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Littérature et mécénat
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 Article publié le 9 juin 2013.

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Les conditions matérielles de l’écrivain ? Toute une histoire…

Du temps des romains, lorsque ceux-ci s’accaparaient les plus grands pans de l’Histoire – développement de l’urbanisme, reprise de l’héritage hellénistique, invention du droit et du divertissement, codification des mœurs - , les écrivains chantaient Eros, la nature et le bonheur pastoral, dans un style limpide qui ne souffrait la moindre approximation ( ah, divine rigueur de Rome … ) . Virgile, Horace, Ovide étaient les totems de la littérature latine. Virgile, auteur des « Bucoliques » et des « Géorgiques » écrivait à l’écart de l’agitation de la Ville. Ami de l’empereur Auguste et protégé de Mécène, riche chevalier, il peut à loisir s’adonner à sa passion. Quant à Horace, persuadé que le bonheur réside dans l’acte d’écriture, au jour le jour, il travaille lui aussi à la campagne, en Sabine, dans une petite villa offerte par Mécène.

Au XVIIe siècle, deux grandes plumes seront soutenues par l’aristocratie, non sans avoir connu les rudesses du trepalium, ainsi que des difficultés matérielles, notamment pour le premier, c’est-à-dire Molière. Après avoir créé sa troupe de théâtre et sillonné la province, il obtient le soutien du duc d’Epernon, et surtout du prince de Conti. Plus tard, le frère du roi lui permet de jouer à la cour, et ce succès lui vaut de recevoir, de la part du roi lui-même, la salle du Palais-Bourbon. Parvenant à prendre le dessus sur tous ses rivaux, Molière grandit encore dans l’estime de Louis XIV qui lui octroie une pension à titre personnel. Jean de la Fontaine, lui, travaille d’abord comme maître des eaux et forêts, avant de se consacrer à la littérature. Il devient rapidement l’un des protégés du surintendant Fouquet, puis entre au service de la duchesse douairière d’Orléans, en qualité de gentilhomme servant. Ensuite, le duc de Bouillon, Mme de Montespan et surtout Mme de la Sablière seront ses protecteurs grâce auxquels il va plus loin dans son œuvre.

Au temps des Lumières, l’auteur des « Confessions », aussi à l’aise dans l’écrit politique que dans la critique, connaît une période de bonheur intense auprès de sa protectrice, Mme de Warens, une jeune femme issue de la bourgeoisie : c’est l’épisode des Charmettes, au cours duquel le jeune Rousseau se cultive intensément et écrit dans plusieurs directions. Cet épisode particulier – avant qu’il ne reprenne la route, collaborant notamment à l’Encyclopédie - , peut être qualifié de mécénat affectif.

Quant au XXIe siècle, étant donné le délitement des institutions étatiques culturelles, il est fort probable que le mécénat, au sens large et peut-être réinventé ou repris du terme, ne permette l’éclosion de nouvelles plumes…

 

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