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L’état critique
Le vers sériel (poème)

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 Article publié le 1er janvier 2011.

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LE VERS SÉRIEL Pluriel de nos enfances

Transfugie 2010

L’amour est égoïste et la série est altruiste Et la série de mes amours Est altruiste, nécessairement. Elle va vers l’autre Et se perd en chemin D’aucuns diront que ma série n’est pas finie (Ou moi) Mais d’altruisme elle a toujours tendu à tendre vers Or tendre vers était sériel Et la série n’est pas finie ! Ni moi. Même le vers De la tension était sériel. Pas plus que moi enfin. Reste à savoir Où donc est passée l’autre en cette confusion de vers.

Mais dans le Bain peut-être ? Au court-bouillon ? Un jus Aux 7 couleurs de l’arc-en-ciel ?

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Le vers sériel est strict Comme le sérialisme Sa chair est densité Sa peau - intensité

Son ossature n’est que durée Et la hauteur de sa respiration Constitue une série dé stricts Complexes pulmonaires

J’y respire
- rai En toute sérénité Dans des eaux Calmes dé chaos

Qu’elles baignent de loin Ce corps qui n’est que mutation !

N’est qu’une série.

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Pardi, pardi ! Parlez-en aux portes du paradis Elles vous répondront mal En se fermant Et en grinçant, pour tout dire. Cuistres de portes paradisiaques Qui n’admettent qu’une seule série Seule, comme un damné Maître du paradis.

N’est qu’une série, une série de limites Ou une série sans suite Série de failles qui disent la faillite Dans l’aversion de leurs limites Puisqu’elles se bornent elles-mêmes À n’être qu’une série - et une série seule Puisqu’elle n’a pas de suite ! La vie n’est qu’une structure sérielle.

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Les ruisseaux sont les bras, pas les bras de la terre : Les bras de la série. Elle plaide dans l’eau, dans l’eau de ses bras, Toujours À agiter ses bras en faveur de la vie Mais pour la diviser en en vers, comme de tout petits Bateaux qui ne seraient que des bâtons de bois, Comme si la vie n’était qu’une Série seule, Pluvieuse, Noyée entre les torsions de la terre Qui écrit son poème impatiemment.

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Sériellement le vers se tord. Un vers trop droit ne se lit pas.

Si l’on filait le vers selon ses contorsions, On pourrait en déduire l’abstraction Et la coder comme un langage articulé.

Avec des roues, des écrous et Un œil. Sur la table de bois qui coulé l’heure dans le vers Et réciproquement

Pour qu’on y mange.

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Une série de vers ne font-ils pas un vers sériel ? Même l’unique cordeau des trompettes marines N’est qu’une série. N’est qu’une série. Une série Seule peut-être. Comme un vers si isolé, pardi ! Qu’il n’épouse aucune forme descriptible. Une Série hiéroglyphique donc. Mais seule, trop noueuse Pour être démêlée. Alors, à quelle condition Cette masse opaque mal-signifiante peut-elle S’organiser sériellement ? "N’est qu’une série !’, Diront les uns."une série seule !", diront les autres En quête de série, bizarrement, à l’intérieur Autant qu’à l’extérieur du vers pourtant uniseriel ! Fasse qu’on ne se trompe pas de mutation !

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Le vers sériel ne s’oppose pas au vers système  : Il le complète. Le vers système était une borne, une borne kilométrique Pour qui ne savait compter Le système général sériel à eu bien du mérite À remettre de l’ordre dans tout ça !

Pluriel de nos enfances. Tu intègres "la vie".

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Appelons "vers sériel" Un vers obéissant à une doctrine sérielle. Qu’il la clame, d’ailleurs ! Sinon - on l’oublierait. Le vers ne s’en remettrait pas. Il serait comme Sans série, autant dire sans allure, Sans allant. Ce ne serait pas un vers, Pas sans série enfin ! Il ne faut pas qu’un vers S’abstienne d’être doctrinaire quand on le tord.

Qu’il ne soit Qu’une série (et une série seule) C’est le mot d’ordre (du chaos) Une série seule mais ambiguë On ne saurait jamais ou vont les termes Isolés et accompagnés -déliés et enchaînés De ce qui n’est et ne peut être qu’une série Intransitive (même de ses propres termes) Qu’il vienne à perdre son identité de vers, au fait. Qu’il n’y ait plus de vers, enfin. Qu’on dise (même en riant) : Ceci n’est pas un vers, voyez ! Ceci, à bien y regarder N’est qu’une série - et encore ! Si c’est une série seule...

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Personne ne présidera aux funérailles de mon enfance. Personne ne verra la fin de la série. Personne ne prêtera voix à une pauvre dodécaphonie Qui se tord sous le lit de mes errances, Un lit géant dont je ne voyais pas les limites Personne ne retranscrira les scènes de la fenêtre Lorsque se battaient entre elles de longues branches d’arbre, Suffisamment humaines pour ne rien croire De ce que je leur disais D’elles, de leur Disparition prochaine, avec l’aube. Personne ne s’écoulera au vers sériel Qui circule comme une rivière Se rend à un enterrement.

Uh, uh. Loué sois-tu, personne.

 

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