Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Les vertus de la contradiction
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 2 mars 2014.

oOo

Ce sont les contraires qui forment le mouvement.

Lorsque au Ier siècle avant notre ère, un certain Jules César décide de conquérir la Gaule, grande contrée largement méconnue, les légions et leur discipline se trouvent embarquées dans une sorte de voyage ethnologique plein de charme et de surprise. La supériorité de leurs armes, de leur entraînement, la puissance de leur cohésion ne laissent la moindre chance à ces multiples tribus aux cheveux longs, guidées par les druides. César sourit et note, en historien, ce qu’il voit, ce qu’il vit. Le contraste est abyssal entre d’une part des tribus distinctes tournées vers l’artisanat, et d’autre part la civilisation phare qui pense que l’Histoire, tout naturellement, lui revient. Des tribus tranquilles disséminées face à des conquérants venus d’ailleurs … oui, un ailleurs qui provoque l’écarquillement des yeux gaulois. Pas pour longtemps. Conquête, annexion, province … la Gaule, partiellement baptisée « chevelue » , entre dans le territoire romain.

A la Renaissance, c’est en quelque sorte un bis repetita, les Grandes Découvertes matérialisant l’extension géographique de l’Europe à travers les expéditions maritimes espagnoles. Les civilisations amérindiennes – Aztèques et Incas – sont rapidement colonisées, assurant l’hégémonie à l’Espagne, véritable coffre-fort du métal précieux. Cet élargissement du monde avec la découverte de peuples absents de la Bible engendrent beaucoup de questionnements chez les Européens, des interrogations à l’origine, notamment, de la pensée humaniste.

Quelque temps plus tard, au XVIIe siècle, les embarcations de bagnards, de protestants et de haires fuient l’Europe, se dégagent du Vieux continent pour fonder le nouveau : les Etats-Unis d’Amérique. La conquête de l’Ouest décime les Indiens et leur civilisation. Ce continent devient la terre promise où tout est possible. C’est en quelque sorte un vaste projet commercial à l’intérieur duquel rayonnent de nouvelles libertés individuelles qui voient le jour et qui domine l’Histoire.
La notion d’empire ou d’ensemble peut tout aussi bien diminuer, comme c’est le cas avec Gandhi, au XXe siècle, une personnalité dont la philosophie politique, basée sur la non-violence active, participe du retrait britannique : l’Inde accède à l’indépendance.

En littérature, dans les années 1910, un certain Marcel Proust invente la narration ouverte, déroutant les critiques de l’époque dont l’académisme est ébranlé par tant de forces nouvelles à base de mémoire, de souvenirs et de fantasmes entremêlés, sous la forme d’une structure narrative inédite, reflet d’une œuvre sans fin.

Et dans les années 50, au sortir de la guerre, les écrivains du Nouveau roman vont encore plus loin dans la subjectivité narrative, en partie inspirée par les ruines de l’Europe, sur lesquelles il faut bâtir, mais bâtir … à nouveau. La petite histoire ou le schéma traditionnel est évacuée, au profit de la question littéraire, au profit de la narration en train de se faire. Le roman et le théâtre son réinventés, sous les plumes d’Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Samuel Beckett et Nathalie Sarraute.

Le jeu de la contradiction, donc, est porteur d’un dépassement, il garantit, aussi, la dynamique du mouvement.

La narration ouverte contre la petite histoire …

L’abstraction contre le figuratif …

L’écriture à la première personne contre l’écriture à la troisième personne …

Dans le même temps, la construction des œuvres ou empires littéraires se fait à travers une multiplicité d’influences qui n’ont pas toute la même essence. Même si l’exigence peut être leur dénominateur commun. Et l’auteur, ainsi, avance dans son œuvre, mû par des forces plurielles, des forces parfois opposées, à l’origine même du moteur de la création.

 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides. Servez-vous de la barre d'outils ci-dessous pour la mise en forme.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2020 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -