des désastres du passé car ils sont toujours renaissants. Yeux ouverts, il faut peindre absolument non sous "âmenésie" mais "né cécité". Peindre éperdument comme elle le fait depuis la lumière limpide des premières toiles puis dans celles qui deviennent plus blanche sombre. Dans tous les cas une étrange clarté n’abandonne pas.

Dans la cendre et sa couleur, l’illumination du mat (parler de peinture de "maturité") Michèle Katz "entrace" et dessine ses corps souffrants. Se souvenir alors de la phrase de Derrida dans son "Schibboleth" (et à propos de Celan) : "Comment dater autre chose que cela même qui toujours se répète ?". Et n’est-ce pas pour cela que Michèle Katz enduit un air mat avec comme horizon celui de la blessure dont rien ne sera dit sinon par le sceau d’une bouche ouverte ?Restent des percussions presque blanches sur lesquelles la gisante verticale se lève et se fige. Chaque tableau est un jour d’errance longuement fomenté.

Le blanc chez l’artiste est un rebord. Rebord ancien tel un ourlet oublié. La main s’y efface. Elle en dépend. Peindre dépend d’elle et de l’après sur laquelle elle veille, collée au corps. Au centre aussi des forces surgissent. Michèle Katz les astreint au point de les réduire en cendres hors de l’ornière et de l’ornement mais dedans aussi, en une sorte d’inversion complexe. Entre écorchure et échancrure, le corps comme envasé dans la cendre, contenu par elle, rassemblé par son "poids" et sa présence n’étouffe pas : il berce. Il devient une forme de ténèbre ouverte sur la lumière ;

Le corps est cela. Un emportement long, lent, patient, journalier où le rouge n’ensanglante plus, où la touche ne tasse pas, où le renvoi de matière non seulement soulage, apaise mais retrousse, ourle, brasse le plan sans retour, rebrousse le chemin perdu. Sente dans la cendre. Trouble que la peinture prend sur elle et porte. Michèle Katz pratique donc selon une exigence intérieure alimentée par une connaissance parfaite des fondamentaux de son art. Quoique d’essence figurative, la recherche de Michèle Katz est imprégnée d’âme slave et de cette douleur diffuse qu’on lui attache. Le "déscorps" est ouvert, découvert, la peinture semble se mélanger au silence et au cri. Sur les parois que représente chaque toile même lorsque les personnages sont privés d’oreilles il y a quelque chose qui claironne ou plutôt crache, sidère.

L’artiste mène aux aurores précaires, monte le cœur d’un cran et d’une dislocation. Tout y est : mémoire, présent, projection vers le futur : comment le tableau pense-t-il et nous fait-il penser ? Comment procède-t-il avec le temps lui-même pour bouleverser nos espaces familiers et ceux de notre enfance et afin de nous nous bouleverser du dedans en touchant nos lieux, nos "aîtres" (G. Didi-huberman) ? C’est à ces questions que Michèle Katz répond. Répond à sa façon. L’état naissant qu’elle provoque avec l’insurrection de l’altération du corps n’a rien d’une nostalgie simplement orientée vers notre origine en tant que source perdue de qui nous fûmes et de qui nous sommes. L’artiste crée en effet une dialectique entre deux temporalités : celle du présent (ne serait-ce que et déjà celui de la création), celle du passé repris, "volé".

Peindre revient à faire une fouille du corps afin qu’une autre forme s’exhausse. Fouiller ce n’est donc pas arpenter les dépôts pour en retirer ses choses mortes ou oubliées depuis longtemps, c’est les œuvrer afin parce qu’elles portent en elles la mémoire de leur devenir. A partir d’une forme en négatif de meurtre collectif, Michèle Katz crée donc une archéologie du sujet. L’artiste crée une excavation. Nous touchons à l’affect et à la pensée et à leur rencontre. La rencontre : mot riche de sens qui conjugue à la fois la chance et le toucher - coïncidence toujours défaite, coup de dés qui transcende l’histoire c’est-à-dire le temps. Face à elle, il ne reste que la nudité du mot “ peindre ”, nudité égale à la vision fiévreuse de l’écart entre un éternel passé et un insistant avenir dans l’injonction fiévreuse du présent.

De cette blancheur que la peintre époussette surgit l’effort de comprendre. Car sous le blanc émerge le gris d’une lumière rasante qui permet la rencontre de deux temps. Tout se passe alors comme si les images suffisaient à la vie, devenaient plus fortes qu’elle. Un mouvement se dessine : nous glissons dans la nudité de l’être que rien ne peut recouvrir : celui de la subordination indépassable à un ordre qui ne finira que dans le dernier mot apocalyptique, dans l’enfermement de la mort. Ainsi au mot “ peindre” se superpose le mot “ Viens ”, mot dont Blanchot parle en ces termes : “ Viens, viens, venez, vous ou tu, auquel ne saurait convenir l’injonction, la prière, l’attente ”. Dès lors, le “ viens ” n’est pas la réduction de l’ “ autre ” au même. Il ne s’agit pas non plus d’un “ j’aimerais te venir en aide ”. Ce “viens ” est plus un appel à sortir qu’à entrer.

Mais Michèle Katz ne réduit pas pour autant sa peinture à une vanité. Ne restent que des figures sans voix, blanche de corps sous la lune par le souffle de la couleur et de ses zébrures. Remontent ainsi les questions généalogiques : Que sommes-nous dans le temps ? D’où venons-nous ? De quoi sommes-nous orphelin sinon de nous-mêmes ? Il y a donc dans cette approche un effet de mur sur lequel nous buttons mais aussi de transparence puisque l’artiste nous le fait traverser par effet de surface. Chaque tableau devient frontière et seuil. Les vieux enfants que nous sommes scrutent alors ces vieux espaces, scrute le temps car l’artiste nous rappelle que ces lieux restent présents sont la pâte de nos vies.

Pourtant Michèle Katz ne fait pas de nous des narcisses mélancoliques rendus dépressifs par la maladie de l’idéalité des verts paradis d’amours enfantines. L’artiste nous met en mouvement en provoquant notre mémoire par la mobilité, le mouvement virtuel de ses toiles. En leur dynamique, l’espace dé déposition est celui du déplacement. Elles n’épuisent jamais le regard : elles ne cessent de prendre par surprise au delà de l’attente. L’artiste provoque une décharge quasiment physique dans laquelle joue l’émotion, la mémoire en un étrange échange “ génétique ” entre le réel et ce qui en est recomposé.

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