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Blé blanc
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 Article publié le 27 mars 2004.

oOo

 Blé blanc
(l’artdurien)

je ne vois rien quand je ne vois rien
je ne vois rien c’est le
rien qui me voit quand je
ne vois rien je vois comment le
rien me voit je suis"rienne"
depuis mon absence je m’absente je ne ressens pas
je suis plus que l’inexistence
j’obéis au rien blanc et froid je suis un rien de neige
je neige des petits riens de la mémoire
sur les grands riens de l’oubli j’apprends l’oubli de l’où
 de l’où est-il ? de l’où est-elle ?
je n’oublie pas où je neige ou/
où je suis le blé blanc du regard
dans lequel il y a quelque chose là où il n’y a rien
tout me suit partout nous nous suivons l’un l’autre
on est des riens de deux genres : M et F
(je neige de la direction F et lui de la direction M)
nous nous neigeons nous
neigeons ensemble autour du rien neigeant
je n’ai rien à déclarer pas de corps pas de sang
 pas de nom je me nomme sans m’appeler
je m’appelle"rienne"ou"rien-rien"
autrement pas de nom pas de"pas"et pas de pas
je ne viens pas je ne retourne pas je ne fais rien
je fabrique des riens sans mérite
je n’ai pas de nom ni de têtes pour des noms
pas de tête pour la nommer tête
rien à déclarer sauf ma tête absente
(dans ma tête absente il y a
de la neige ou du blé blanc
et dans la neige des mots neigés
âgés de tout ce qu’ils ne peuvent pas faire
mais courageux de ne rien dire et fiers de leur blé blanc)
enfin rien rien à déclarer
excusez-moi

Stuttgart, le 15 janvier 2003

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Un lundi à vaihingen
(delapeurenpoème)

un seul mot écrit dans le noir laisse couler des anges au lait
que vient téter la lumière
un seul mot dit dans le noir modifie tous les mots dits dans la lumière

mon écrit(ure) est une meute noire
des mots-chiens mots-vaga-bonds noirs
vaga-bonds du noir
vaga-bonds des sons noirs
mon écriture est un écrit qui noircit
une bande noire dont
nul
n’ose
 toucher
la phosphorescence
 des hurlements

Stuttgart, le 6 janvier 2003

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Déclive

L’eau est plus dense que l’air. L’air frais dresse l’air chaud à rapporter le gibier sous la forme d’échos d’images. Il y a anguille sous cette roche ensoleillée.

Les mots chantent et les choses dansent. Toutes les deux minutes, changent de place. L’air est en chair de dieu. Une mort parfaite, une vie nouvelle s’ouvrent devant chacun. L’arc-en-ciel les sépare.

Les mots désignent des choses et les choses désignent des mots. Pas d’anguille sous cette roche. Les choses dénotent de la générosité des choses. À l’intérieur des mots ou de n’importe quoi motivé, les motschoses se déposent sur des chosesmots, tels les joueurs d’échecs sur leur propre pensée physiquement inspirée de l’absence connaissable.

Celle qui vous parle est un jouet vivant, égaré de la famille des objets de famille, sorte de gamine phosphorescente ou enceinte avec de l’eau et des cailloux dorés, pendue inversement, à se faire détailler.

Les choses chantent et les mots dansent. Toutes les deux minutes, changent de place. L’air est en chair de dieu. Une mort parfaite, une vie nouvelle s’ouvrent devant chacun. L’arc-en-ciel les unit.

Les mots les plus intelligents se taisent, les choses les plus importantes sont si petites et irréversibles. Ce refrain de tout ce qu’il n’y a plus, entre des hiatus hallucinants, le, la, l’, les mots les plus intelligents se taisent, les choses les plus importantes sont si petites et

Stuttgart, le 17 janvier 2004

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Photo sur la voie ferrée


je m’allonge sur la voie ferrée.
brune, nu-pieds, cheveux longs, obéissante.
....................................................................
mes souliers commencent à flotter.
....................................................
"il y a un lac au-dessous !"- crie la bohémienne, jette sur moi
le filet de pêche pour accrocher ma longue jupe en soie.
...................................................................................
sous ma longue jupe en soie se trémoussent
les taupes, désirant un morceau de hanche.
.................................................................................
(dans l’obscurité de la photo je suis blonde, enflammée ;
le jaune rassure les morts, le rouge rafraîchit la mémoire)
................................................................................
"restez comme ca, je pars, je viens, je pars, je viens !"
.................................................................
la bohémienne a recouvert ses nourrissons,
eux aussi, ils sont morts,
elle leur a fait une chaumière en fleurs.
..................................................................
"la mort de certaines gens apporte de la chance,
la mort d’autres gens engraisse la pupille !"
.......................................................................
elle polit avec sa langue, les pointes de l’herbe,
met les nourrissons sur les limes à tour de rôle.
.....................................................................
"les souliers de la brune sont pleins de trésors,
ils brûlent ...........................................................................
en criant en arrière, la bohémienne s’allonge à côté de moi.
......................................................................................
(c’est le feu à cause d’un surplus de silence ) ..............
.................................................................................................
"si je ne reviens plus, c’est la blondebrune la fautive !"

Stuttgart, le 12 août 2003

Ce que mes cheveux ont poussé !


Je m’allonge sur la voie ferrée
........................................................
"Ce que tes cheveux ont poussé !"
...............................................................
me dit la voix du téléphone.
..........................................
puis beaucoup plus bas
"tu es dans le désert !
les traverses se sont terminées
et la robe accrochée à la porte de la locomotive
ne t’as jamais rendue plus jeune !
ce que tes cheveux ont poussé !"
.........................................
m’allonge sur la voie ferrée.
il y a toujours un type qui arrive et crie.
"que fais-tu ici ? uuuuuuuuuuuuu
que fais-tu ?"
..................................................................
"bon... jour, mes cheveux ont poussé
autour de la locomotive !"
.....................................................................
"bon... jourrrr............................."dit des injures,
fait écraser les papillons de l’air,
creuse son nez, crache, hurle.
"je suis le mécanicien du temps,
 le mec de la locomotive,
à cause de toi, on reste coincé !"
.......................................................................................
"ce que tes yeux brillent !"
.....................me dit la voix du téléphone.

Stuttgart, le 17 août 2003


Jeux secrètement inclus
(il faut se méfier)


1. Dés.
Jetés aux dieux.
Jeux.
Que les dieux ne jouent jamais,

mais ils le sont.

2. Les niveaux de Réalité ont toujours eu besoin d’une
femme virile.

3. La vocation du sexe diffère d’une Réalité à l’autre.

4. Déesses jetées aux dieux. Jeux nourrissants.
Que les dieux jouent toujours.

5.Bleu, poivré, caillouteux, le lait de je ne suis pas, donc j’existe.

6. Le lait d’une femme a son niveau dans le sang d’un homme.

7. Réaliter la femme. Ne pas la crucifier sur son sexe. Ne pas la rincer dans ses propres larmes.

Stuttgart, le 26 mai 2003

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