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 Article publié le 11 mai 2014.

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Lorsque les individus s’arrachent les uns aux autres, lorsque le délitement relationnel se fait sentir, c’est de la viande invisible qui se déchire.
A l’inverse, lorsque l’attraction est réciproque et que les subjectivités s’unissent, ces mêmes amas de chair associent ou entremêlent leurs protéines.
Leurs protéines animales.
C’est l’instinct qui nous gouverne, recouvert d’une patine de civilisation.
Le désir le dit, lui, entité autonome qui n’attend qu’une chose : se manifester en toute liberté. Ainsi, à l’intérieur d’un wagon, à l’intérieur d’un compartiment plus précisément, un homme et une femme sont en vis-à-vis, dans une position statique et un regard courtois. Ils sont les seuls usagers, dans un même espace. Le bruit régulier et sourd des structures métalliques emplit le fond sonore, tandis que l’espace extérieur est sans cesse découpé par la vitesse du train. Les données subjectives, historiques et géographiques des deux individus demeurent en retrait, l’essentiel étant la conformité mutuelle des corps, ainsi que l’oeuvre du temps qui épaissit leur présence.
Après ce qui doit se passer à l’intérieur du compartiment – avec délicatesse, énergie et discrétion – les deux êtres se retrouvent ensemble, plus tard, au sein d’une grande architecture urbaine. Sur une place, une large place panoramique où leurs mains entrecroisées donnent une foulée commune ou presque à leurs squelettes. A leurs silhouettes civilement vêtues.
Le silence emplit l’espace, il s’épaissit entre les visages dont les rotations ou inclinaisons sont plus ou moins hasardeuses. Pendant ce temps, dans les têtes, les lits en forme de rectangle qui abritent définitivement les proches sont présents, oui, vivants, même. Les chairs sont dans le sable … ou dissoutes …
Pendant ce temps, également, c’est de la matière affective qui croît, invisiblement, s’ajoutant aux chairs déjà existantes.
Avec le temps, cette matière s’élargit, avec le temps, elle se répand, avec le temps, elle se solidifie.
Toutefois, elle reste malléable, oui, elle reste souple. Et lorsque les deux êtres la voient se corrompre – ou se corrompt-elle à elle seule ? - , ils s’éloignent lentement, le bain lacrymal reptilien se manifestant alors.
Les mains se disjoignent, et c’est le sable qui domine. Son écoulement, son expansion.
En attendant de retrouver une nouvelle vie organique.

 

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