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Gisements de passe-temps

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 Article publié le 30 décembre 2008.

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Ce n’est pas la folie, aujourd’hui, qui me pousse au-dehors de moi. Elle était désirable, même avec ses déceptions, du moins multiples : mais elle ne me servira plus à rien. J’ai liquidé l’idée même qu’on pourrait se faire de la folie avec un ange blafard, monstrueux, dont j’ai voulu fuir le malheur. A présent je suis là, un vrai samaritain, avec de grandes griffes pour les planter dans le dos halluciné de mes amis. Je n’ai que faire, enfin, de l’amitié : l’humain ne trouve plus écho en moi. J’en ai assez des pérégrinations du temps, assez des sombres plis de l’espace aux LIMITES toujours vierges, je veux fuir ce qui est au-dehors, et moi-avec, et je sais, pour l’avoir entendu, en rêve, qu’il me faudra toujours avancer.

Dans une contrée interdite, mon pays sanguin, où j’imagine être mal né, le sorcier vrai, dont je suis l’ennemi, la trahison, me dévisage et dépose mes traits sur le sable fantasque. A présent je le sais, on me l’a suggéré, à quel point j’ai peur d’être nu, ici où les incantations ne cessent pas et provoquent en moi de dangereuses érections, sans joie, sans témoignage, cérébrales enfin.

Un sorcier que je hais et qui ne me voit pas, mais feint de me connaître. Alors, il se sait incapable de commettre la moindre erreur.

Aimable moments du matin ! Le silence, d’abord, dans un bol de café, sur une table et dont la surface, illuminée par une lampe suspendue au-dessus d’elle, parle, en quelque sorte, avec cérémonie : l’Annonciation, pour elle, n’a pas de fin. La chose qui veut se produire est une rencontre des lèvres avec le bord du bol et la vapeur, dont le grésillement paraît bizarre.

Et tout cela, qui devrait éveiller le spectateur, ne fait finalement que l’humilier.

Lombes avortées, à quelques pas de la solidification Une station mouvante pour un sursit sans fin.

Demande à l’univers de se retirer de là. Office accompli, non pas en son honneur mais pour soi, pour se convaincre qu’il y a une aire bien vivante, qu’on est et qu’en dehors d’elle, rien ne pourrait subsister.

Trouver pourtant un lieu ; s’y recueillir. Un pur silence doit être observé par l’univers, qui guette aux alentours.

Un univers mais un talent de fauve Une forêt de nuit Diverses proies offertes aux non-perceptions Requête incestueuse et insistante, soulageante On a toujours vécu pour ce moment et il est seul

On attendra encore un jour ou deux pourtant, et l’on s’inquiètera sans doute de trouver sur le sable ce qui semble s’esquiver avec une ombre de soupçon

La sensualité extrême de ce peintre général fait songer à l’éternité, plutôt qu’à la perpétuité

C’est cependant dans une lumière douce et même trop que se dévoile la galerie d’autoportraits. Chacun - traversé par des âges J’aimais aussi une sculpture.

Rien que le monde, je ne veux voir personne Dans un obitoire où je n’ai rien à pardonner, aucun reflet Aucune toile ne saurait m’exciter.

Ici, un cri – ou là, une horloge Gisements de passe-temps

Simplement s’exclamer : mais voici ce qui vit ! Dans un grand cercle d’eau. Immédiatement, ne plus chercher à faire le choix qui s’impose mais l’adresser en une permanente disjonction. Et c’est cela qui doit clapoter : on doit subordonner le pire et puis le tordre, sachant qu’il expire toujours d’une façon pire encore. Ce qui vit n’existant pas est la douleur : on la concevra toujours mieux.

Une malchance est cependant qu’on puisse atteindre à niveler la fécondité des passants. De droite puis de gauche, agiter leurs corps nus en un constant grelottement.

Scène pornographique

La chair où il plongeait avec tant de tendresse la main était sobre, discrète, laissait dépasser leurs ossements et bouillonner leur sang à tous deux. La verge vive lui parlait et il sentait l’engloutir. « D’un vagin érodé », dit-il, « j’ai fait mon havre-deuil, pour un moment. Puis j’ai descendu ces canaux et seulement ensuite j’ai aimé son coeur. »

« Des milliers de chapelles, avais-je imaginé, pour faire l’amour. Or, il n’en était qu’une. » Mais avec aussi ce qu’il en coûte de laisser l’urine enivrer corps et âme. « L’être aimé ne m’entend plus, suffoque. Ma respiration lui tranche la gorge et cependant je suis heureux. Je respire plus fort. »

« O timide passant qui outrage (...) un chameau dans ton dos nous a ravi, moi et ma sexualité. Dans un sens comme dans l’autre, tu avais une verge de femme. Retire ton pas de grave demoiselle, mets-moi enceint.. J’aime la clarté de ta nuque, ton acquiècement, ton sein, son odorat. Défonce-moi : j’aime ce que tu déchires en moi parce que tu le déchires. »

Il reste là. Une place centrale accueille son injonction et le pavé se meut. La dureté du sol. Il ne se lève pas. Il reste à-demi pétrifié sur la flaque de sa passion. Il boit de son eau sanctifiée. Cet instant-là n’existe pas.

