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 Article publié le 25 septembre 2005.

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Valérie


Valérie est une jeune professeur de mathématique. Enjouée et princière, elle n’est pas toujours tolérante. Elle est parfois capricieuse et saute aux bras des hommes. Je ne suis pas jaloux, je sais qu’elle tient à moi, depuis que je lui ai écrit quelques poésies, sur notre amour à son retour de ses vacances, dans l’île de Porquerolle. Elle lit le journal "le monde", je lis "libération". Elle écoute de la musique classique, j’écoute certaines chansons françaises.

Je la rencontre la première fois au retour du marché. Elle a les bras chargés de provisions sur la route qui descend à son appartement. Bon prince, je lui propose de l’aider. Elle est surprise et accepte.

Depuis ce jour, nous nous téléphonons. Le lendemain je l’invite à dîner. Je mets des bougies sur tous les meubles. Je suis son premier amour ; elle est le mien. J’ai travaillé très jeune, elle a poursuivit ses études ; deux univers, sans rien à côté.

Pour son anniversaire, elle invite ses voisins de palier. Je suis convié. Valérie se pose des questions sur l’amour, amour passion, absolue ou platonique. Elle a une grande cicatrice sur son ventre. Nous n’en parlons pas. J’essaye de lire en sa présence mais je ne peux cesser de la regarder. Elle ressemble sous certain angle à une madone, avec ses quelques rondeurs. Elle m’inspire pour écrire une nouvelle, une nouvelle à raison de mil cent cinq signes par feuille.

Valérie est une jeune professeur de mathématique. Nous nous sommes quittés un jour, je me rappelle plus qui a eu tort ou raison. Je sais seulement qu’elle a acheté un appartement près de la place de la Nation, dans la rue du rendez-vous, quelques années plus tard.

À ce jour, elle doit être mariée et a probablement des enfants comme tout le monde...


Myriam et l’actrice régionale


Myriam et moi vivons ensemble dans le quinzième arrondissement de Paris. Elle est étudiante et veut devenir maquilleuse pour le cinéma. Je vis de rien, si ce n’est de quelques vacations dans la restauration, et d’allocations de chômage. Nous formons un vrai jeune couple. Sa mère secrétaire à l’Unesco, paye le loyer du studio et nous rend visite le mercredi. Myriam ne s’aime pas et laisse son habitation sale. Je fais le ménage et lave les carreaux de la baie vitrée pour moi-même et pour elle. Myriam n’aime rien faire mais fait des salades mixtes que j’apprécie. C’est dans la rue Convention. Le jeudi, il y a le marché où j’irais chanter quelques années plus tard. Je vois souvent une ancienne vedette du monde politique ; c’est son quartier.

Je remarque qu’elle attire les garçons quand je suis avec elle. Je ne comprends pas, son corps n’est pas un corps de rêve. Depuis j’ai compris et, quand je suis parti, elle a emménagé avec un fourreur, tandis que moi, je suis devenu végétarien. Elle m’a également inspiré comme Valérie, un récit de mil cinq cent signes par feuillet : c’était avant que j’aille rejoindre le temps d’une saison, Bonifacio, la ville française située la plus au sud, en compagnie de la mafia locale, l’actrice régionale.

Sabra, et moi

Sabra et moi sommes virtuel. J’ai sa photo d’identité, elle n’a pas la mienne. C’est sur le net que nous avons fait connaissance. Elle travaille dans la recherche médicale et est Munichoise. Un chauffard entre un jour dans son jardin et tue sa petite fille. Elle vient de perdre son père et son mari s’est suicidé.

Veuve à 30 ans. Elle est malade d’avoir expérimenté ses recherches médicamenteuses sur son corps. Les éminents spécialistes de la médecine ne peuvent plus rien faire pour elle. Elle perd alors la vue, vit désormais dans son monde intérieur mais, ne baisse pas les bras. Finalement, devant l’impuissance de la médecine, toute seule, elle retrouve la vue par je ne sais quel miracle. Sa meilleure amie est anglaise mais née en France comme elle. Sa mère est italienne. Sa grand-mère maternelle hawaïenne. Son père est allemand et son grand-père, français.

Elle veut tout quitter et venir vivre une autre vie avec moi, à Paris. Elle et moi, le paradis, en quelque sorte sur terre. Sabra a le caractère de la femme italienne. Nous nous téléphonons durant des mois. Nous échangeons et partageons de la correspondance, à travers les merveilleuses machines, que sont les ordinateurs. Nous nous fixons rendez-vous. Nous attendons ce jour avec impatience mais au onze septembre 2001, une mauvaise nouvelle arrive. Elle perd sa grand mère d’Hawaï qui est chamane et son meilleur ami. Ce dernier est alors le boy friend de son amie anglaise. Il a prit le mauvais avion. Elle doute, dès ce jour, de notre amour comme moi. Finalement, à notre rendez-vous de Paris, elle va en Camargue puis, elle rejoint New York, pour sa carrière médicale. Je reste ici, avec ma littérature. Elle vient de toucher un héritage de son mari qui fut patron d’une boîte de communication. Elle abandonne la nationalité allemande pour le percevoir et prend la nationalité française. Son père a été ministre dans le länder de la Bavière. C’est une belle femme qui apparait à mes yeux comme une star. New york est l’ideal pour elle, un peu triste sur le moment, d’avoir cru en cette amour, je me dis que c’est encore le mieux pour elle ; l’essentiel est préservé, elle est encore française sur le papier et peut-être dans le coeur.

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