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Les lectures abominables de l

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 Article publié le 9 avril 2011.

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Il commence par détacher, aux extrémités du jeune homme baîllonné, les mains et les pieds. En appliquant la tronçonneuse, il prend un air peiné. « Il y a bien longtemps, explique-t-il, nous avons été pourchassés par les hommes qui se disent civilisés ! » Il y a un sanglot dans sa voix.

Oui ! Les siens ont été massacrés sans remords par des hommes de la ville qui voulaient s’emparer de ce territoire parce que la viorne qu’on y cultive est d’excellente qualité ! Chaque nuit, c’est un grand-père qu’on assommait, une jeune fille qu’on enlevait, des hommes qu’on tuait dans leur sommeil ! « Nous nous sommes réfugiés dans la forêt », reprend le paysan qui vient de jeter un seau au visage de la victime qui s’était évanouie.

L’ombre se revoyait plongée dans son roman tandis que le jugement s’éternisait. Ces petits livres, il ne savait combien il y en avait au bout du compte mais c’est peut-être ce qui pourrait l’aider à affronter la réalité, qui sait ? Il se voyait alors partir avec elle dans la précarité de galeries qui tendent à la réalité sans offrir la garantie d’y donner accès. Ils rejoindraient le jour et... et quoi ? Ils s’installeraient dans une petite maison et les gens viendraient les voir, par curiosité, pour constater le couple bizarre d’une entité féminine, dont on ne verra pas vraiment qu’elle vient des sous-sols subréels avec une ombre d’homme, dont personne ne saura s’il faut même lui dire bonjour ! Les voisins afflueront certainement pour s’étonner d’une si grande différence entre les deux amoureux et jauger le potentiel sexuel de l’entité féminine que l’ombre devra bien finir par libérer. Et lui, au bout du compte, que lui restera-t-il : de petits livres de genre gore, qu’il s’injectera comme une drogue pour faire face à l’absence normale qui lui sera imposée ?

Même seul, quand la pensée lui venait de ce qui pourrait prendre la forme complète d’une relation avec Lucie, il s’endormait assez brusquement et se réveillait avec, en tête, une confusion d’idées qui le ramenaient, de plus en plus souvent, à ce moment où son rôle est le moindre dans la vie de quelqu’un qui n’a plus qu’un rapport lointain avec John Wayne – le jugement.

Il fallait peut-être la retenir ? Mais l’ombre se savait impuissante à convaincre celle qui désormais n’avait plus qu’une idée en tête : aimer. La haine qu’il portait sur le dos lui prenait tant d’énergie ! Il lui imputait les évanouissements ou une part d’entre eux du moins. Il y voyait également la cause de certaines séquences mnémoniques qui lui revenaient abruptement. La plaidoierie de la défense, inconsistante.

« Il n’y a rien à défendre, peut-être, il faut laisser les choses aller au pire, mesdames et messieurs les jurés ! » L’avocat estimait que son client n’en avait pas assez fait puisqu’on ne savait pas bien ce qu’il avait fait, dans une affaire sans commission. « Je vois bien que cela ne suffira pas à dégager mon client des soupçons qui pèsent sur lui ! » En effet, à l’extérieur de petits groupes de citoyens l’attendent armés d’épaisses baguettes de bois. « Il faut poursuivre les investigations et c’est pourquoi je me vois obligé de poursuivre ma plaidoirie, même sans objet ! »

L’avocat pouffe. L’ombre retourne à cette histoire de fermiers anthropophages qui, à cause d’exactions commises par les gens de la ville, ont décidé de vivre cachés dans la forêt et de boulotter de l’étudiant californien (cette forêt est un point de passage privilégié des étudiants américains, spécialement en provenance de Californie). Mais la première victime du petit groupe arrivé en début de soirée est décédée avant que le fermier ait terminé de raconter son histoire. Il en conçoit de l’amertume. L’ombre lève la tête et s’exclame : « Je comprends cela ! Imaginez que vous racontiez votre histoire à quelqu’un et qu’au moment même où se forme une boule dans votre gorge à cause de l’émotion, votre interlocuteur s’efface ! »

C’est précisément ce qui arrive à l’avocat qui s’est recroquevillé sur lui-même et prend un air de chien battu en expliquant qu’il était la « pauvre mère » d’Alain Merzin, ce qui choque l’ombre de John Wayne : « On a contrefait mes racontars ! C’est mon histoire, cela ! Je m’en servais pour déprimer l’accusé-récepteur ! » Mais personne ne soucie de l’ombre qui assiste à la déformation de son récit sans parvenir à protester.

