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Au fond, haut la poésie - de Santiago Montobbio – par Paul Mathieu
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 Article publié le 15 avril 2013.

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Poète de l’interrogation et du mystère, Santiago Montobbio joue à la fois sur la quête de sa propre image et l’exploration du quotidien tout en réfléchissant sans relâche aussi sur le sens de la poésie.

Après un long silence, le poète barcelonais –fortement ancré dans l’européanité- Santiago Montobbio revient avec La poésie est un fond d’eau marine, un recueil traduit de l’espagnol par Jean Dif. Ce n’est pas un hasard si la réflexion s’appuie ici sur les théories du Borges des Dialogues : “Pour un véritable poète, tout moment devrait être poétique”. À l’évidence, en tout cas, l’écrivain hisse l’expression poétique au plus haut point de vivre, au plus sacré : “Les poèmes sont le chiffre le plus haute de la vie”. Expressions de l’âme, ces textes “vrais” arrivent, précise-t-il, entièrement donnen, hors de toutes les contraintes stylistiques ou, plus simplement, orthographiques.

Même s’il insiste beacoup sur l’évidence de l’art quand il consiste seulement à faire chanter le sens “qui nous est imposé de manière unique et sans réplique”, Santiago Montobbio aime à répéter combien “l’art est un mystère” qui est, tout à la fois, une façon de se rendre à soi-même et la réponse à une impérieuse nécessité. Pour lui, la poésie est érosion et perte en ce sens que, une fois “lancée”, elle n’appartient plus son créateur, comme une monnaie qui passerait de main en main. Ceci explique peut-être une certaine perplexité, voire une certaine angoisse qui, toujours, palpite au coeur des textes. Avec cette impression de travailler au fond d’un puits d’où tirer les ficelles du réel et malgré l’errance sur un chemin dont on a perdu depuis longtemps le sens (“L’homme est fourvoiement”), on assiste ici à une recherche constante de moments arrêtés, puisés au plus banal du quotidien, des images simples et terribles à la fois comme ce port où les bateux partent pour des destinations que l’on sait sans retour quand ce ne sont pas “des trains qui ne vont nulle part”. Sans cesse, on semble en lutte contre le monde pour vaincre son opacité, son intensité. Lui arracher des lambeaux de signification et s’attacher dans la durée, s’affirmer malgré tout : “C’est la nuit et je suis tenace et j’insiste”.

Du même Santiago Montobbio on relira avec bonheur aussi Le théologien dissident et un bel album consacré au peintre catalan Lluís Ribas : Lluís Ribas. Els colors del blanc (Lluís Ribas, les couleurs du blanc). Une déclinaison des couleurs insoupçonnées découvertes dans les plis des draps et sous eux.

À lire :

Santiago Montobbio, La poésie est un fond d’eau marine, traduit de l’espagnol par Jean Dif, Editions du Cygne, 2011 ; 106 pages, 12 €

Santiago Montobbio, Le théologien dissident, traduit de l’espagnol par Jean-Luc Breton, La Feugraie, 2008 ; 128 pages, 14 €

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