D’un doigt, un dieu l’a sanctifié. Le feu de dieu pour un amour d’époque.

Jaunissure de ses lèvres quand on y pense ! Portrait travaillé par un sculpteur défunt, comme en quelques instants où la sève s’émaille.

« Je remplis un office magnifique, trouble de la civilisation. Je recueille les pommes rongées, par milliers, je les compte. Où j’en suis, voulez-vous donc savoir ? Mais ce n’est pas encore votre tour. Je ne sais pas exactement ce que vous faites, ce que vous pensez surtout : cela ne peut importer pour l’heure. C’est seulement votre visage que je taille. »

Celui qui ne l’a jamais vu

apparition ! se lève

nu

Ce que signifia cette valse de cahiers car leur chant est magnétique a la couleur de l’inconcient

Taisez-vous ! Taisez-vous, enfin

Vous avez la couleur de l’inconscient

Je ne sais la distance qui sépare la plume de la feuille de feu

Rivalité du fou FER écrit ainsi simplement

Sur la chair de l’heure (réplique)

En 1988, je dormais depuis environ une heure. C’est une chose qu’il est difficile de juger car le sommeil vient généralement d’une façon inqualifiable, qui semblerait bizarre, simplement, si l’on n’y était accoutumé. Un soir serait venu, ou apparu et, sans m’en rendre compte, m’aurait endormi, pour une nuit qui aurait à peine duré, dans l’espace d’une éternité. Ou quelque chose d’approchant. Peut-être a-t-on entretemps voulu me déranger ; on a sûrement frappé à la porte. Je n’ai pour ma part rien entendu. Et ce fut comme si j’avais été, le siècle, juste sa parole.

On ne pense plus ici à souhaiter la neuve année à quiconque.

Et comme il a fallu que je m’étonne, à l’autre matin survenu, de ce que je n’ai pas rêvé, sans en être certain, il faut donc s’interroger : qu’on puisse ainsi dormir, par un véritable soir de cataclysme. J’avais éteint la radio sans pressentir la puissance de mon geste. Une satisfaction malsaine, dont le trouble provenait indubitablement, ah ah ! de mon relatif abandon. Depuis, auparavant m’avait paru empris dans l’étau insomniaque de la ville. J’avais même erré, pensez-vous ! Ne rien trouver n’est pas ici, pourtant, une vaine chose. Un leurre ? Non, une accalmie plutôt, vers une heure qui ne règnerait pas, n’abdiquant pour personne - et par rien. Ce n’était pas un rêve mais une vraie construction. En fait de fer, j’avais une profonde striure.

L’éveil

Chacun de mes instants se perd lui-même et c’est ce qui donne sans doute, au lever, une idée de vacillement, renversé par la nuit on est quand même parvenu à s’éveiller. Mais quelle nuit, vraiment ?

J’ai tenté que me forge l’esprit pour un monde.

L’univers pas encore bâti est lui aussi à plaindre ; il vit déjà peut-être ou apparaît et disparaît, transversalement se rétracte. C’est un moule pour le caractère ; son intrusion n’a pas de norme... Il faudrait se plier à soi et ce, en dépit de tout ce qu’on peut avoir conscience d’être.

Au monde,

l’heure.

Dans l’indifférence de la terre où je convoite la noirceur de mon café, on peut toujours espérer mieux !

J’admets qu’écrire est inapte à remplir une fonction.

Sur la chair de l’heure

L’horloge, c’est vraiment ce qu’on a de plus précieux chez soi. Sans quoi, je n’existerais pas, par exemple.

Il est vraisemblable qu’un dysfonctionnement de ce bel oeil puisse projeter hors de ce monde, quelqu’un. Quand il y a un grand danger, en soi ou en-dehors de soi, mais imminent, on le pressent, et donc on regarde sa montre. Mais une horloge semble plus satisfaisante. On est vrai, ici où l’heure règne avec la clarté d’un accord – mais le sûr tremblement d’une quarte augmentée, comme par inadvertance.

Oui, l’horloge est un lieu. On a souvent faim de l’horloge.

Déshérence dans le jeu de mots.

Comme le mot nous a trahi AVEC LE SOUFFLE Hésitons à bâtir, la pluie TOMBE Du soir, ne gardons que la souvenance sous l’espère que confère au mot le souffle du trépignement du vent Et l’impatience de la ville ancienne cité renommée, muette as-tu trop voyagé tu en perdrais le mot O sang et mort la ville se referme et respire son soir auprès du mur du lait du sein qui manque

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