L’avocat n’est pas une femme et cependant, personne ne lui en fait objection quand il explique avoir été la pauvre mère d’Alain Merzin. « Les policiers sont venus me voir et m’ont dit... » Elle s’interrompt : « Oh ! Si vous saviez ce qu’ils m’ont dit ! » Le juge s’impatiente : « C’est précisément ce que nous voudrions savoir, madame ! » Et la dame secoue la tête bizarrement, comme un coucou, de gauche à droite, en répondant : « Non, non ! », ce qu’elle répète plusieurs fois. « On n’avancera pas », se dit le juge qui ne comprend pas pourquoi on a fait venir cette dame. « Pourquoi me parlez-vous de ce Merzin ? »

Ulrich Hyndir regarde fixement devant lui. Accusé-récepteur, il s’estime prêt à tous les sacrifices. Ulrich Hyndir est un idéologue, prêt à mourir pour ses idées. John Wayne est plutôt un aventurier, un homme d’action. Mais John Wayne est plongé dans la confusion tandis que l’idéologue a les idées claires : son système de pensée lui survivra, il a même hâte de mourir !

Déjà, dans le passé, il avait eu l’habileté de contrefaire son identité en se faisant passer pour mort, à la veille d’une série de conférences dont le déroulement aurait été désastreux du fait d’une organisation défaillante et d’un contexte politique tendu.

Mais Ulrich Hyndir peut bien attendre ! Le verdict ne semble pas prêt de tomber. Le public n’en finit plus de bâiller pour marquer son indifférence tandis que des magistrats entreprennent une partie de cartes bruyante et avinée, à quelques mètres seulement du président qui, de son côté, se met à entonner une berceuse dodécaphonique en prenant une voix stridente.

Un téléviseur qui diffusait une séquence sexuelle se brouille et délivre un message qui n’est plus qu’un nuage de points blancs et gris traversé de lignes horizontales qui défilent trop rapidement. L’ombre épuisée regarde en direction du poste et croit y voir Lucie, revenue de ses rêves peut-être pour retrouver une ombre couchée et portant une coque de haine sur son dos. L’ombre qui n’a plus vraiment d’yeux voit Lucie à travers un nuage de points. Elle ne se ressemble pas. Il le lui dit : « Tu n’es plus tout à fait toi-même », lui dit-il.

Une part de son esprit se satisfait de cette pensée qui indique que l’absence l’a gagnée ou, du tout, a gagné sur elle. Il voudrait la voir progresser encore. Son corps est douloureux, toute sa pensée est pétrie de la douleur continue que cause la poussée de haine purulente qui recouvre son dos. Mais la pensée de l’absence l’apaise bizarrement. Et il voit la silhouette de Lucie se détacher dans le paysage nue de la grotte où il reste depuis un temps indéfini et tourner autour du poste de télévision, comme si l’ombre était devenue ombre de ce téléviseur défectueux. Elle ne dit rien, ce serait inutile puisqu’elle part. Tout son corps exprime le départ et l’ombre regarde l’entité évoluer autour de la télévision en s’interrogeant sur la part d’elle-même qui a déjà allé, qu’il ne parvient à déceler.

L’entité féminine regarde l’ombre tristement. L’enveloppe granuleuse a un peu enflé, c’est vrai. Pas tant que ça, pourtant. Ce n’est pas encore la grosse coquille noire qui asphyxie les gens d’ici, même si ça en prend irrémédiablement le chemin. Elle sourit en imaginant ce qui arriverait si elle entreprenait de le traîner à l’extérieur. Le sourire accentue la tristesse de son regard qui se heurte à l’indifférence de l’ombre qui tente de percevoir quelque chose du programme de la télévision, brouillé mais par instants infimes audibles – à travers des gémissements lascifs, interrompus par le brouillard. Lucie sans s’approcher écoute le silence de l’ombre qui bruit de la rumeur du tribunal et aussi du moteur d’une tronçonneuse... Elle se demande ce qu’elle fait là, soudain. Pourquoi cet individu la retient-il ? Il est si inaccessible ! Il ressemble à un texte opaque.

Elle s’approche de lui et lui donne de petits coups de pied, auxquels il reste indifférent. Il voit ce regard triste qui, immédiatement, lui fait penser à autre chose. Et il se replonge dans les péripéties du groupe d’étudiants qui est réduit à deux couples, désormais, que le destin va séparer pour ne les réunir que dans l’horreur.

Lucie ira de grotte en grotte, se perdra à travers les galeries, rampera dans des souterrains trop étroits pour qu’on les traverse debout, se frottera aux stalactites et stalagmites tranchantes et à celles qui s’égouttent en libérant une vapeur corrosive. Au bout du compte, peut-être qu’elle débouchera sur la réalité. Est-ce elle, ce qui évolue lentement entre le poste de télévision et l’ombre de John Wayne ? Rien n’est moins sûr, au fait. L’ombre se lève et pose un pied devant l’autre, pour se convaincre qu’il va reprendre sa marche et retourner à la vacance des trajets indéfinis qui se sont interrompus sans qu’il sache bien pourquoi.

Le jour en demi-teinte des sous-sols s’opacifiait. Des fumées toxiques le nourrissaient. Le clivage qui opposait rêveurs et non-rêveurs ne s’était pas résorbé, bien au contraire. Désormais, les non-rêveurs embrasaient les cadavres qu’ils transportaient pour les jeter sur les présumés rêveurs. Les « philosophes », de leur côté, s’étaient regroupés en petites unités meurtrières. Quant aux rêveurs, la majorité cherchait à fuir sans trouver d’issue à ces galeries qui ne font que s’épuiser, s’accidenter et s’encombrer.

Quelques-uns étaient peut-être parvenus à l’extérieur, on ne peut pas savoir. Mais tous les rêveurs ne se résignaient pas à fuir sans autre mode de défense. On s’est mis à ligoter des non-rêveurs pour leur faire entendre des histoires inadmissiblement longues et compliquées. On les leur hurlait aux oreilles. Les réactions des non-rêveurs étaient pathétiques, ils hoquetaient et se mordaient les lèvres au sang. On les ligotait avec leurs propres vêtements. Certains sentaient la haine croître très vite dans leur dos et l’amas purulent se déversait dans leur poitrine en un craquement sec qui coïncidaient avec la mort du non-rêveur.

La marche de l’ombre dans ce paysage de guerre civile a été compliquée et pénible. Il fallait s’arrêter fréquemment pour laisser passer un convoi enflammé ou éviter une rixe. Il fallait enjamber des corps morts répugnants. Pas un « philosophe » ne veillait plus à aucun angle de mur. La dissolution de la texture des parois des galeries avait pris une tournure étrange, laissant transparaître des grains de réalité dans des surfaces à peine juxtaposées à l’air ambiant. À des endroits, des « philosophes » faisaient barrage. Mais il a poursuivi sa route, évitant de se retourner, convaincu qu’il devait aller droit pour ne pas perdre son absence de chemin.

Le sol devenait floconneux lui aussi, ce qui donnait parfois à l’ombre le sentiment qu’elle s’y enfonçait, du fait du poids qui s’accroissait sur ses épaules (même s’il semblait stabilisé). L’ombre regardait à peine ce qui l’environnait et témognait d’une nette dégradation du tissu subréel. Il irait vers les points de neutralité les plus extrêmes de ces galeries. Il en connaissait quelques-uns, il ne doutait pas de les retrouver, même s’il se refusait à s’orienter dans aucune direction donnée. Là, il pourrait se vider la tête de tout ce qui l’apesantit, à présent : ces scènes absurdes qui n’ennuieront plus personne, cette Lucie dont le prénom même n’a rien de sûr, quand on y pense. Elle pouvait bien l’avoir contrefait.

Lucie ou Louise, Renata ou Angèle, Ainée peut-être ? Ou peut-être n’était-elle qu’un numéro : 6.38.82 ou vZ6n6k9T lui conviendraient bien. Il y avait bien du hasard dans ce prénom, Lucie, qui dans l’espace où ils évoluaient n’avait pas à offrir de sens, ce qui indique qu’en le prononçant, l’entité était mal intentionnée – ou désespérée, peut-être car mal guérie des aspirations des gens qui baignent encore dans l’histoire, à l’heure qu’il est ! Mais les intentions de Lucie étaient doubles, l’ombre en était convaincue.

Il restait à comprendre le mystérieux codage de ses gestes, de ses rêves, de ses postures. Au fond, Lucie ou l’entité qui s’était donnée la valeur fictive que représente ce prénom, n’était peut-être rien d’autre qu’un de ces agents qui prétendent (ou prétendaient : c’était il y a si longtemps !) restaurer le sentiment de la réalité chez leurs concitoyens. Peut-être avait-elle pour objectif de réduire à néant la paix de ces sous-sols ? Était-elle programmée pour s’autodétruire comme une bombe humanoïde en réduisant à néant cet empire de sous-sols déréalisés ?

La vérité devait être simple, beaucoup plus simple. L’ombre pestait contre les souvenirs fragmentaires mais continus qui lui venaient encore, même en marchant. Un bruit de moteurs de tronçonneuses constant envahissait la galerie où il allait, indifférent aux granulés éparpillés qui émaillaient les parois aux textures transitoires.

À quoi aura servi ce simulacre de procès, se demandait-il, puisque la vérité n’était pas établie à son commencement, même pour le juge qui s’est complu à différer indéfiniment l’énoncé du verdict, à le remplacer même par de simples procès-verbaux attestant l’existence de témoins, sans spécifier l’objet du témoignage ni adjoindre au document une copie dactylographiée de l’audition.

Mais elle, dans toute cette paperasse, la retrouverait-on ? Et comment procéder, puisque même le prénom n’est pas certain – et même tellement peu qu’à commencer une telle investigation dans une somme de témoignages donnés, on aurait intérêt à supprimer tous ceux qui émanent d’une Lucie attestée ou qui y font référence ?

On pourrait certainement voir s’inscrire en creux, comme une ombre, la silhouette parfaite que celle que Lucie n’est pas, la clé chiffrée de son encodage subversif trop longtemps resté ininterprété.

À travers le procès qui avait eu lieu (ou, du moins, s’était tenu) il y en avait un autre, impossible dans les faits, qui ne pouvait s’ouvrir même rétrospectivement, après que l’action de la justice a été dite éteinte. Ce n’était pas possible à cause de cette troisième journée d’audience dont, faute de s’être aperçu qu’elle n’avait pas eu de commencement, on a été condamné à se rendre compte qu’elle ne finirait pas.

Lucie introuvable dans le box des accusés, un personnage qui n’est pas John Wayne mais qui n’est peut-être pas non plus celui qui est présenté comme un idéologue doctrinaire du néantisme (peut-être le maître à penser de « Lucie » ?), toujours prêt à cracher sur son ombre par ailleurs. Comment savoir ?

Lucie n’était ni dans le box des accusés, ni sur le banc des victimes. Elle n’avait pas à témoigner puisqu’elle n’était pas adjacente, jusque là. Or, c’était là l’erreur, se disait l’ombre de John Wayne en reprenant son livre pour s’apercevoir qu’il avait été abîmé. On ne pouvait voir si des pages manquaient mais la reliure avait été rognée.

« Un sabotage ! », s’étonnait l’ombre en regardant les feuillets détachés se séparer irrémédiablement. Qu’adviendrait-il des étudiants ? Et de cette population attachée à ses valeurs, à sa tradition ? Les deux couples étaient à présent séparés. C’était comme un compte à rebours qu’on avait interrompu. L’ombre s’attendait à une fin rapide pour Lopez et son amie. Ils s’adonnaient trop légèrement au sexe : cette appétence attire les fermiers anthropophages qui sont à l’affût de tout ce qui bouge désordonnément.

L’un d’entre eux parvient à la clairière et voit qu’on s’agite sous la tente. D’un coup, il attrape le tissu hélas très résistant et enveloppe ses proies dans ce filet improvisé. Habilement, le fermier boucle son gros sac en dépit des gesticulations de ses victimes, qu’il tasse brutalement. Il pose le sac à terre et saute à pieds joints sur les deux pauvres êtres qui se disloquent dans une tente devenue leur linceul. Voyant que la masse est inerte, le fermier entreprend de la traîner derrière lui pour l’amener au père Windle.

« Tu as entendu comme... » mais il manquait tout un feuillet, qui pouvait bien être plus loin d’ailleurs. On avait mélangé plusieurs textes, peut-être : l’amas des feuilles était anormalement épais. Leur nombre n’aurait pas dû excéder un total de quatre-vingt. Or, combien y en avait-il dans ce paquet de feuilles jaunes et, pour une part, froissées et tachées ? Peut-être deux cent quinze, peut-être deux-cent vingt !

L’ombre a regardé autour d’elle avec la méfiance de celui qui veut montrer qu’il n’est pas dupe mais tout le monde regardait ailleurs. Une victime s’est évanouie en parlant, après s’être accusée elle-même. Quelqu’un a éteint des lumières. L’enceinte a été plongée dans une demi-pénombre.

Au feuillet suivant, c’était la tronçonneuse qui parlait. Les policiers l’avaient encerclée, un hélicoptère militaire la survolait. Et la tronçonneuse, qui était habitée par un esprit malin, était la seule responsable des massacres survenus toutes ces années. Elle s’en expliquait.

D’après elle, la société de consommation est seule responsable de ses agissements. Le commerce des tronçonneuses a décliné à cause de la concurrence. La disparition des arbres est-elle à l’origine de la prise de conscience de certaines tronçonneuses qui auront décidé de rétablir l’équilibre en tronçonnant les hommes plutôt que les arbres ? Les policiers, en mitraillant la machine de mort qui les défie encore, prennent conscience qu’ils ne sont qu’au début de leur peine.

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